VII. KAL. APR1LIS CIO. CCCC. XXXVII EX HYMAN1S REBVS EREPTO
1437. Jean3 Lefèvre, chanoine.
Sépulture incertaine.
Maître Nicolas Galopin, qualifié d’orateur, ayant composé une épitaphe à la louange du défunt, fut autorisé à la faire inscrire sur la tombe. (Registres capitulaires).
Jean Lefèvre faisait partie des chanoines qui, le 20 octobre 1430, reçurent solennellement le duc de Betford à la Cathédrale de Rouen, où on lui décerna les insignes de chanoine 3 . Voyez-vous le duc de Betford et Jean Lefèvre confrères !
Maître Galopin n’aura pas manqué d’en couler un mot dans l’épitaphe de ce dernier, et le chapitre lui en aura su gré.
1438. Douville, dame de....
Nous avons relevé, sur le registre capitulaire, l’indication suivante :
« 23 Juillet 1438. Défuncte dame de Douville a légué 5 patenotre d’or et un petit fermaillet d’or dans lequel est enchâssée une image de la Vierge pour placer à la châsse de la Vierge. »
' On doit le texte de cette inscription à Mgr Barbier deMontault, camérier du Pape, qui l’avait envoyée à M. l’abbé Cochet. — Bulletin de la Commission des Antiquités, t. II, 1870-1872, p. 166. Les abréviations sont : Sanctæ romands ecclesiæ.— Legato, — Kalendas. — F. B.
! Dans le texte latin on lit G. F abri; ce serait donc plutôt Guillaume. — F. B.
8 « Donation de l'habit de chanoine au seigneur duc de Betford dans l’Eglise de Rouen avec distribution du pain et du vin. »
(Registre capitulaire.)
C’est la traduction du texte latin, relatant toute la cérémonie, que M. C. de Beaurepaire a publiée en entier dans ses Fondations pieuses du duc de Bedford à Rouen, pages 21-24. — F. B.
LISTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
La dame de Douville tenait évidemment à l’image de la Vierge, qui avait été adoptée comme type armorial sur le cachet de la famille. Nous avons relevé le dessin de ce cachet, de grandeur naturelle, lequel ne donne pas une haute idée du talent de l’artiste dont la dame de Douville, ou l’un des siens, avait fait choix.
La dame de Douville, par le legs fait à la Cathédrale, avait-elle espéré obtenir la faveur d’y être inhumée, et surtout, sans doute, dans la chapelle de la Vierge ? Le registre capitulaire est muet à cet égard; il se contente de mentionner la donation, et rien de plus.
1438. Philippe 1 Audouet, sire de Coürciian, mort à Rouen, le 21 octobre 1438.
11 fut inhumé, à cette date, dans la chapelle du Saint-Esprit, au côté droit, proche l’autel (transept du midi).
1440. Denis Gastinel, chanoine.
Dans le transept du nord. (Voirp. 156).
1442. Gautier de Boüquelout.
Permission de l’inhumer dans l’église cathédrale, en la nef, devant la chapelle Saint- Nicolas (P avant-dernière, à main gauche, près du chœur).
1446. Guillaume Lefevre, chanoine.
Inhumé dans la chapelle des Innocents de la basse-nef méridionale. Il avait été curé de Saint-Denis de Rouen.
1449. Pierre Cochon, chanoine, notaire apostolique à Rouen.
On lit au registre capitulaire, à la date du 28 avril 1449 :
« Messieurs (domini) en conseil de chapitre accordèrent à maître Jacques Cochon (chanoine, curé de Grainville-la-Teinturière) qu’il pût faire apposer sur le mur de l’église, à l’extérieur, une épitaphe proche des lieux ou furent inhumés son père et sa mère et maître Pierre Cochon, son frère, dans la paroisse Saint-Etienne. « Domini capitulantes concesserunt domino Jacobo Cochon quod posset apponi facere in muro ecclesiæ extra unum epitaphium 2 prope loca in quibus fuerunt inhumati pater et mater et dominus Petrus Cochon, frater ipsius in parrochiâ Sancti Stephani. »
' Les deux éditions précédentes portaient Philibert. — F. B. s Le texte donnait, par mégarde, nous le pensons, epilaphiam. — F. B.
INHUMÉS DANS LA CATHÉDRALE
Pour se rendre compte de la position, il est nécessaire d’entrer dans quelques détails. La chapelle actuelle de Saint-Etienne, dite Saint-Etienne-la-Grande-Eglise, au rez-dechaussée de la Tour-de-Beurre, à l’angle sud-ouest du grand portail de la Cathédrale de Rouen, qui fut bénite en 1496, avait remplacé, au même lieu, la chapelle primitive, siège de la paroisse Saint-Etienne.
Contre le mur de la chapelle, côté sud, et en longeant, dans la même direction, le mur de la nef de la Cathédrale, était le cimetière de la paroisse '. C’est là qu’avaient été inhumés Pierre Cochon, son père et sa mère, Jean et Jeanne, et qu’on avait placé, sur la muraille extérieure de la nef, l’inscription mentionnée ci-dessus, laquelle on y chercherait en vain aujourd’hui1 * 3 .
