LIVRE XII, CHAPITRE VII, 99 X
était absolument novice dans le métier; qu'il ne s'y était laissé entraîner que par l'horreur de sa situation , ayant cinq enfans mourant de faim , et une épouse prête à périr en couche. Il offrait même à Jones de le convaincre de ces déplorables vérités, pour peu qu'il voulu? le suivre jusqu'à sa maison, qui n'était, assurait-il, qu'^ deux milles de là. Il se déclarait enfin indigne de toute espèce de grâce, s'il ne donnait des preuves, peut-être trop sensibles, de tout ce qu'il avançait
Tom feignit de le prendre au mot, en lui déclarant que son sort dépendait de la vérité de son histoire. Le pauvre homme alors lui marqua tant de joie , et M» Jones en trouva les transports si naturels, que son bon cœur en fut aussi touché qu'ému. Reprenez votre pistolet, lui dit-il, et cherchez des moyens plus honnêtes pour vous tirer de la misère.
Voilà deu^ guinées pour soulager votre famille : je voudrais pouvoir faire plus , mais les cent livres sterling ne sont pas à moi.
Cette action ne sera probablement pas approuvée de tous nos lecteurs.
Tandis que quelques-uns y applaudiront
comme à Tacte d'humanité le plus Iouai3le, d'autres plus graves personnages diront oue Tom avait tout au moins perdu de vue ce que tout homme doit à son pays. Partridge était de leur avis : Je ne serais point surpris, dit-il à Jones, que ce même coquin ^ vînt encore nous attaquer avant notre arrivée à Londres^
Le voleur, pénétré de reconnaissance, versa des larmes, en protestant que de sa vie il ne tomberait en pareille faute. Nous saurons parla suite s'il a tenu parole; car il est temps de faire arriver nos voyageurs à Londres, de les laisser reposer, ainsi que nos lecteurs, et de nous reposer un peu nousmême.
FIN DU DOUZIEMES LJYIli;»