I.IVRE II, CHAPITRE II
tendait avoir eu la certitude; et que Partridge, soit par faiblesse, soit par crainte, ou purement pour le bien de la paix, avait fait cet aveu, sous condition expresse qu'elle ne lui en parlerait jamais.
La vigilante Débora, informée de cette circonstance, courut chez cette femme, lui promit la protection de M. Alworthy, Tassara même de la sienne; et, après lui avoir protesté que la punition de son mari ne nuirait en rien au bien de ses af^ires, non plus qu'à sa famille, détermina madame Partridge à soutenir en jugement tout ce qu'elle venait de lui avouer en pardcuUer.
Les parties assignées en conséquence, c'est-à-dire Partridge et sa femme, comparurent au tribunal de M. Alworthy. L'époux prétendit en vain réclamer contre^l'aveu fait à sa femme, en faveur des motifs qui le lui avaient arraché : tout ce qu'il put obtenir fut de faire renvoyer la cause à trois jours, après avoir supplié M. Alworthy de faire appeler Jenny Jones pour lui être confrontée , et se croyant très-sûr que cette fille lui rendrait tout!^ 3on innocence.
M. Alworthy, quoique indigné contre Partridge, qu'il avait tout lieu de regarder comme coupable, était un juge tropintègre pour refuser d'entendre tous les témoins qu'un accusé pouvait citer pour sa défense.
Un messager fut dépéché pour chercher et amener Jenny au château. Mais son voyage fut inutile: il rapporta que cette fille, depuis quelques jours, avait abandonné le lieu de sa retraite, pour suivre un officier qui venait d'y faire recrue.
Cette nouvelle acheva de décider le juge:
la déposition d'un pareil témoin ne pouvait être regrettée. Partridge , malgré ses pleurs et ses protestations, fut déclaré coupable, par conséquent indigne à l'avenir des bienfaits de M. Alworthy, et chassé pour jamais du château.
Sa femme ne tarda pas à connaître que Débora l'avait trompée, et à se repentir amèrement du témoignage qu'elle avait porté contre son mari : mais il était trop tard; il fallut se soumettre à son sort, qui devint bientôt déplorable. ,
Partridge n'était déjà que trop paresseux;
LIVaE II, CHAPITRE II. 59
le désespoir le rendît insensible. Son école fut bientôt déserte; la misère Tassaillit de toutes parts : sans quelques charités secrètes , dont le lecteur n'aura pas de peine à présumer la source, sa femme et lui seraient morts de misère.
La jalouse Partridge ne tarda pas de succomber à tant de maux; et son mari, n'ayant pins rien qui l'iinréiât dans le canton, prit le parti d'aller chercher fortune ailleurs.
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