‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvé (volume 4)Chapitre 83 sur 170 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Cest fort bien fait, dira qnélqa'un.

TôM Jones, qui avait couru le matin sur les chevaux de M. Western, n'en ayant point à lui dans l'écurie, et ne jugeant pas à propos de perdre un quart d'heure à en faire seller un, prit le parti de retourner au château à pied; et ce voyage, qui était de plus d'une lieue, fut fiiit en moins d'une demiheure.

En arrivant à la première avenue de M. Alworthy, il rencontra le cons table' avec sa suite, qui se mettait en devoir de conduire la triste Moly à sa destination. Lé brave Tom, outré de ce spectacle, et ne connaissant plus d'égards, s'approche, fend la presse, s'empare de Moly, et jure en Tem- ,..1 ■•

■ Officier de police, dont les fonctions sont à pea près celles de nos commissaires.

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brassant qu'il tuera le premier qui osera lui faire violence.

Le constable, tremblant et chapeau bas , ouvrait de grands yeux; et ne savait quel parti prendre. Jones le pria poliment de revenir avec lui chez -son père (c'est ainsi qu'il crut alors devoir appeler M. Alworthy); je suis certain, s'écria-t-il , qu'il n'a besoin que de m'entendre pour pardonner à cette pauvre fille.

Cet officier, qui de bon cœur eût composé à moins, ne se fit pas prier deux fois.

M. Alworthy était à la promenade : Tom laissa son monde dans la salle publique, et courut le chercher. Dès qu'il l'eut rencontré, il se jeta à ses pieds , lui avoua sa faute, et le supplia, les larmes aux yeux, d'avoir pitié d'une infortunée beaucoup moins cou* pable que lui.

M. Alworthy, quoique touché de la douleur et surtout de la sincérité de Jones, était ennemi du vice : la clémence et la justice , ((ui combattaient à la fois dans son cœur, le laissaient indécis et embarrassé sur le parti qu'il devait prendre. Jones était toxijours à

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ses pieds, écoutiuit avec humilité les pieuses et vives remontrances de son bienfaiteuri qui^ enfin attendri par le repentir du pécheur, consentit que Moly fût renvo^rée chei ses parens pour y pleurer sa faute el yivre mieux à l'avenir.

Cet événement laissa pourtant dans Tes^ prit de M. Alworthy quelques impressions peu favorables pour Jones. Mais après avoif réfléchi sur le fond du caractère de ce jeune homme, il revint à en avoir la même opinion que le lecteur en a déjà sans doute : c'est-àr dire qu'en pesant ses vertus et ses "vices, la balahce lui parut pencher du bon côté.

Aussi Tuakum perdit -il son temps lorsn que, instruit de cette histoire parle religieux Blifil, il vint pour noircir Tom dans l'esprit de son protecteur. Tout le venin de ses pieuses invectives ne fut payé que de cette froide réponse : Je sais que les jeunes gçns du tempérament de Tom ne sont que trop sujets au vice que vous avez raison de condamner; mais j'ai vu le fond de son cœur, et la\érité de son repentir; ainsi compte!

qu'il se corrigera.

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