‹ Tombeaux de la cathédrale de RouenChapitre 94 sur 99 · ADDITIONS ET CORRECTIONS · texte numérisé non relu

ADDITIONS ET CORRECTIONS

(Se rapporte à la page 13).

La confrérie religieuse de Saint-Romain, qui s’y réunissait, s’y trouvant trop à L’étroit, obtint du chapitre de la Cathédrale, en 1516, une autre chapelle située dans le transept du sud, laquelle prit le nom de Grand-Saint-Romain. La confrérie, qui s’était chargée de sa décoration, fit placer, dans cette dernière chapelle, de magnifiques vitraux, qu’on y voit encore et qui portent la date de 1521.

« Le tombeau de Rollon, dit un des historiographes de la Cathédrale, Gilbert, est placé dans un renfoncement pratiqué dans le mur de la chapelle, au couchant. Il consiste dans un sarcophage de stuc marbre portor, sur lequel est la statue couchée de ce prince. Au-dessus de l’arcade dans laquelle est le tombeau, on lit l’inscription suivante gravée en lettres d’or sur une tablette de marbre noir :

HIC POSITVS EST

rollo, etc. (voir p. 14).

Au-dessus de l’inscription se voit une urne en stuc marbre portor. L’archivolte de l’arcade est en stuc blanc veiné de gris, ainsi que le lambris qui décore le pourtour de la chapelle i. »

(Se rapporte à la page 32).

L’usage de partager ainsi les restes des morts et de les faire inhumer en différents lieux ne paraît pas remonter, pour nos princes normands, au delà de Henri I, décédé en 1135. Voici les détails extrêmement curieux que nous a conservés, au sujet des obsèques de ce prince, un chroniqueur anglais :

« Corpus allatum est Rotomagum, et ibi viscera ejus et cerebrum et oculi consepulta sunt. Reli-

' Comme pour les notes du texte, les Appendices et Pièces justificatives tirés du manuscrit de M. Deville ne seront pas signés. Les autres seront suivis des lettres F. B.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

« quum autem corpus cultellis circumquaque d^secatum et nmlto sale aspersum, coriis tau- « rinis reconditum est causa fœtoris evitandi, qui multus et infinitus jam circumstantes « inüciebat. Unde et ipse qui magno pretio condactus securi caput ejus diffiderat. ut fœtissi- « mura cerebrum extraheret, quamvis linteaminibus caput suum obvolvisset, mortuus tamen « eâ causa pretio malè gavisus est. Hic est ultimus è multis quem rex Henricus occidit. »

« Son corps fut apporté à Rouen, et là furent ensevelis ensemble ses entrailles, sa cervelle et ses yeux. Le reste du corps, après avoir été disséqué sur toute la circonférence avec des couteaux, et avoir été aspergé de force sel, fut enfermé dans des cuirs de bœuf, afin d'éviter l’odeur infecte qui déjà saisissait les assistants. D'où il arriva que celui qui, par l’appàt d’une forte récompense, lui avait ouvert le crâne avec une hache, afin d’en extraire la cervelle déjà en putréfaction, bien qu’il eût pris la précaution de s’envelopper la tête de linges, en mourut, peu satisfait sans doute de la récompense. Et ce fut là Je dernier que tua le roi Henri, qui en avait tué plus d’un. »

(Se rapporte à la page 33).

Ces trois vers de l’Epitaphe, donnée par la Chronique de Normandie, ont été bien diversement cités.

Taillepied, qui met en tête de l’épitaphe ces mots supprimés ici par M. Deville, mais cités par lui dans sa seconde édition (p. 161) :

Epitaphium inclitæ recordationis Richardi, quondam Régis Angliæ digti Cor Leonis,

Taillepied a donné ainsi ces trois vers :

Pictanis exta ducis sepelis rea terra caduoi,

Neustria tuque regis cor inestimabile regis,

Corpus datur claudi sub marmore fons Eberandi.

Antiqvitez de Roven, édition de 1587, p. 170.

Il serait bien difficile, pour ne pas dire impossible, de traduire littéralement le sens de ces mots, et de justifier la quantité du dernier vers, à moins de mettre :

Corpu’ datur, etc.

