TOMBEAU DE L'ARCHEVEQUE GILLES DE S CHAMP S
'INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
1380. Charles Y, rôi de France.
Né à Vincennes, le 21 janvier 1337, mort le IG septembre 1380.
Son corps fut porté à Saint-Denis, son cœur à Rouen, le 24 septembre. (Voir p. 149). Il avait été duc de Normandie, du vivant de son père, auquel il succéda en 1364.
1414. Guillaume Carrel, chanoine.
Il demanda, par son testament, à être inhupié dans la chapelle de la Sainte-Trinité, qu’on nommait aussi, de son temps, la chapelle des Brienchons, soit que les membres de nette famille y fussent d’ordinaire inhumes, ce que nous n’avons pas été à même de constater, soit qu’ils y eussent fait quelque fondation.
Cette chapelle était dans le transept du midi, à l’opposé de la chapelle Saint- Romain1 *.
Guillaume Carrel, en 1387, avait été élu, conjointement avec le chanoine Raoul Fremy, maître des travaux de la Cathédrale ou de la fabrique, mcigister operis sim fabricœ (plumitif du -chapitre).
1414. Gilles Deschamps, cardinal, évêque de:Coutances.
Né à Rouen, nommé chanoine en 1380% confesseur du roi Charles VI, évêque de Coutances, puis cardinal en 1414. 11 mourut au mois de mars de cette même année3.
Il fut inhumé dans la chapelle de la Vierge (à main droite en entrant, après le tombeau de l’archevêque Eudes Rigaud), où il s’était souvent agenouillé comme chanoine. (PI. XXXIÏ).
Les calvinistes, en 1562, brisèrent la statue en marbre blanc de son tombeau ; le chapitre, en 1769, brisa le tombeau lui-même.
Voici quelle était son épitaphe4 :
f Jht l)iu septtUura jacét bonite memoriae, quonbant emiitentisshnae orieniiae ttobiiio ait maijiôta* jSUflibius be Campis, be llotomagc
1 Le ms. ne contient pas celte phrase donnée dans les deux éditions précédentes. — F. B.
1 En 1390, le chapitre lui prêtait un Livre des Conciles, gros volume couvert en 'parchemin.
8 « Il fut créé cardinal en 14 1 1 , et il ne survécut que deux ans à sa promotion, et mourut le 15 m,ars 1413. » Histoire de la Cathédrale, par D. Pommeraye, p. 219. — F. B.
4 Nous avons rétabli la disposition d'après une note manuscrite jointe aux Planches. Le texte est celui de Dom Pommeraye, ibid., p. 60, sauf pour l’orthographe de Gonslantiensis et peur l'addition, du mot mepsis devant marlii. — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
crinnïms, sacrtic tljeototpnf crimius pruftssor, épis ropns Constantiensis, ac sarro^anctae 11 ont aime ecdcoiac presbuicr cntïdmdts Constantiensis nnncnpattts, qui obiit nnno tunnini 1413 ï»ic 15 mcnois innrtii, rpta ï>i c funïuttus est situs obitns et in l;ac ecctesia eetebrntur.
« Dans ce tombeau gît noble homme de bonne mémoire jadis de science éminente, maître Gilles Deschamps, né à Rouen, excellent professeur de la sainte théologie, évêque de Coutances et prêtre de la sainte Eglise romaine, dit le cardinal de Coutances. Il mourut l’an de notre Seigneur 1413 », le 15 de mars, auquel jour fut fondé et se célèbre son obit dans cette église. »
1416. Jean Ros.
Inhumé dans la chapelle Saint-Etienne de la Tour-de-Beurre. Il avait fait don à cette paroisse d’une maison pour l’agrément 3 du curé.
Une lame de cuivre, placée contre la muraille, rappelait, en souvenir du bienfait, et la donation et la messe à notes célébrée, chaque année, pour l’âme du défunt.
1425. Guillaume Pellipart 3, chanoine et chantre.
Il demandait, en 1425, pressentant, sans doute, sa fin, à être inhumé dans la nef, au bout de la tombe de Saint-Maurile, vers la fontaine de Paître de cette église :
« In buto tumbæ Sancti Maurilii versùs fontem atrii hujus ecclesiæ. »
(Registres capitulaires).
On a souvent reproché aux chanoines de dormir la grasse matinée. J'ignore si maître Guillaume Pellipart s’était mis à ce régime. Il aurait pu, toutefois, répondre aux détracteurs que, quant à lui, il lui était permis, lorsqu'il n’avait pas à déployer son talent devant messieurs du chapitre, d’aller dormir tout à son aise. On lit, en effet, dans le registre capitulaire de l’époque, « que, conformément aux anciens statuts, les chanoines,
3 1414. L’année ne commençait qu’à Pâques, qui tombait le 23 mars 1414.
En cette année, Pâques tombait le 8 avril, ce qui ne fait rien ici pour la différence de l’ancien et du nouveau style. — F. B.
2 La deuxième édition porte : « le logement. » P. 234. — F. B.
3 La seconde édition portait, à tort, Pelicart, p. 234. — F. B.
INHUMES DANS LA CATHÉDRALE
deux fois la semaine, les jours fériés, per ferlas, clans lesquels ils ne seront pas tenus de chanter, pourront dormir ou s’occuper de toute autre chose. ' »
1426. Robert de Livet, chanoine.
Décédé à Rouen, le samedi 27 mars 1426. On ignore la place où il fut inhumé ; il n’en reste plus de trace dans l’église cathédrale.
