LIVRE IV, CHAPITRE IV
quelques autres présens de Jones, sortit le matin de chez elle, Téventail ù la main, et s'achemina à la paroisse. >
Que les grands sont trompés s'ils se flattent de s'être approprié tout ce qui est du ressort de l'ambition et de la vanité ! Ces nobles sentimens fleurissent tout autant dans une église ou dans un cercle de village , que dans les assemblées les plus illustres : plus d'une obscure sacristie a vu concerter des projets et des ressorts de politique dignes d'étonner un conclave. Les femmes d'un état subalterne ne sont pas moins savantes dans les ruses et les intrigues proportionnées à leur état, que leurs supérieures, soit par la qualité, soit par la fortune. La plus mince bourgade a ses prudes, ses coquettes, ses mqdes, ses lorgneries, ses rivalités, ses tracasseries , ses scandales.
Géans du siècle ! laissez tomber un œil moins dédaigneux sur la prétendue ignorance de vos inférieurs; et vous, vulgaire, respectez plus les vices de vos maîtres.
Moly avait pris place dans l'église, longtemps avant qu'aucuu des paroissiens Teût
ia6 TOM JONES.
reconnue. Chacun se demandait tout bas quelle était cette dame ? Mais dès qu'on fut bien convaincu que c'était elle , le rican^ment, le chuchotage et les éclats de rire devinrent si bruyans dans le canton des femmes, que M. Alvrorthy fut obligé d'interposer son autorité pour y rétablir la décence.