CHAPITRE PREMIER
Monologue de Jones.
Jones reçut tous ses petits effets le lendemain matin de chez M. Alworthy, avec cette réponse à la lettre qu'il lui avait écrite.
« Mon oncle m'ordonne de vous dire, « Monsieur, que le parti qu'il a pris de se « défaire d'un commensaLde votre espèce.
« n'ayant été fondé que sur une résolution « bien réfléchie, et sur l'évidence même du « peu que vous valiez, vous aviez le ploi « grand tort du monde d'imaginer que tout( « votre éloquence puisse jamais changer sei
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h coup, donnons donc à M. Alworthy la seule preuve qu'il exige de mon obéissance:
partons dès ce moment Mais, pour où
aller ? De quel côté porterai-je mes pas ?... Laissons ce soin à la fortune : puisque nul [^ être sur la terre ne s'intéresse pour un mal- P heureux tel que moi, tout m'est également ^ indifférent.... Nul ne s'intéresse à ton sort!... Ingrat ! tu sais trop le contraire. Les vœux que quelqu'un fait pour toi ne te sont-ils 1 pas mille fois plus précieux que ceux de l'univers entier!... Je veux, je dois penser que mon destin n'est pas indifférent à ma Sophie... Quoi ! faut-il donc abandonner le seul ami, le seul bien qui me reste ? Et quel ami, grand Dieu !... Mais puis-je vivre, sans j la compromettre, en mêmes lieux que ma Sophie ? Et , dût-elle le désirer plus ardemment encore que moi, ai» je quelque espé- ^ rance de pouvoir l'approcher sans l'exposer à la vengeance de son père? Puis-je la faire consentir à son avilissement? Et, • dussé-je abuser de son penchant jusqu'à ce point, oserai -je me prévaloir de sa faiblesse ?... Non, j'en déteste jusqu'à la pen-