Ce chanoine, investi des pouvoirs de l’archevêque retenu auprès de la personne du Dauphin, Charles VII, joua un rôle important, durant les troubles civils, dans la ville de Rouen. En 1408, il assistait, comme délégué du prélat, aux délibérations du Conseil de ville et dans celles du chapitre. 11 s’efforça d’inspirer à ses confrères ses sentiments de patriotisme. Il y resta fidèle.
A dix ans de là, en 1418, lors du siège de Rouen par les Anglais, exerçant les fonctions de secrétaire général de l’archcvêque, toujours absent, il excitait le zèle et le courage des assiégés, la croix en main, et lançait une excommunication contre le roi des Anglais, Henri Y.
Le siège durait depuis cinq mois. On manquait de tout dans Rouen. Robert de Livet engagea le chapitre, à bout de ressources, à vendre, pour s’en procurer, les lames d’argent de la châsse de la Vierge. On constata qu’elles pesaient 11 marcs 2 onces. Robert de Livet se chargea « de les porter lui-même à la monnoie, » et revint avec 98 livres 8 sous 9 deniers tournois, qui servirent à donner du pain aux chanoines et à compter à chacun d’eux 2 sous 6 deniers pour célébrer matines.
Lors de la reddition de la ville, les Anglais se firent livrer Robert de Livet, qui parvint à se dérober au supplice qui l’attendait. Honneur au digne et brave chanoine !
1428. Guillaume Fabre.
Guillaume Fabre avait fait placer, dans la chapelle des Innocents, une tombe de pierre, « sous laquelle il entend être enseveli. »
« Le chapitre le lui accorde lorsqu’il s’agit . » (le reste , manque). Il s’agit, sans
doute, d’une somme à payer.
1433. Robert Fabre, chanoine.
Le chapitre vendait, cette année-là, à ce bienfaiteur de l’église, le droit de placer, à
s « Guillaume Pelliparius dit Mégissier, eut par échange la Prébende et dignité de Chantre, de son Prédécesseur, et il en prit possession par Procureur le 13 décembre, et en Personne le 22 avril de l'an 1404. » Histoire de la Cathédrale. (Dom Pommeraye, p. 338. — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
ses frais, « dans la chapelle des Innocents, une tombe de pierre, et ce, moyennant cent sous une fois payés. » (Registres capitulaires).
N’y aurait-il pas erreur de noms et confusion entre Guillaume et Robert Fabre? Ne s’agirait-il que d’un seul et même personnage ? Nous ne serions pas éloigné de le penser;
1433. Etienne Dutot, bourgeois de Rouen.
Inhumé dans la chapelle Saint-Etienne, entre les quatre piliers où l'on célébrait le service de Saint-Etienne.
Il avait payé, par avance, pour obtenir cette faveur, 20 livres tournois, savoir 10 à la fabrique, et 10 au chapitre. Le procureur de la fabrique et les maçons demandent, en outre, pour lever et replacer le pavé sur la sépulture, cent sous.
1 405. Jean duc de Betford, fils de Henri IV et frère de Henri V, rois d’Angleterre.
Mort à Rouen le 14 septembre 1435, inhumé dans le sanctuaire de la Cathédrale. (Voir p . 139).
1436. Jean Gibout et sa Femme.
En 1436, ils demandaient de faire placer pour eux, dans la chapelle Saint-Léonard, ou une tombe, ou une épitaphe, s’engageant à faire mettre, dans la chapelle, une très belle image, notabilem imaginem, de saint Léonard, et donnant immédiatement 20 salus d’or. Cette demande était trop bien accompagnée pour ne pas être accueillie. On ignore l’époque où elle reçut son exécution.
1436. Guillaume de Baudribosc, prêtre, chanoine.
On sait qu’il fut inhumé dans la Cathédrale ; mais on ignore à quel endroit de l’église, il avait fait don au chapitre de plusieurs livres manuscrits.
1437. Jean de Laroche-T aillée, archevêque de Rouen le 22 octobre 1423 * .
Nommé cardinal en 1425, au mois de juin de celte dernière année, il obtenait du chapitre la faculté d’être inhumé dans le chœur de l’église, entre le tombeau de Charles V et le grand candélabre, mais à la condition que sa sépulture ne dépasserait point le pave
' « Son élection se fit le 3 de Février de l’année 1423, et fut reçu solennellement en personne dans son Eglise, te
22 octobre de la même année 1423. » Farin, Histoire cle Roven (1731), IIIe partie, p. 168. — F. B.
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du chœur, inter candelabrum magnum ipsius chori quod est ante majus altare et sepulturam regis Karoli quinti, sine tamen sepulchri elevatione.
Jean de Larochc-Taillée ne profita pas de la faveur qui lui avait été accordée. A onze années de là, il mourut à Bologne, en Italie, où il s’était retiré. Il reçut la sépulture dans l’église cathédrale de cette ville, le 23 mars 1437. Plus tard, on lui consacra cette inscription, qui fut gravée sur un marbre blanc et qu’on y lit encore aujourd’hui :
JOHANNI DE RVPE SCISSA GALLO CARDINALI ROTOMAGENSI S. R. E. VICE CANCELLARIO BONONIÆ LEG,