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été auprès de moi ; la même perlidie peut l'avoir poursuivi partout... Ce n'est point un assassin, je vous assure, quoiqu'on lui en ait donné le nom. — M. Allvvorthy, je vous ai déclaré ma résolution. Je ne suis point surprise de ce que mon père a pu vous dire; mais, quelles qu'aient pu être ses craintes, si je connais bien mon cœur, ce n'est pas moi qui ai pu "les causer, puisque j'ai toujours eu pour principe fixe de ne jamais me marier sans son consentement. Tel est, je crois, le devoir d'un enfant envers son père , et j'espère que rien au monde n'aurait pu m'en faire écarter. Mais je ne conçois pas non plus que l'autorité de nos parents puisse jamais nous obliger de nous marier en opposition directe avec nos inclinations. Pour éviter cette violence, que j'avais trop de raisons de craindre , j'ai quitté la maison de mon père, et cherché une protection ailleurs. Voilà la vérilé; et si le monde ou mon père me prête d'autres intentions, ma conscience suffit pour m'en justifier. — Je vous écoute avec admiration, miss Western ; j'admire votre raison et vos sentiments , mais sans
doute il y a ici quelque chose de plus. Loin de moi de vouloir \ous offenser, mais dois-je regarder seulement comme un songe tout ce qu'on l'on m'a dit, tout ce que j'ai vu jusqu'ici? Avez- vous supporté un traitement si cruel de la part de votre père , pour un homme qui vous a toujours été indifférent?— Je vous prie, M. Alhvorthy, de ne pas exiger que je vous dise mes motifs. . . Oui , j'ai beaucoup souffert... je ne veux point vous le' cacher, M. Alhvorthy... Je vous parle très-sincèrement... J'avoue que j'avais une haute opinion de M. Joues... je crois... J'ai été traitée cruellement par ma tante, ainsi que par mon père; mais cela est passé à présent... Je désire n'être pas pressée davantage; car, quelle qu'ait pu être mou opinion, ma résolution est maintenant fixée... Votre neveu, monsieur, a beaucoup de vertus... il a de grandes vertus, M. Allworthy; jenedoulepas qu'il ne vous fasse honneur dans le monde, et ne vous rende heureux. — Je voudrais faire aussi son bonheur, madame , mais je suis convaincu qu'il ne dépend que de vous. C'est cette conviction qui m'a rendu nu solliciteur aussi ardent en sa faveur. — Tous
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êtes trompé, monsieur, vous êtes trompé, j'espère que ce n'est pas par lui... Il suflit cpi'il m'ait trompée, moi. M. Alhvorthy, je désire ne pas être pressée davantage sur ce sujet... Je serais fâchée... je ne veux pas lui faire perdre votre faveur. Je souhaite toutes sortes de prospérités à M. Jones , je les lui souhaite de tout mon cœur, et, je vous le répète, quelques torts qu'il puisse avoir avec moi , je suis sûre qu'il a beaucoup de bonnes qualités. Je ne nie point mes premiers sentiments, mais rien ne pourra les rappeler. Quant à présent , il n'y à pas d'homme sur la terre que je sois plus résolue à refuser que M. Jones; les sollicitations de M. Blifil lui- même ne me déplairaient pas davantage. »
II y avait long temps que Western attendait avec impatience l'issue de cette conférence. Il venait justement d'arriver à la porte de la chambre dans le dessein d'écouter, lorsque ayant entendu la dernière phrase de sa fille, il perdit toute patience, et ouvrant brusquement la porte dans un accès de fureur, il s'écria : « C'est un mensonge, c'est un mensoni;e
du diable; tout cela est dû à ce damné coquin de Jones, et si elle pouvait lavoir, elle l'aurait auprès d'elle toute la journée. » Ici, Allworlhy interposa son autorité, et s'adressant à Western avec un regard mécontent, il lui dit : « M. Western, vous ne m'avez pas tenu parole. Vous m'aviez promis de vous abstenir de toute violence. — Aussi Tai-je fait aussi long -temps que je l'ai pu; mais entendre uiie petite sotte dire des mensonges aussi impudents! Par le sang, croit -elle que si elle peut faire des dupes de tous les autres, elle en fera aussi une de moi ?. . . Non , non , je la connais mieux que tu ne la connais. — Je suis fàcbé devons dire, monsieur , qu'il ne paraît pas, d'après votre conduite envers cette jeune personne, que vous la connaissiez du tout. Je vous demande pardon, m.ais je crois que notre l)Onne amitié, votre propre demande et l'occasion me justifient. Elle est voire fille, jM. Western, et je crois qu'elle fait bonneur à votre famille. Si j'étais capable d'envie, il n'y a pas d homme auquel je porterais plus d'envie (ju'à vous sous ce rapport. — Oli diable !