CHAPITRE VI
NovreUes racontées par le ministre Snpple. Effets qu^ellea
produisent.
Le lendemain Tom» après avoir chassé le matin avec M. Western, fut retenu à dîner chez lui.
Sophie était plus gaie et plus brillante cDcore que de coutume : Jones probablement avait quelque part an soin qu'elle avait pris de sa parure; et si son dessein était de le charmer, sa réussite fut complète.
M. Supple, ministre de la paroisse, vint augmenter le nombre des convives. C'était «n très-bon homme, très-taciturne tant qu'on mangeait, mais qui parlait plus qu'un autre au dessert.
Ce fut alors que, recouvrant la parole, il apprit à M. Western que M. Alworthy, le
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matin même, avait condamné une fille du village à être conduite à Bridwel '.
Cette nouvelle, \u le caractère doux et pacifique du juge, étonna beaucoup l'assemblée , qui fut bien plus surprise encore en apprenant que la coupable était Moly, dont la faiblesse pour quelqu'un qu'elle n'avait jamais voulu nommer n'était maintenant que trop publique dans la paroisse. M. Alvrorthy, disait-on, informé de la scène scandaleuse de la veille , en plein cimetière , et qui avait mandé Moly pour en savoir tout le détail, s'était d'abord aperçu de l'état de cette fille, qui, forcée d'avouer sa faute, était peut-être déjà en route pour le lieu destiné à sa pénitence.
Au discours du ministre, Tom, quittant brusquement la table, était parti comme un éclair; un long éclat de rire de la part de M. Western avait rendu le ministre muet; et Sophie , rouge comme un rubis , ne regardait fixement que la tiiblc* M. Western
' On a dëjà dit que c*est une fameuse maison de correction.
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alors, redoublant ses éclats, affirma très- ^ossièrement qu'il connaissait le père <le lenfant, qu'il venait de boire avec lui, et qu*il 1)6 lui en voulait pas plus de mal.
Sophie alors, sous prétexte que monsieur son père allait entrer en belle humeur, se retira dans son appartement, où l'intérêt sensible qu'elle prit à la nouvelle du ministre lui prouva que son cœur était plus vivement blessé qu'elle n'avait encore osé le croire.
M. Western, après sa méridienne ordinaire, fit en vain appeler sa fille pour jouer du clavecin : un violent mal de tète la dispensa de descendre, et même pour souper; ce qui mit le bon gentilhomme^ qui n'aimait pas à manger, encore moins à boire seul, dans la nécessité de faire appeler un fermier voisin, pour avoir du moins à qui parler.
iS4 TOM foirzs.