‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 123 sur 140 · LIVRE XVIIX. 3o · texte numérisé non relu

LIVRE XVIIX. 3o

Voici le fait, dont Jones ne fut lui-même instruit que par la suite: lorsque le lieutenant que lord Fellamar avait employé d'après l'avis de lady Bellaston , pour presser Jones comme vagabond, lui fit son rapport de ce qui s'était passé, il parla très-favorablement de la conduite de M. Jones, et assura mylord qu'il avait sûrement pris nne personne pour une autre, et que ce M. Jones était sans doute un gentilhomme. Mylord, qui était homme d'honneur, et n'aurait en aucun cas voulu se rendre coupable d'une action que le monde aurait condamnée, fut extrêmement affligé de lavis qu'il venait de recevoir.

Un jour ou deux après, lord Fellamar se trouva à dîner avec un pair d'Irlande, qui, en parlant du duel en question , instruisit la compagnie du caractère de Fitzpatrick, auquel il faut convenir qu'il ne rendit pas une exacte justice, surtout en ce qui avait rapport à sa femme. Il dit qu'elle était la plus innocente, la plus outragée des femmes, et que la pitié seule l'avait engagé à plaider sa cause. Il dé-

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dara alors I'intentiou où il était d'aller le lendemain matin chez Filzpatrick , afin d'obtenir de lui, s'il était possible, son consentement à une séparation d'avec sa femme, qui, dit le pair , craignait pour sa vie, si elle retournait jamais sous la puissance de son mari. Lord Fellamar convint d'aller avec lui, afin de s'éclairer encore sur le compte de Jones, et d'apprendre les circonstances du duel; car il n'était nullement tranquille sur le rôle qu'il avait joué en cette affaire. Aussitôt que mylord eut donné à entendre qu'il s'emploierait avec plaisir à la délivrance de la pauvre dame , il fut tendrement embrassé par le pair d'Irlande, qui comptait beaucoup sur l'autorité de lord Fellamar, pensant qu'elle contribuerait efficacement à amener Fitzpatrick où on voulait en lui imprimant du respect; et peut-être avait-il raison , car le pauvre Irlandais, voyant que ces deux nobles pairs s'étaient chargés de la cause de sa femme, se soumit incontinent. Les articles de la séparation furent aussitôt déposés sur la table, et signés par les deux parties.

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