OBIIT XXX DECEMB. MDCCCLXVIII
« Révérendissime archevêque Louis-Marie-Edmond Blanquart de Bailleul.
Il mourut le 30 décembre 1868. »
lieux années ne devaient pas s’écouler, avant qu'un nouvel hommage, visible à tous les yeux, ne fut rendu à ce digne prélat1 * 3 * 5 .
Près et au-dessus de l’endroit où il repose, on vient de placer 3, dans la première travée de l’arcade, touchant, à droite, à celle du tombeau de Georges d’Amboise, contre la muraille, une pierre sépulcrale, dans le style ogival de la chapelle choisie par Mgr Blanquart de Bailleul pour recevoir sa sépulture, portant ses insignes et ses armoiries, et surmontée de deux anges armés d’encensoirs, le tout délicatement sculpté en relief.
L’inscription tumulaire est ainsi conçue :
IIIC IN CRYPTA JACET BEATAM RESVRRECTIONEM EXSPECTANS
1 « Ce n’est pas sans une grande surprise, dit M. l’abbé Cochet, que nous avons remarqué sur ce sarcophage moderne
une boîte circulaire pour la tète, telle qu’on le pratiquait au xvie et au xvn® siècle. Nous avons vu dans ce fait une per¬
manence des traditions archéologiques plus grande à Rouen que partout ailleurs. » Bulletin de la C ommission des Antiq.
de la Seine-Inférieure, t. T, 18G7-I809, p. 428. Le dessin s’y trouve également. — F. B.
5 Les funérailles furent célébrées le mardi 12 janvier 1869 dans la Cathédrale de Rouen. — F. B.
5 Au commencement de l’année 1871, où M. Deville écrivait ce passage. — F. B.
ET INSCRIPTIONS DIVERSES
ILLVS. ET REVEREND. IN XPO PATER D. D.
LVDOVICVS MARIA EDMVNDVS
BLANQVART de BAILLEVL
EPISCOP : VERSALIEN ! CONSECRATVS XXVII JANVARII MDCCCXXXIII PROMOT VS AD SEDEM METROPOLIT.
ROTHOMAGENSEM III MARTII MDCCCXLIV QVAM VIRIBUS EX MORBO FRACTIS ABDICAVIT
XI JANVARII MDCCCLVIII.
CLARVS VIRTVTIBVS, ZELO DOMVS DEI SVCCENSVS, SV AVIS ET BENÏGNVS OMNIBVS,
PASTORALI VIGILANTIA ET PATIENTIA IN DOLORIBVS INVICTA CONSPICVVS
SANCTE OBIIT VERSALIIS XXX DECEMB ! MDCCCLXVIII ÆTATIS SVÆ LXXIV CVJVS ANIMÆ PROPITIETVR BEVS ‘ .
« Ici gît dans la crypte, attendant la bienheureuse résurrection, l’illustrissime et révérendissime père en Dieu notre Seigneur, monseigneur Louis-Marie-Edmond Blanquart de Bailleul, consacré évêque de Versailles, le 27 janvier 1833, promu au siège archiépiscopal de Rouen, le 3 mars 1844, qu’il abdiqua, ses forces éteintes par la maladie, le 11 janvier 1858.
1 On lit dans les Procès-verbaux de la Commission des Antiquités, séance du 23 février 1871 : « A propos d’épigraphie, M. l’abbé Cochet croit devoir faire remarquer que l’inscription de la pierre commémorative récemment élevée, dans la chapelle de la Sainte-Vierge de la Cathédrale, à la mémoire de Mgr Blanquart de Bailleul, présente cette singulière anomalie que les caractères employés sont modernes et l’orthographe des mots ancienne. Il faudrait, selon lui, être conséquent, et ne pas se servir d’une orthographe vieillie, quand on emploie le style et les lettres du xix' siècle. Il signale particulièrement remploi des V pour des U, qui ne lui paraît pas justifié dans le cas présent. » Bulletin de 1870-1872, t, II, p. 130. F. B.
