LIVRE XVIII
peuvent ennoblii- une créature humaine. Il a quelques défauts sans doute, mais on ne peut mettre de ce nombre le manque de respect et de reconnaissance envers vous; au contraire, j'ai la persuasion que quand vous l'avez renvoyé de chez vous, son cœur vous regretta per sonpellement plus que tout le reste.
« Des intérêts purement humains ont été les vils et criminels motifs du secret que je vous en ai fait si long-temps. Je ne puis en avoir d'autres aujourd'hui pour vous le révéler que le désir de servir la cause de la vérité, de rendre justice à l'innocent, et d'expier de tout mon pouvoir une faute passée. J'espère donc que cette déclaration aura l'effet désiré, et rétablira dans vos bonnes graces ce jeiuie homme quiles mérite si bien. Si je peux l'apprendre avant de mourir, ce sera la plus grande consolation qui puisse être apportée Monsieur,
à votre très-obligé, très-obéissant et très-humble serviteur,
Thomas Square. ^>
2l6 TOM JONES,
Le lecteur, après cette lettre, ne s'éloiiiiera plus guère de la révolution si visiblement opérée dans M. Alluorthy, cpjoiqu'il reçût de Thwackuin par le même courrier une autre lettre d'un genre très-différent, que nous allons transcrire ici, parce qu'il se pourrait très-bien faire que ce fut la dernière fois que nous aurons occasion de nous occuper de lui.
MowsitDR,
« Je ne suis point du tout surpris d'apprendre par votre digne neveu une nouvelle preuve d'infamie du jeune pupille de M. Square, l'athée. Je ne m'étonnerai donc d'aucun homicide commis par lui, et je prie ardemment le ciel que votre propre sang ne scelle point sou emprisonnement éternel dans le séjour des pleurs et des grincements de dents.
« Quoique vous deviez avoir des motifs suffisants de repentir pour les trop nombreuses et inexcusables faiblesses que vous avez montrées dans votre conduite envers ce misérable, et qui ont tourné si fort au préjudice de votre