I^OM JONES
maison s'offrit à ses regards, il couinit et se hâta de tracer cette lettre.
(i Madame,
« Si vous daignez réfléchir sur l'horreur « de ma situation, je présume assez de l'ex- « cellence de votre âme pour me flatter que « les expressions de ma lettre, sans doute « mal conçue, trouveront grâce devant t^gus.
« Hélas ! c'est le cœur seul qui me les dicte, « et nul langage ne peut rendre tout ce qu'il « sent
« Je vais vous obéir, Madame; je me prive <t de votre présence, et je m'en prive pour « jamais... Que cet ordre est cruel pour moi! « Mais j'en accuse la fortune bien plus que « ma* Sophie. Et tel est mon malheur, qu'il « devient nécessaire pour elle , et que la fé- « licite de ce que j'aime est attachée à la « nécessité d'oublier qu'il exista jamais un « infortuné tel que moi.
« Croyez , croyez belle Sophie , que je o vous cacherais mon malheur même, si je « pouvais probablement imaginer que la « voix publique ne dut pas vous le révéler.