‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 63 sur 99 · HOC PONT1F . NORMANNI GUILLEL. DUCE ANGLIA POTITI SUNT ANNO. MLXVI · texte numérisé non relu

HOC PONT1F . NORMANNI GUILLEL. DUCE ANGLIA POTITI SUNT ANNO. MLXVI

En voici la traduction :

« Au milieu de la nef, dans la direction de cette colonne, gît Maurile de bienheureuse mémoire, archevêque de Rouen, en l’an 1055. Il acheva cette basilique et en fit la consécration l’an 1083. Il étouffa, dans un concile provincial, les erreurs naissantes de Bérenger. Il mourut plein de mérites en 1067. Sous son pontificat, les Normands, conduits par le duc Guillaume, s’emparèrent de l’Angleterre, en l’an 1066. »

Au mois d’avril 1480, le maître maçon, chargé de construire le tombeau destiné au cardinal d’Estouteville, à la place qui avait été accordée par le chapitre, dite la tumbe Saint Mauril, demanda et obtint la permission de procéder à son travail. Le 11 avril, on constatait ce qui suit sur le registre capitulaire :

« Lorsque, en vertu de la permission concédée (le 13 juin 1470) et dernièrement accordée

TOMBES

de nouveau pour l'érection de la sépulture de révérendissime seigneur (domini) l£ cardinal archevêque de Rouen, à l’endroit vulgairement appelé la tumbe Saint Mauril, le jour d’hier (10 avril), après midi, les ouvriers requis pour enlever les pierres de ladite tombe et de l’ancien pavage, après avoir arraché les pierres, en creusant le sol, trouvèrent un sépulcre en pierre clos et couvert. Après qu’il eut été ouvert, en présence de plusieurs de messieurs, qui avaient été avertis, on découvrit dans ledit sépulcre plusieurs ossements avec un morceau d’une croix de bois et quelques fragments d’une chasuble qui dénotaient que le corps d’un archevêque avait été enseveli la. C’est pourquoi la sépulture ayant été refermée, l’ouvrage fut interrompu, pour ne pas être repris, jusqu’à ce que le chapitre en ordonnât. Celui-ci consulté, jugeant que l’ouverture de ce sépulcre et rien de ce qu’on y avait découvert et vu, n’était de nature à faire retirer la concession accordée, a décidé, à une grande majorité, que le travail commencé pouvait être achevé ; mais attendu que celte place est vulgairement appelée la tombe Saint Moril, ce qui encore aujourd’hui est cru pieusement, pour que la renommée et la mémoire n’en périssent pas, vu que celui-ci, de son vivant, bien que n’étant point chanoine, fut d’une très sainte vie, et a fait de grands dons à celle église, disons qu’il soit placé quelque signe, signum, soit épitaphe, soit tombeau, qui puisse conserver, à perpétuité, sa mémoire et son inhumation, et que, nonobstant, il soit donné connaissance, par le prochain envoyé, à monsr l’archevêque, des choses dont l’ouverture des dits lieu et sépulture a amené la découverte \ »

Dans l’origine, la tombe de Maurile s’élevait de trois pieds au-dessus de terre. L’inscription moderne, que nous avons relatée ci-dessus (p. 165) avait été substituée à celle-ci, qui avait été composée par un certain Richard, fils d’Herluin*, chanoine de Rouen; elle était gravée sur une lame de cuivre :

HUMA XI CIVES LACRYMAM NOLITE NEGARE VESTRO PONTIFICI MAURILIO MONACHO.

HUNC REMIS GENUIT, STUDIORUM LEGIA NUTRIX POTAVIT TRIFIDO FONTE PHILOSOPHICO.

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