Pierre Cochon, qu’il ne faudrait pas confondre avec son homonyme Pierre Cauchon, l’ évêque de Beauvais, qui, après avoir acheté la Pucelle, la conduisit à Rouen 3 et la livra aux Anglais, était né en Normandie, à Fontaine-le-Dun, près Dieppe, dont il obtint la cure, vers la fin de sa carrière. Les honneurs et les titres, sans parler de sa qualité de chanoine, ne lui firent pas défaut. En voici la nomenclature, telle qu’il l’apposait, comme signataire, sur le testament du duc de Betford, en 1435 : « Et ego Petrus Cochon, presbyter, Rothomagensis diocæsis publicus, apostolica et imperiali auctoritatibus, curiæque archiepiscopalis juratus notarius. » — « Et moi Pierre Cochon, prêtre, notaire public du diocèse de Rouen, par autorité apostolique et impériale, et notaire juré de la cour archiépiscopale 4. »
Pierre Cochon avait occupé ses loisirs à composer une Chronique, imprimée de nos jours, sous le titre de Chronique normande 5 , s’étendant du xne siècle à l’année 1433 inclusivement. Chose remarquable, il y passe complètement sous silence les événements des années 1430-1431, qui avaient eu, sous ses yeux, un immense retentissement : la
1 On lit dans le registre capitulaire, à la date du 7 décembre 1674, au sujet de ce cimetière : « que le chapitre accorde l’autorisation de faire le cimetière de la paroisse de S' Etienne à la place de la Calende, à la charge de la faire clore, à cet effet, de petits murs de pierre. . sans y pouvoir faire aucune boutique et à la charge de faire paver le long du mur. »
5 M. Ch. de Beaurepaire, parlant d’un cimetière placé dans l’aître Saint-Etienne, distinct de l’aître de Notre-Dame, a donné, en note, l’épitaphe des parents de Pierre Cochon r« Cy-devant gisent Jean Cochon et Jeanne, sa femme, natifs de Fontaine en Caux qui furent en mariage pendant l’espace de cinquante -trois ans et plus. I.a dicte trespassa la veille de Saint-André de l’an 1444, et le dit Jean trespassa le 28 d’avril 1452 après Pasques. Priés Dieu pour l’âme d’iceulx. » Noies sur Ve Parvis de la Cathédrale , p. 16 de l'Extrait. La même note se termine par le texte latin cité plus haut. — F. B.
3 C’est bien assez que d’avoir présidé à son jugement. — F. B.
* Nous avons rétabli le texte latin, d’après celui de l’Introduction de M. de Beaurepaire, dans son édition de la Chronique normande de Pierre Cochon, p. vi, et modifié, en un endroit, la traduction de M. Deville. — F. B.
5 Deux fois. — En 1859, M. Vallet de Viriville en a donné quelques fragments, et, en 1870, M. C. de Beaurepaire l’a publiée en entier, pour la Société de l’Histoire de Normandie. — F. B.
LrSTE DES PRINCIPAUX PERSONNAGES
captivité de Jeanne d’Arc, son arrivée à Rouen, les fers aux mains, son incarcération dans le château de cette ville, son jugement, son supplice. Comment expliquer le mutisme de celui qui avait dit d’elle qu’elle était l’envoyée de Dieu* ? Le chroniqueur, n’osant pas se hasarder à raconter cette horrible tragédie, à la face des bourreaux de la Pucelle, maîtres encore de Rouen à l’époque où il écrivait’, aurait-il préféré se taire, silence prudent et digne à la fois ?
On ignore la date de la naissance de Pierre Cochon; on sait qu’il mourut en 1449, le 22 février1 * 3. Son frère Jacques, qui lui survécut et ne mourut qu’en 1473, plus heureux que lui, put assister à la révision du procès de Jeanne d’Arc et à sa réhabilitation, qui eut lieu, en 1455, à Rouen4.
1452. Raoul Roussel, 76e archevêque, élu en 1444.
Né à Yernon, mort à Rouen, le 31 décembre 1452. Inhumé dans la chapelle de la Vierge, au côté gauche, le second en entrant, après celui de Guillaume de Flavacourt. Cette place avait été accordée par le chapitre aux exécuteurs testamentaires, le 1er janvier 1452.
Moins d’une année leur suffit pour l’érection du riche et élégant mausolée consacré au digne archevêque; mausolée qui devait disparaître, hélas ! comme tant d’autres. Au mois de novembre, ils étaient en mesure d’y placer cette inscription tumulaire. (PI. XXXIII):*
$ic jacet Ixntac incmoriae et cmiueutis scientiac «il* bamiuus 'ilabulfus Hausse! ut jusque juris bartar quonbam rcuc rcuïdssimus ljujus ec etesiae autistes qui abiit anus ÎDomini
1 Chronique normande, p. 299, édit, de M. C. de Beaurepaire.
8 Les Anglais s'étaient emparés de Rouen en 1419. Ils n’en furent expulsés qu’à trente années de là, en 1449.
3 M. Deville avait mis ici une note, assez inexactement empruntée à M. de Beaurepaire. Nous la rétablissons en entier, d’après l’éditeur de la Chronique de Pierre Cochon. « Dans VObiluaire de la chapelle Saint-Marc, le titre de chapelain est donné à Pierre Cochon, f° 7. » Februarius 22. Cathedra S, Pelri. Obüus Domini Pelri Cochon, presbyleri, capellani confralrie in quo celebrabunlur 1res misse , una solemnis de fesle, alia lassa de Reala Maria, alia de Requiem . Introduction, p. vin. — F. B.
4 Le 7 nov. 1455 est la date du Procès de réhabilitation, et la réhabilitation elle-même est du 7 juillet 1456. — F. B.