‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 3)Chapitre 99 sur 165 · LIVRE XI, CHAPITRE I. l8'j · texte numérisé non relu

LIVRE XI, CHAPITRE I. l8'j

Qn descendit pour la secourir; mais Sophie heureusement n'était pas blessée, et chacun remontait à cheval , au moment où les premiers rayons de Taurore ayant permis de s'entrevoir, deux voix firent entendre en même temps : Ah ma chère Sophie •' Ah ma chère Heupette !

Cette rencontre . singulière étonna beaucoup plus nos deux 4dames qu'elle n'a droit d'étonner le lecteur, qui s'est certainement déjà douté que la dame étrangère dont il s'agit ne pouvait être autre que l'épouse de l'Irlandais Fitz-Patrick , cousine de Sophie,, et qui, comme l'on sait très-bien , était partie du cabaret d'Upton quelques minutes après notre héroïne.

La surprise et la joie des deux cousines ,.

qui autrefois avaient \écu chez leur tante Western dans la plus grande intimité, ne leur permit pas d'abord de se deman^ der mutuellement les causes de leur rencontre.

Madame Fitz-Patrick se trouva la première en état d'interroger Sophie. Mais, quoique la réponse parût devoir être aussi

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simple qu'aisée, miss Western, qui la trouva pourtant embarrassante, pria sa cousine Henriette de vouloir bien suspendre sa curiosité'jusqu'à la première hôtellerie , où Ton espérait ardver bientgt. ^

Elles descendirent enfin, mais si fatiguées, et surtout la pauvre Sophie, qi^l fallut nécessairement Tenlever de dessus son cheval, et la porter dans une chambre, où madame Fitz - Patrick , informée que sa cousine ne s'était pas couchée depuis deux nuits , la fit mettre au lit sur-le-champ.

Sophie y consentit d'autant plus aisément, que sa cousine, après l'avoir assurée à tout hasard qu'elle ne voyait rien à craindre dans cet asile trop éloigné des routes ordinaires, offrit très-gracieusement de lui tenir çom-^ pagnie, et de coucher à côté d'elle.

Les dames ne furent pas pkis tôt au lit, que les soubrettes convinrent aisément entre elles de suivre leur exemple. Madame Honora, aussi polie que sa maîtresse, s'humanisa avec sa consœur Abigaïl; et, après beaucoup de complimens de part et d'autre, voulut bien aussi partager sa couche.

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