ROLLON GUILLAUME -LONGUE-ÉPÉE
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énétrons dans la chapelle qui correspond , de l’autre côté , à celle où repose la cendre de Rollon. Nous sommes dans la chapelle de Sainte-Anne : c’est là que sont déposés les restes de Guillaume- Longue-Epée , fils et successeur de Rollon.
Au premier coup-d’œil, il est facile de se convaincre que les tombeaux du fils et du père ont été dressés à la même époque ; la forme, la décoration et les proportions en sont, à peu de chose près, identiques. Nous pourrions donc , à la rigueur, renvoyer à la description que nous avons faite du tombeau de Rollon, pour donner une idée exacte de celui de Guillaume-Longue-Epée. Il se compose, comme le premier, d’un sarcophage en stuc, placé dans une arcade surbaissée et chargé d’une statue couchée. Cette dernière est également en pierre et peinte. Elle a , comme celle de Rollon, im,95 de longueur. Le sarcophage porte Cri», 88 de haut; la niche qui le renferme, 2m,28 de long sur une profondeur de Qm,88 *.
A l’exception de la main gauche, du sceptre et de quelques parties accessoires, qui ont été brisés, la statue est dans un état de conservation assez remarquable. C’est un avantage qu’elle a sur la statue du premier tombeau. Bien qu’évidemment de la même époque que celle-ci, elle est due probablement à un autre ciseau et aune main plus habile. En effet, le style est plus large et plus pur, quoique la roideur du dessin soit à peu près la même
1 Le système métrique a été substitué, ici et ailleurs, par M. Deville, aux anciennes mesures de dimension employées dans les deux éditions précédentes. — F. B.
TOMBEAU
dans les deux figures. Dans l’une comme dans l’autre, la tête du personnage est appuyée sur un carreau que soutiennent de petits anges ; les pieds posent sur un animal couché \ Quant au costume et aux attributs , ils sont absolument semblables. Nous en dirons autant de la coiffure.
J’ai trouvé, dans les actes capitulaires de la Cathédrale, une précieuse indication louchant la peinture dont celte statue a été recouverte. On y lit, sous la date du 12 mai 1 167 :
« Ad faciendum depingi ymaginem Guillelmi de Longue Espée requiescentis in capellà sanctæ Ànnæ domini de capitulo commiserunt magistros de Deserto et ... Huireau unà cum magistris operis et eos auctorizaverunt ad capiendum aliquas peccunias de emendis per subdilos capituli debitis \ »
« Messieurs du chapitre commirent maîtres Guillaume du Desertet.... Huireau, avec les maîtres de l’œuvre pour peindre l’image de Guillaume Longue-Epée, qui repose dans la chapelle Sainte-Anne, elles autorisèrent à prendre quelques sommes sur les amendes dues par ceux qui relèvent du chapitre1 * 3. »
Il paraîtrait que ce ne fut que l’année d’après que cette opération eut lieu, puisque je trouve la note suivante aux mêmes registres capitulaires :
« Mardi 1468. Domini, etc4...., sunt deputati ad faciendum depingi statuam ducis la Longue-Epée, in capella Sanctæ Annæ exponendo in hoc usque ad IX scuta, aut plura si opus est. »
« Mars 1468. Messieurs etc... ont été députés pour faire peindre la statue du duc la Longue-Epée, dans la chapelle de Sainte- Anne, en y consacrant jusqu’à IX écus, et plus s’il est nécessaire. »
Si l’on admettait que la statue fut peinte immédiatement après avoir été mise en place, on ne pourrait, d’après le document que nous venons de rapporter, faire remonter son exécution plus haut qu’à la seconde moitié du xve siècle ; il en serait de même pour celle de Rollon. Mais il resterait alors à se prononcer entre cette indication et le style et le costume des deux figures, qui paraissent leur assigner une époque un peu plus reculée. Quoi qu’il en
1 Le dessin n’est pas tellement déterminé qu’on ne puisse voir ici uri chien ou un mouton, à volonté.
5 La fin du texte donné par notre manuscrit est assez défectueuse. Elle a été rectifiée en recourant à l’original, avec l’aide de M. Ch. de Beaurepaire, archiviste de la Seine-Inférieure. Il en sera de même en plusieurs circonstances semblables, et nous remercions notre savant confrère, une fois pour toutes, de sa constante' obligeance. — F. B.
3 La traduction a aussi été modifiée en conséquence. — F. B.
4 Le texte complet est : >■ XVIII Martii 1408. Yenerabiles Capituli Magistri Matheus Gaudin et P. Perchart, etc. » Archives départementales. — F. B.