‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 101 sur 140 · LIVRE xviri · texte numérisé non relu

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que je ne lui en reparlai plus. Bonté du ciel! Dieu dispose de tout ! Cependant ma sœur s'est conduite d'une manière inexcusable, en emportant avec elle ce secret dans le tombeau. — Je vous assure, monsieur, qu'elle a toujours professé l'intention contraire, et qu'elle m'a dit souvent qu'elle avait le projet de vous le communiquer. Elle disait encore qu'elle était charmée que son complot eût aussi bien réussi , et que vous eussiez, de votre propre mouvement, conçu tant d'amitié pour l'enfant, qu'il ne fût pas encore nécessaire de vous faire aucune déclaration expresse. Ah! monsieur, si cette dame avait assez vécu pour voir ce pauvre jeune homme chassé de chez vous comme un vagabond ! Ah ! monsieur, si elle avait assez vécu pour apprendre que vous avez vous - même chargé un procureur de le poursuivre pour un meurtre dont il n'était pas coupable! Pardonnez-moi, M. Alhvorlhy, je dois dire qu'il y avait quelque chose de cruel à cela. Croyez moi, vous avez été trompé, il n'a jamais mérité cela de vous. — Assurément, madame, vous avez été trompée par celui, quel qu'il

soit , qui vous a raconté ce fait. — Ne vous trompez pas à mes paroles, monsieur, je ne prétends pas dire que vous ayez en ceci le moindre tort; celui qui est venu me voir ne m'a rien dit de semblable; il m'a dit seulement, en me prenant pour la femme de M. Fitzpatrick, que si M. Jones avait assassiné mon mari , j'aurais tous les secours d'argent qui me seiaient nécessaires, et qu'ils me seraient fournis par un très-digne gentilhomme, parfaitement instruit, ajouta-t-il, à quel scélérat j'avais affaire. C'est par cet homme que j'ai découvert quel était ce M. Jones; et ce même M. Jones vient de me dire que cet homme, dont le nom est Dowling , est votre homme d'affaires. J'ai appris son nom d'une manière étrange, car il avait refusé de me le dire luimême; mais Partridge, qui l'a rencontré la seconde fois qu'il est venu chez moi , l'avait connu autrefois à Salisbury. »

« Et ce M. Dowliug, dit M. Alhvorthy en marquant un grand étonnement, vous a-t-il dit que je vous aiderais dans celte poursuite ? — Non, monsieur, je ne veux point l'accuser

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injustement; il m'a bien dit que je serais aidée, mais il ne m'a nommé personne. Pardonnez , monsieur, si les circonstances m'ont pu faire croire que ce ne pouvait être un autre....!.,. — El moi, madame, les mêmes circonstances me

persuadent trop bien que c'est un autre

Divine Providence ! par quels merveilleux moyens vous permettez que la plus noire et la plus profonde scélératesse soit quelquefois découverte ! Oserai-je vous prier, madame, de rester jusqu'à ce que la personne dont vous venez de parler arrive? je l'attends à chaque minute, elle est peut-être même déjà dans la maison. »

M. Alhvorthy s'avança alors vers la porte pour appeler un domestique, quand parut, non M. Dowling, mais le personnage qu'on verra dans le chapitre suivant.

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