CAROLI V
FRANCORVM REGIS SAPIENTISSIMI ANTEA DVCIS NORMANNIÆ QVI ECCLESIAM HANC METROPOLITANAM VT PRÆ CÆTERIS VIVVS AMAVERAT ITA MORIENS MELIORIS PARTIS SVI HAEREDEM FECIT.
DEPOSITVM
ANNO REPARATÆ SALVTIS MCCCLXXX.
RECOGNITVM AC DENVO RECONDITVM ANNO MDCCCLXII * .
' Cette inscription, dont la fin avait été mal transcrite, diffère de celle qui avait été primitivement proposée. — Voir la Notice de M. l’abbé Cochet sur la Découverte du cœur de Charles cinq, p. 22. — On y trouvera quelques détails historiques qui ne figurent point ici. — F. B.
TOMBES
« Ci-dessous est renfermé le cœur de Charles V le très sage roi des Français ci-devant duc de Normandie qui vivant avait tellement aimé par dessus toutes cette église métropolitaine, qu’en mourant 1 2 il lui légua la plus noble partie de lui-même. Déposé l’an de notre salut 1380. Retrouvé et de nouveau renfermé l’an 1862. »
Le corps du roi Charles Y avait été conduit, le 4 octobre 1380, à Saint-Denis. Là, dans la chapelle qui portait son nom, se voyait son mausolée, sur lequel on avait gravé cette épitaphe :
(Ci qist te rou Clpulcs quint saqe et éloquent fils fou roi) J/eljuu qui reqnn xvi ans v mois et vu jours et trespussa l'an foc qrace m.ccc.lxxx le xvi9 jour foe septembre.
Charles V était représenté, sur son mausolée de Saint-Denis, couché à côté de Jeanne de Bourbon, sa femme. A ses pieds et auprès de lui gisaient Bertrand Duguesclin, Barbazan et Bureau de La Rivière, qui tous l’avaient si bien servi vivant, digne cortège de ce bon et grand roi, ses fidèles compagnons à la vie et à la mort. Ils le furent, en effet, et au-delà.
Le corps de Charles V à Saint-Denis, moins heureux que son cœur à Rouen, était arraché, le i5 octobre 1793, de son cercueil, par des mains révolutionnaires et jeté dans la fosse remplie de chaux, où devaient s’engloutir les restes de tant de rois. Ceux de ses fidèles compagnons, Bertrand Duguesclin, Barbazan, Bureau de la Rivière, y furent lancés à leur tour. Le corps de la femme de Charles Y, Jeanne de Bourbon, partagea le même sort.
ün avait trouvé, dans le cercueil de Charles V, une couronne en vermeil, une main de justice en argent et un sceptre en vermeil de cinq pieds de long, surmonté d’une fleur épanouie 3 .
1 Charles V avait légué son cœur à la Cathédrale de Rouen longtemps avant de mourir : le rédacteur de l’inscription aurait dû s’en souvenir, au lieu de faire son antithèse de vivus et de moriens, aux dépens de la vérité historique.
Le sens des mots »/ et ita de l’inscription serait mieux rendu par une comparaison : De môme .que . ainsi
il, etc. — F. B.
2 Alexandre. Lenoir. : Exhumations de S' Denis.
ET INSCRIPTIONS DIVERSES
BRAS DE LA CROIX, Oü TRANSEPTS'.
[Le transept du nord est beaucoup plus riche en pierres tumulaires que celui du midi ; après la chapelle de la Vierge, c’est dans cette partie de l’église qu’on en remarque la plus grande quantité. Malheureusement, presque aucunes n’indiquent la véritable place des sépultures auxquelles elles furent consacrées, tout le transept ayant été dépavé, lors de l’incendie de la flèche, en 1822, après l’avoir été déjà probablement une ou deux premières fois. Ces tombes, d’après l’examen que j’en ai pu faire, ne rappellent, dans tous les cas, aucun souvenir historique, ne se rattachent à aucun fait intéressant. Beaucoup d’entre elles, d’ailleurs, ont été coupées ou mutilées, et sont incomplètes. Je me contenterai donc d’en signaler deux ou trois parmi les mieux conservées.
La première, qui porte cinq pieds dix pouces de long sur deux pieds quatre pouces de large, est placée dans l’alignement des sous-ailes de la nef et du chœur. On y voit représenté un personnage revêtu de l’habit ecclésiastique, mais qu’on prendrait, au premier coup-d’œil, pour un vêtement féminin, si l’inscription suivante, tracée autour de la pierre, ne levait tous les cloutes à cet égard :
(Ëg gbt Rentable etbiscrette perscote messire (ÊmiUaum* jTeuuam preetrr en soit muant djnppeUnin ï>e la rljapclle £r«int Biaise fanbée en reste enlise lequel trespassa Lan ntil cccc lxx vu le xxvne jour t>e septembre pries Bien pour lui3.