CHAPITRE VII
Faite de Sophie.
Il est temps maintenant de revenir à miss Western, que le lecteur, pour peu qu'il Taime autant que nous Taimons, sera charmé de voir sauver des persécutions de son père, et de celles de son peu tendre amant.
Il était minuit sonné; l'ivresse et le sommeil régnaient sur toute la maison; la tante seule, une gazette à la main, balançait encore le destin de l'Europe, lorsque notre héroïne, après avoir descendu doucement l'escalier, et ouvert une des portes du château , se trouva libre , et vola vers l'endroit où madame Honora devait l'attendre.
Que l'amour donne de courage ! Sophie, la jeune et timide Sophie, ne connut d'autre crainte que celle de se voir poursuivie et arrêtée par son père. Son cœur sentit pourtant quelque terreur d'une autre espèce.
172 TOil JONES.
lorsque, arrivant àTendroit désigné, au lieu d'y trouver Honora, elle aperçut de loin un cavalier venant à elle à toute bride. Mais sa frayeur ne dura qu'autant de teibps qu'il en fallut à cet homme pour l'informer que c'était de la part d'Honora elle-même qu'il venait la chercher.
Sophie, qui n'avait pas lieu d'en rien craindre, monta résolument en croupe derrière lui, et arriva bientôt à une petite ville, distante d'environ cinq milles du château, où elle eut la satisfaction de trouver sa chère Honora couchée sur un gros ballot de ses propres bardes, qu'elle n'avait pu se résoudre à perdre un instant de vue. On mit alors en délibération quel chemin il convenait de prendre pour échapper aux poursuites de M. Western, qui, selon toute apparence, serait à cheval dans peu d'heures.
Honora insistait pour la route de Londres, qu'elle avait une extrême envie de voir, et pour plus d'une raison dont le lecteur est déjà instruit.
Sophie, qui croyait risquer un peu plus qu'elle, pensait différemiticnt, et voulait