LIVRE XVUt
niêmeje l'ignorais jusqu'à ce joiir.MaisM.Joiies, qui vous aime depuis si long-temps, eh bien! il est , oui, il est mon neveu. — M. Jones votre neveu , monsieur! cela est-il possible? — Il l'est, madame , il est fils de ma sœur; je le reconnaîtrai toujours pour tel, et je n'en rougis point : je rougis davan lage de ma conduite passée envers lui ; mais j'ignorais autant son mérite que sa nais" sance. J'en conviens, miss Western, je l'ai cruellement traité, oh! oui, je l'ai cruellement traité, » Ici le bon M. Allworthy essuya ses yeux , et , après une courte pause , continua en ces termes : « Je ne pourrai jamais le dédommager de ses souffrances , si vous ne venez à mon secours. Croyez -moi, aimable Sojdiie , il faut que je fasse grand cas de lui, puisque j'ose Toffrir à une personne de votre mérite. Je sais qu'il s'est rendu coupable de quelques fautes , mais au fond il a un cœur excellent , croyez-moi , madame. » Ici il s'arrêta , en paraissant attendre la réponse de miss Western. Dès qu'elle se fut un peu remise du trouble et de l'agitation dans lesquels l'avait jetée une nouvelle aussi extraordinaire et aussi soudaine,
Sophie dit à M. Alhvorlhy : « Je vous félicite de bien bon cœur, monsieur, d'une découverte f[ui parait vous causer tant de joie; je ne doute pas que vous n'y trouviez toute la consolation que vous pouvez vous en promettre. Ce jeune homme a mille bonnes qualités, et il est impossible qu'il ne se conduise pas, comme il le doit, envers un oncle tel que vous. — J'espère, madame, qu'il a aussi toutes les bonnes qualités qui doivent en faire un bon mari. Et si une personne de votre mérite daignait condescendre... — Vous voudrez bien me pardonner, M. Allwortby, répondit miss Western, mais je ne puis écouter une proposition de cette natu re. Je suis convaincue que M. Jones a beaucoup de mérite, mais je ne recevrai jamais M. Jones comme un homme qui doit être mon mari. — Pardonnez-moi, madame, si je suis un peu surpris, après ce que M. Western m'a dit... J'espère que ce jeune homme n'a rien fait pour perdre la bonne opinion que vous aviez conçue de lui, s'il est vrai qu'il ail jamais été assez heureux pour cela... Peut-être a-l-il été calomnié auprès de vous comme il l'avait