CHAPITRE PREMIER
Avtnlures de Sophie après son départ d'Dpton.
Lorsque nous avons été obligé de faire rétrograder notre histoire, nous en étions au moment où Sophie et sa suivante quittaient rauberi;e d'Uptou : nous allons maintenant suivre les pas de cette aimable héroïne, et laisser son infidèle amant déplorer encore un peu son malheur, ou plutôt sa mauvaise conduite.
Sophie avait dit à son guide de passer par des chemins détournés et à travers champs. Ils avaient traversé la Severn, et étaient à peine
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à un mille de l'auberge, quand la jeune dame regardant derrière elle, vit plusieurs chevaux qui la suivaient au grand galop. Cette vue redoubla ses craintes , et elle ordonna au guide de hâter le pas.
Le guide obéil sur- le- champ, et les voilà tous au grand galop ; mais plus ils allaient vite, plus vite ils étaient suivis; et comme les chenaux de derrière étaient meilleurs que ceux de devant, ces derniers turent bientôt atteints. Cette circonstance fut heureuse pour la pauvre Sophie, dont la crainte jointe à la fatigue avait presque épuisé les forces; car elle revint bientôt à elle en entendant la voix d'une femme qui la salua de la manière la plus douce, et avec la plus grande civilité. Sophie, aussitôt qu'elle eut la force de parler, lui rendit son salut avec la même courtoisie et la satisfaction la plus vive.
La compagnie de voyageurs qui avait rejoint Sophie, et lui avait causé tant de terreur, était aussi composée de deux femmes et d'un guide. Ils firent ensemble trois milles entiers, sans que personne ouvrît la bouche. En-
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fin, noire héroïne, assez bien revenue de sa frayeur, quoique un peu surprise que sa nouvelle compagne, loin de penser à la quitter, évitât aussi soigneusement qu'elle de suivre aucun grand chemin, et prît les mêmes détours, s'adressa à la dame étrangère, du ton le plus obligeant, et lui dit qu'elle était trèsheureuse de voir qu'elles eussent la même route à parcourir. L'autre qui, comme nu spectre, n'attendait qu'une question, répondit soudain que le bonheur était tout entier pour elle ; qu'elle était parfaitement étrangère en ce ys, et avait été si charmée de rencontrer . ne personne de son sexe , qu'elle s'était peulélre rendue coupable, en cherchant à l'atteindre , d'une impertinence qui exigeait de sa part de grandes excuses. Ces deux dames continuèrent à se faire beaucoup de politesses; car mistress Honour avait cédé sa place au bel habit de l'étrangère, et s'était retirée à l'arrière-garde; mais, quoique Sophie eût une grande curiosité de savoir pourquoi cette au Ire dame continuait à l'accompagner ainsi, quoique cela lui donnât même une sorte d'inquié-