‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 84 sur 140 · LIVRE xvni · texte numérisé non relu

LIVRE xvni

entendu ce que vous m'avez dit de cet infortuné jeune homme ; et si cette dernière affaire tourne comme vous l'espérez, car je ne doute en aucune manière de ce que vous dites, je pourrai peut-être en revenir à mieux penser de Inique je ne l'ai fait depuis quelque temps. Cette excellente femme ici présente , et je puis même dire tous ceux qui me connaissent , peuvent attester que je l'ai aimé aussi tendrement que s'il eût été mon propre fils. Je l'ai considéré comme un enfant que la Providence confiait à mes soins. Je me rappelle encore comment je trouvai le pauvre enfant. Je me sens encore en ce moment doucement presser par ses petites mains:... Il m'était cher, il me l'était véritablement....» Aces mots, il cessa de parler, et des larmes roulaient dans ses yeux.

Comme la réponse que fit mistress Miller pourrait nous conduire à nous occuper d'objets nouveaux, nous nous arrêterons ici un moment, pour rendre compte du changement remarquable qui s'était fait dans le cœur de M. Allworthy, et de la diminution de son res- VI. IL

sentiment contre Jones. II est vrai que des révolutions de cette espèce arrivent fréquemment dans les romans et les ouvrages dramatiques , par Tunique raison que le roman ou la pièce de théâtre tire à sa fin : elles sont d'ailleurs justifiées par l'autorité des plus grands auteurs. Cependant, quoique nous prétendions avoir autant d'autorité qu'aucun auteur quel qu'il soit, nous n'userons de ce pouvoir qu'avec beaucoup de ménagement, et seulement quand la nécessité nous y contraindra , ce que nous ne prévoyons pas devoir arriver dans le cours de cet ouvrage.

Or, ce changement qtii s'était fait dans le cœur de M. Allworthy , avait été occasionné par une lettre qu'il venait de recevoir de M. Square , et qui commencera le chapitre suivant.

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