LIVRE V, CHAPITRE V. l
lèse mêler d'affaires, et congédia la corn*- }agiiie.
£n sortant de son appartement, Tuakum ;t Square, également peu satbfaits du legs [ue leur avait laissé M. Alworthy, se prirent le querelle. Mille livres sterling une fois layées n'offraient aux yeux du pédagogue [u'une récompense très-mince pour lessoins [u'il avait daigné prendre de l'éducation de leux enùtns. Square trouvait ce legs exorlitant pour un petit répétiteur tel que Tuaum, déjà aux gages de M. Alworthy, tandis ue lui-même, homme de condition, et qui t'était'chez ce seigneur qu'à titre d'ami, ne e voyait gratifié que d'un legs égal à celui 'un pédant
Les propos commençaient à s'échauffer ntre ces deux per^nnages, quand M. Blifil, rrivant avec un air consterné, leur apprit ue l'exprès envoyé de Salisbury venait e lui annoncer la mort de sa mère. A ces lots, les deux docteurs se réunirent pour onsoler leur cher disciple, l'un par les aotifs de la vertu, l'autre par ceux de la eligion.
l86 . TOM JONES.
Ib délibérèrent ensuite s'il convenait ou non d'instruire M. Alworthy de cet événement Le médecin , qui parut alors, fut pour la négative: c'était risquer sans nécessité d'accabler le malade ; il ne pouvait y consentir. M. BMl objectait une promesse solennelle faite à son oncle de n'avoir jamais rien de caché pour lui, quelque chagrin que M. Alworthy dût en recevoir. Ce serait, disait-il , manquer essentiellement à ma promesse, et m'exposer à encourir la juste indignation de mon oncle, au cas que le ciel le guérisse, comme j'ose encore m'en flatter. La crainte d'un mal, quel qu'il soit, ne doit jamais faire celer la vérité.
Tûakum et Square, enchantés des sentimens de leur disciple, ne pouvaient manquer d'être de cet avis, ills l'appuyèrent si fortement que le médecin se vit forcé d'y souscrire et de passer avec M. Blifil dans la chambre du malade, à qui ce dernier, les yeux en pleurs, fit part de sa nouvelle.
M. Alworthy la reçut avec constance et résignation. Il laissa plburtant tomber quelques larmes, et demanda à parler au