‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 51 sur 140 · LIVRE XVH. l3i · texte numérisé non relu

LIVRE XVH. l3i

lait la cruelle Parthenisse. J'ai brisé plus d'une vilre où l'on avait écrit des vers à la cruelle Parthenisse. Sopliie , je n'ai jamais été aussi jolie que vous , et cependant il n'y a pas encore long-temps cpse j'avais quelque chose de vous. Je suis un peu changée. Les royaumes et les empires , comme dit Cicéron dans ses épîtres; sont sujets à des changements; il en doit être ainsi de la forme humaine. » Elle continua pendant près d'une demi-heure à parler d'elle, et de ses conquêtes et de sa cruauté, jusqu'à l'arrivée de niylord qui , après la visite la plus ennuyeuse pendant laquelle miss Western ne quitla pas la chambre, se retira, tout aussi mécontent de la tante que de la nièce ; car Sophie avait mis sa tante de si bonne humeur qu'elle avait approuvé presque tout ce qu'elle avait dit, et qu'elle était convenue qu'il fallait tenir à quelque distance un adorateur aussi entreprenant que celui-là.

C'est ainsi que Sophie , par une petite flatterie bien dirigée, pour laquelle sans doute personne ne la blâmera, obtint un peu de repos et différa au moins le jour fatal. Maintenant

I 34 TOM JOITES,

que nous avons vu notre héroïne dans une situation plus douce qu'elle ne l'avait été depuis fort long-temps, nous allons un peu nous occuper de M. Jones , que nous avons laissé dans l'état le plus déplorable que l'on puisse imaginer.

Page 1