TOMBES
« Brillant par ses vertus, enflammé du zèle de la maison de Dieu, doux et bienveillant pour tous, remarquable par sa vigilance pastorale et par son invincible patience dans les douleurs, il mourut saintement, à Versailles, le 30 décembre 18G3, à l’âge de soixantequatorze ans. Que Dieu soit propice à son âme. »
La pierre sépulcrale, que nous venons de décrire, a été exécutée sur le dessin de M. Barthélemy, qui en a confié la sculpture à M. Bonet, de Rouen. Voici le relevé de la dépense :
Pierre de liais de Senlis . : 330 fr.
Main-d’œuvre pour la taille . 380
Sculptures et inscriptions . 1,885
Pose et raccords . 185
2,780 fr.
Honoraires 5 0/0 . 139
Total . 2,919 fr.
Louis-Marie-Edmond Blanquart de Baillcul, archevêque de Rouen et primat de Normandie, assistant pontifical, chanoine de premier ordre de Saint-Denis, commandeur de l’ordre de la Légion-d’Honneur, naquit à Calais, le 1er janvier 1795 *.
Destiné à la magistrature par les traditions et par le vœu de sa famille, il ne tarda pas à quitter la carrière du barreau pour embrasser la carrière ecclésiastique : il devait en atteindre les sommités.
Attaché à la paroisse de Saint-Thomas-d’ Aquin de Paris, puis, comme vicaire général, à l’évêché de Versailles, il était nommé, en 1830% évêque de Beauvais; en 1832, le 10 septembre, â l'évêché de Versailles, où. il fut sacré le 27 janvier 1833. Onze années après, en 1844, il succédait, comme archevêque de Rouen, au cardinal prinee de Croy, auquel il dressait un mausolée (voir ci-dessus, p. 107), dans la chapelle de la Vierge, où il devait reposer lui-même à son tour. Après avoir rempli ces hautes fonctions durant treize années avec un zèle, une assiduité, une piété qui n’eurent d’égales que sa modestie, se sentant affaibli par les infirmités, craignant de ne pouvoir plus être à la hauteur de son saint mandat, il résigna ses fonctions d’archevêque de Rouen, en 1858. Nommé au canonicat de
1 M. Thieury, dans son Armorial des Archevêques de Rouen, donne la date du « 22 fructidor an III » (8 septembre 1 795) ; date répétée par M. Mainières dans une biographie de ce prélat. Voir la Revue de la Normandie, 1869. p. 9. C’est la vraie date. — F. B.
* Le 5 juillet. — F. IL
Saint-Denis, sans qu’il eût sollicité celte faveur, il mourut, à Versailles, le 30 décembre 1868. On peut dire de lui : Flebilis occidit.
Ses dernières volontés achèveront de le faire connaître. Il léguait, par testament, 6,000 francs à la fabrique de la métropole de Rouen, à la charge de quatre messes basses par an à perpétuité; 25,000 fr. au grand séminaire de la même ville, à la charge de célébrer une messe par mois à perpétuité pour le repos de son âme. Le reste de sa fortune était distribué au clergé de Versailles et à celui de sa ville natale.
La pierre tumulaire qui avoisine et longe celle du cardinal Cambacérès, laquelle s’étend près du mausolée des cardinaux d’Amboise, pierre qui n’a de remarquable, comme ornementation, que ses quelques incrustations en cuivre, têtes de mort et armoiries alternées, est commune à cinq membres d’une même famille, oncles et neveux, tous anciens dignitaires de la Cathédrale, MM. Nagerel et Lepigny, décédés : le premier d’entre eux, Robert Nagerel, en 1553; le dernier, Rernard Lepigny II, à cent cinquante-deux années de là, en 1705.
Cette pierre tombale n’a pas moins de 2m,94 de long sur lm,55 de large. Elle était couverte d’une quintuple inscription funéraire consacrée aux cinq membres de la famille. Cette inscription a été malheureusement effacée en partie. En voici la teneur, dans son état actuel :