TT]F.S DF. TTKKRL DF BKFZÉ ET DE JEANNE- DU BEC CRF.SPIN SA FEMME
DE PIERRE DE BRÉZË
Jacques de Brézé n’avait pas attendu si longtemps pour payer un premier tribut à la mémoire de son père, en fondant pour lui, dans la Cathédrale, un service solennel qui devait être célébré le 16 juillet ‘, jour commémoratif de la bataille de Montlhéry, dans laquelle Pierre de Brézé avait perdu la vie. Mais, soit qu’il n’eût point assuré une somme assez considérable, soit que le chapitre en eût dénaturé l’emploi, toujours est-il certain qu’en 1547 on ne trouvait plus personne, parmi le nombreux clergé de la Cathédrale, qui voulût dire les messes de Pierre de Brézé, attendu qu’elles n’étaient payées que vingt deniers. Le chapitre se vit forcé d’en porter le prix à deux sous. Il n’avait pas osé, sans doute, pousser les choses à l’extrême et supprimer complètement l’obit, en présence des lettres du pape parvenues « à Rouen, le 20 août 1472, pour la fondation de l’obit pour le salut des âmes de mess6 Pierre de Brézé, de Jeanne Crespin, de Jacques de Brézé, » qui étaient déposées dans les archives du chapitre (reg. capit.). Précédemment le chapitre avait fait mieux pour la mémoire de Pierre de Brézé, en ordonnant qu’on replaçât, à l’entrée de la chapelle de la Vierge, in altum erecta, sa cotte d’armes qui en avait été enlevée, sans qu’on dise à quelle époque et par quel motif 3 .
Beaucoup plus tard, ainsi que nous l’apprend le même manuscrit, qui m’a fourni l’inscription du tombeau de l’archevêque Maurice, ils firent mettre l’épitaphe suivante sur le mausolée de Pierre de Brézé :
HIC JACENT
D. PETRUS DE BREZE DOM* DE LAVARENNE DE BRISSAC COMES DE MAULEVRIER MAGNUS NORMANNIÆ SENESCALLUS OCCISUS IN PUGNA MONTIS LETIIERICI ANNO M* CGCG* LXV*
ET EJUS UXOR JOHANNA DU BEC CRESPIN FILIA GUILLELMI DU BEC CRESPIN DOM- DE MAUNY D’ANGERVILLE.
« Ici gisent messire Pierre de Brézé, seigneur de Lavarenne, de Brissac, comte de Maulévrier, grand sénéchal de Normandie, tué à la bataille de Montlhéry, Fan 1465, et son épouse, Jeanne du Bec-Crespin, fille de Guillaume sire du Bec-Crespin, de Mauny, d’Angerville. »
1 Ce service continua à être célébré jusque dans le dernier siècle. Les obituaires de la Cathédrale en font foi. * Registres capitulaires, année 14G7.
TOMBEAU DE PIERRE DE BREZÉ
Cette épitaphe, qui était placée, dit le manuscrit, au-dessus de l’ancien tombeau de Brézé, a disparu. Elle devait être placée dans la muraille \ Faisons des vœux pour qu’elle y soit rétablie’, et pour qu’un ciseau habile et consciencieux rende à ce charmant mausolée, d’après les indications de notre dessin, les statues de Pierre de Brézé et de sa compagne3.
• Telle était bien la place qu’elle devait occuper, d’après Vauquelin de La Presnaye, dans la partie de son Art poetiqve, où il traite des Epitaphes.
L’Epicede se chante auanl que l’on enterre Le corps du trespassé. Quand la voûte l’enserre,
L’Epitaphe se met sur le Tombeau graué, üu bien dans vn Tableau dignement eleué.
Quand en vers l’Epitaphe on fait en Epigramme,
Mis contre une coulonne en cuyure en quelque lame,
Geluy pour le meilleur on doit tousiours tenir,
Qu'on peut mesme en courant et lire et retenir.