‹ Tom Jones, ou, L'enfant trouvéChapitre 87 sur 140 · LIVRE xvm · texte numérisé non relu

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famille légitime et de votre réputation ; quoique je puisse raisonnablement supposer que votre conscience en est suffisamment tourmentée à l'heure ofi je vous écris , je croirais cependant manquer à mon devoir, si je négligeais de vous donner quelques avis qui pourront servir à vous éclairer sur vos erreurs. Je vous prie donc sérieAsement de réfléchir sur le jugement que va probablement subir cet infâme scélérat, et puisse-t-il vous servir au moins d'avertissement pour ne pas mépriser à l'avenir les avis d'un homme qui ne se lasse jamais de prier le ciel pour votre prospérité.

«« Si vous n'aviez arrêté ma main, j'aurais chassé une grande partie de cet esprit diabolique du corps d'un enfant dont j'avais découvert que le diable avait pris entièrement possession dès sa plus tendre enfance. Mais ces sortes de réflexions viennent aujourd'hui trop tard.

« Je suis fâché que vous ayez donné si promptement la cure de Western; je vous l'aurais demandée plus tôt, si j'avais pu prévoir que vous ne m'eussiez pas consulté avant

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d'en disposer. Votre objection contre la pluralité des bénéfices est par trop rigoureuse : s'il y avait le moindre crime à cela, tant d'hommes d'une piété exemplaire ne se la permettraient pas. Si le vicaire d'Aldergrove venait à mourir, car l'on m'a mandé qu'il déclinait de jour en jour, j'espère que vous penserez à moi, puisque je suis sûr que vous devez être convaincu de mes vœux les plus sincères pour votre plus grand bonheur; bonheur devant lequel toutes les considérations mondaines sont aussi faibles que le paiement des petites dîmes dont il est parlé dans l'Écriture sainte comparé à l'observation des préceptes importants ordonnés par la loi divine.

Je suis, monsieur,

votre fidèle et humble serviteur,

Roger Thwackum.»

C'était la première fois que Thwackum écrivait à Allworthy dans ce style impératif, et il eut dans la suite des raisons suffisantes de s'en

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repentir, comme ceux qui prennent un excès de bouté pour un excès de faiblesse. La vérité est qu'Allworthy n'avait jamais aimé cet homme : il le connaissait pour être plein d'orgueil et d'un mauvais naturel ; il savait aussi que sa religion avait une teinte de son caractère, au point qu'à beaucoup d'égards il la désapprouvait entièrement. Mais cet homme était d'un autre côté un excellent maître, et infatigable dans les leçons qu'il donnait à ses deux élèves : ajoutez à cela Textreme sévérité de ses mœurs, une honnêteté irréprochable et la plus grande dévotion. Enfin , quoique AUworthy ne l'estimât ni ne l'aimât, il n'avait pu prendre sur lui de renvoyer un précepteur qui, autant par son savoir que par son talent à enseigner, était extrêmement propre à remplir cette fonction. Il espérait, d'ailleurs, que les deux enfants étant élevés dans sa maison et sous ses yeux , il serait à portée de corriger ce qu'il pourrait y avoir de mauvais dans les instructions de Thwackum.

TOM. JOyES,

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