‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 4)Chapitre 80 sur 170 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Combat.

Monsieur Western avait mie terre dans cette même paroisse; et, comme son cbâtean était moins éloigné de cette église que de la sienne, il venait souvent au service à la nôtre. Il y était avec la charmante ^ophie lorsque ce scandale arriva.

Sophie, qui trouva la fille passable, eut pitié de la simplicité qu elle avait eue de se vêtir ainsi, et de ce que son imprudence eût fait éclater jusqu'à ce point la jalousie de ses égales. A peine fut - elle de retour chez son père, qu'elle envoya chercher le garde-*chasse, auquel elle ordonna de lui amener sa fille, avec promesse d'en avoir soin et de la prendre peut - être à son service lorsque sa femme de chambre, à qui elle avait donné son congé, serait sortie. ^

George, qui n'était déjà que trop instruit

de la situation de sa fille, à cette proposition se crut frappé de la foudre. Il répondit, en bégayant, qu'il craignait que sa fille ne fût trop maladroite pour servir une si grande dame. Peu importe, repartit Sophie : ellç apprendra bientôt, je Taime; envoyez-la moi.

George, à ces mots, revint chez lui pour consulter sa femme sur les moyens de sortir d'embarras; mais le diable avait travaillé pendant son absence à lui en susciter bien d'autres.

La belle robe de sa fille avait mis au désespoir toutes les femmes du village. A peine M. Alworthy et la noblesse des environs avaient quitté l'église, que cette rage, trop long- temps retenue, avait éclaté en injures. Moly, qui avait du courage , n'avait pas cru devoir les supporter. Des injures on en était venu aux voies de fait : on avait eu l'indignité d'éclabousser et de gâter sa robe; et la vivacité de son ressentiment avait achevé d'en faire une héroïne, qui, après avoir mis hors de combat la moitié de ses ennemis, allait être accablée par

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