‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 142 sur 165 · LIVRE XII, CHAPITRE III. aS · texte numérisé non relu

LIVRE XII, CHAPITRE III. aS

n'avaient point passé par là dans la jotirnée. L'enquête de Partridge fut plus heureuse que celle de son maître. L'un n'apprit riett de Sophie; l'autre,* à sa grande satisfaction, apprit qu'on lui servirait bientôt un grand plat d'œufs au lard , qui sortait du feu.

L'amour n'agit pas également sur tous les hommes : le caractère, et surtout la' constitution de l'amant, règlent comtnunément ses; effets. Dans un tempéramment faible, il détruit toute espèce d'appétit tendant à la con« servatian de l'animal ; dans un corps vigoureux, il fait naître des distractions, des négligences, l'oubli même des réparations nécessaires à la nature. Mais mettez-moi ce dernier, s'il a bon appétit, vis-à-vis d*un plat qui lui plaise, et vous verrez ce qu'il en fera. L'ami Jones, s'il eût été seul , aurait peut-être fait encore bien du chemin avec l'estomac vide : dès qu'il vit le plat sur la table, il mangea d'aussi boune grâce (jue Partridge.

La nuit était venue avant que nos voyageurs eussent fini leur repas^ La lune était dans son décours; il faisait extrêmement

noir. Le bon Partridge fit tant d'instances

Ubo TOM JONES. I

'à notre héros pour voir les Aiarionnettes , qu'il obtint enfin <«tte grâce. Mais ce qui se passa pendant la durée de ce spectacle, quoique très-fort du goût de M. Partridge, ne nous parait pourtant pas assez intéressant pour nous y arrêter.

11 en est de même de ce qui arriva dans rhôtellerie jusqu'au leudemain matin ; car le lecteur saura que M. Tom , Taincu par les prières dePartridgeet par les remontrances de l'hàte, qui lui avait exaj;éré la difficulté des chemins, avait enfin consenti à passer la nuit dans cette maison.

Jones, qui s'était couché sans souper, au sortir des marionnettes, avait déjà dormi neuf bonnes heures, et en eût peut-être dormi davantage, si un grand bruit qui se faisait A la porte de la chambre ne l'eût pas réveillé en sursaut. On criait au meurtre.

Il se leva, et trouva le maître des marionnettes, qui, sans miséricorde, assommait de coups le divertittanl de sa troupe.

Tom, toujours généreux, se range» du cAté de la partie souffrante, et colla l'insoleal vainqueur contre le mur.

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