‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 4)Chapitre 111 sur 170 · LIVRE V, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE VII

Tuakum et Blifil, qui se promenaient tristement , avaient vu passer, et très-bien reconnu la personne. Tous les deux, aussi soupçonneux Tun que l'autre, et présumant également du mystère dans cette aventure, étaient entrés dans l'allée aboutissant au petit bois, à l'instant même où Jones s'y était enfoncé à la poursuite du fantôme.

C'en fut assez pour les convaincre de la réalité d'un rendez-vous; et nos cagots, charmés d'une récidive qui ne pouvait manquer de perdre l'objet de leur haine auprès de M. Alworthy, forment à l'instant le projet de surprendre les coupables et de les mettre dans l'impossibilité de désavouer leur crime.

Heureusement pour Tom, le chemin qui les conduisait jusqu'à lui était difïïcile. Quelques précautions qu'ils prissent, il entendit du bruit, leva la tète et les reconnut. Son parti fut bientôt pris : il vint fièrement à eux, très-résolu de leur disputer le passage.

Tuakum, outré de l'audace de son ancien écolier, et qui se croyait encore en droit de lui parler en maître, lui cria qu'il prétendait en vain leur dérober la vue de son in- I. 17

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fâme Moly; que M. BMl, ainsi que lui, V^vait très-parfaitement reconnue; que rien enfin ne les empêcherait de la conduire an château pour en faire un exemple capable d*épouvanter ses pareilles.

Tom , assez médiocrement ému de ce discours, mais indigné de le voir confirmé par Blifil (dont les insultes de l'aprèsmidi étaient encore vivement gravées dans son cœur), ne répondit aux emportemens de Tuakuin, qu'en l'assurant que tous les pédans de la province, dussent-ils être secondés par autant de Blifils, ne parviendraient jamais aie forcer, lui vivant, de consentir à l'ombre même d'une lâcheté.

Une déclaration si précise avait droit d'enfiammer la bile de Tuakum et de son disciple chéri, et fut bientôt suivie d'un des ' plus mémorables combats à coups de poings dont les annales de$ basses rues de Londres aient jamais conservé la mémoire.

Qu'il suffise au lecteur d'apprendi^e que le brave Tom, après avoir soutenu longtemps, sans perdre un pouce de terrain, l'effort de ses deux assaillans, qu'il avait

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