‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 4)Chapitre 40 sur 170 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Suite du précédent.

Debora ne fut pas la dernière à être instruite des particularités de cette aventure. Elle avàSt trop pénétré les sentimens du .capitaine Blifil à l'égard du petit Tom Joues, pour perdre l'occasion de se concilier les bonnes grâces de ce nouveau maître, en lui donnant des armes propres à combattre l'extrême attachement de M. Alworthy pour le prétendu orphelin.

Le capitaine, en bon politique, ne parut que médiocrement flatté de cette confidence, mais ne se promit pas moins d'en faire usage dès qu'il en croirait l'occasion favorable.

Elle se présenta environ un mois après , dans une grande conversation qu'il eut, en se promenant avec M. Alworthy, sur 1^ charité. Le capitaine y soutenait, contre le sentiment de son beau-frère, que la charité cessait d'être vertu, et devenait faiblesse, dès

qu'elle s'étendait jusque sur des sujets dont les mœurs corrompues avaient droit d'exciter l'indignation plutôt que la pitié. Un homme comme Partridge, par exemple (ajouta-t-il avec un sang-froid réfléchi) , paraîtra-t-il à tous les yeux un digne objet de charité ?

M. Alworthy marqua quelque surprise an nom de Partridge; et bieh plus encore, lorsqu'après avoir prié le capitaine de s'expliquer, il eut appris que cet homme était le père du jeune orphelin.

Débora fut d'abord appelée; elle eut ordre de se rendre de nouveau sur les lieux, d'y faire de plus amples informations, et au cas que Partridge se trouvât réellement coupable, de le faire citer juridiquement au tribunal de M. Alworthy, alors juge de paix du canton.

Il est bon de savoir que la femme de Partridge, après le grand combat dont nous avons parlé dans le dernier chapitre, avait constamment refusé toute espèce d'accom- * modement avec son mari, à moins qu'il ne s'avouât coupable du crime dont elle pré-

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