CHAPITRE V
Maladie de M. Ahrordiy.
MoNSiEUB Alworthy, depuis l'accident de Jones, avait négligé un rhume qui, après avoir dégénéré en fluxion de poitrine y Ta- Tait enfin forcé de se mettre au lit et d'appeler un médecin.
Soit par hasard ou autrement, le danger s'était accru de jour en jour depuis l'arrivée de son Ësculape ; et ce bon seigneur, toujours prêt à tout événement, avait jugé à propos de faire rassembler sa famille. On avait dépêché un exprès à madame Blifil , qui était depuis quelque temps à Londres, et un autre, avec une voiture pour Jones encore convalescent, chez M. "Western.
Jones, en arrivant au château, trouva toute la famille, à l'exception de madame Blifil, autour du lit de son bienfaiteur. Il
l84 TOM JONES.
venait de leur faire part de son testament, par lequel il avait institué M. Blifil pour son héritier, à charge de quelques legs assez considérables pour Tuakum, pour Square, et pour ses principaux domestiques. Quant à Tom Jones, M. Alworthy lui avait fait un assignat particulier de 5oo livres sterling ' de revenu annuel, et de looo livres une fois payées.
Les cris et les pleurs de Blifil, prosterné aux pieds du lit de son oncle, étaient si éclatans, que la voix de Tom, encorç plus af- | fligé du danger de M. Alworthy que sensible à la fortune qu'il recevait de lui, eut peine à pénétrer jusqu'au malade. La faiblesse de M. Alworthy, et les représentations du médecin, ne lui permettaient pas de parler davantage, lorsqu'un domesdque vint annoncer un procureur arrivé en toute diligence | de Salisbury, et qui avait, disait-il, à conférer en particulier avec M. Alworthy sur affaire / très^-importante. Ce seigneur chargea son '
neveu de l'entendre, n'étant plus en «tat ' EoTiroa za/XK> Uyres.