LIVRE VU, CHAPITRE II
vaut elle n'était qu'une passion roma>
\qae y depuis long-temps proscrite par les
-sonnes sensées, et reléguée dans Tobs-
ité des provinces; elle unit enfin, après
pompeux éloge des biens et des qualités
M. Blifil, par exhorter sa nièce à con-
itir aux vues de sa famille.
l'épargne au Jecteur toutes les sentences,
ites l^s citations, toutes les maximes et
raisonnemens politiques dont madame
3Stem avait nourri divers endroits de sa '
rangue. Je crois devoir aussi supprimer
es réponses de Sophie et les répliques de
tante. Il suffit de savoir que notre hé-
ae se défendit bien , et que madame Wes-
i, outrée de n'avoir encore pu rempor-
fur une petite provinciale une victoire
^ croyait certaine, et dont elle avait
\ son frère; il suffit, dis-je, de savoir
^tte dame, après avoir passé rapide-
^du tou de la persuasion à celui de la
^, reprochait durement à Sophie la
|e de ses sentimens, et croyait déjà
kis les yeux effrayés de sa nièce l'ins-
l|Sa défaite, lorsque M. AVesteçn, qui
avait tout écouté, vint brusquement l'interrompre pour joindre sa voix à celle de sa sœur.
Madame Western était en colère : cette imprudence de son frère, qu'elle interpréta comme née de la défiance qu'il osait concevoir de la sublimité de ses lumières, la rendit furieuse. Sa médiation méprisée à ce point ne lui permettait plus de se mêler d'une négociation que l'intérêt d'un frère ingrat lui avait fait entreprendre, et qu'il venait faire échouer au moment de la réussite. Ce manque de respect de la part d'un homme sans teinture, sans notion des premiers principes du monde et de la politique, ne permettait pas à une femme coàime elle de rester plus long- temps chez lui. Aces mots elle sort en lui lançant un regard indigné, demande son carrosse, et se dispose à partir du château.
Autre scène pour Sophie Son père,
resté seul avec elle, quoique humilié par les reproches de sa sœur, reprend bientôt assez de force pour accuser sa fille d'une rupture qui va peut-être lui coûter l'opu-