Farin n’a cité de cette longue épitaphe que cinq vers, comme si ces cinq vers étaient l’épitaphe entière, et il donne de ceux-ci un texte différent que voici :

Pictavus exta Ducis sepehï, tellusque Chalutis Corpus dat claudi sub marmore fonlis Ebraudi,

Neustria tuque legis cor inexpugnabile Regis.

Histoire de Roven, édition de 1688, t. ïï, p.,15.

Ici du moins on s’est préoccupé du sens et de la quantité exigée par la versification.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

Enfin les continuateurs de Farin trouvent encore le moyen de changer deux mots et la ponctuation, et ce n’est pas au profit de la clarté.

Pictavus exta Ducis sepelit, tillusque Cha!uüs,

Corpus dat claudi sub marmore fontis Ebrardi.

Histoire de Rouen , 1731, IIIe partie, p. 12.

Tillus est une faute d’impression manifeste* et la virgule placée après Chalutis empêche de construire la phrase.

La difficulté de corriger le texte de M. Deville, d’après l’une ou l’autre de ces leçons, nous a déterminé à le laisser tel qu’il est dans le manuscrit, qui diffère encore de celui de la seconde édition (1837, p. 161).

M. Richard a donné * une version éclectique de ces vers étranges, » avec un essai de traduction libre qu’on retrouvera dans une note du rapport lu par M. Deville à l’Académie de Rouen, sur la découverte de ce tombeau. Voir Revue de Rouen, 1838, II3 semestre, p. 66.

(Se rapporte à la page 43).

Ces chartes, qui sont au nombre de quatre, et qui toutes ont conservé leur sceau, sont souscrites par Raimond V, comte de Toulouse, par Eudes, duc de Bourgogne, par le châtelain de Saint-Omer, et par Bertrand, évêque d’Agen. Elles sont adressées au pape Lucius III. La dernière, qui est comme toutes les autres en latin, s’exprime ainsi ; nous traduisons littéralement:

« A notre bienheureux seigneur et père Lucius, par la grâce de Dieu souverain pontife de l’église universelle. B..,, par la miséricorde de Dieu, et par la sienne, humble ministre de

l’église d’Agen, salut, etc . ■ . C’est pourquoi, à la demande du clergé de l’église de Rouen

au sujet de la sépulture du roi Henri-îe Jeune, de peur que notre silence ne soit dommageable à la justice, nous déclarons à votre béatitude la vérité du fait. Que votre paternité sache donc que quand, sur le mandement du roi Henri son père, dans le but de renouer la paix entre eux, nous nous fûmes transporté auprès de lui, nous le trouvâmes étendu sur le lit de douleurs. Après qu’il eut reçu, de nos mains, aveè la plus profonde humilité et dévotion, l’extrêmeonction et les autres ministères que réclament les mourants, il parla du choix de sa sépulture, nominativement, dans l’église de la bienheureuse Marie de Rouen. Et comme nous-même et plusieurs autres hommes de religion, eu égard à la difficulté du voyage et à l’éloignement du lieu, nous insistions pour qu’il choisît sa sépulture dans le monastère de Grandmont, nous ne pûmes en rien le faire revenir de sa détermination. »

On lit dans la charte du comte de Toulouse :... « Qui ibi audientibus in ecclesia Rothomagensi sibi elegit sepulturam ; dans celle du duc de Bourgogne : Elegit sibi sepulturam Rothomagum rogans plurimum ut in civitate Rothomagensi in Cathedrali ecclesia sepeliretur ; — enfin, dans la charte du châtelain de Saint-Omer : In extremis agens elegit sibi sepulturam in Cathedrali ecclesia corpusque suum quousque deferri suppliciter exoravit. »

APPENDICES ET PIECES JUSTIFICATIVES

(Se rapporte à la page 54).

Voici quelques-unes des dispositions les plus remarquables qui y furent arrêtées :

« Défense expresse de porter devant le juge séculier les causes ecclésiastiques.

a Défense aux prêtres, sous peine d’excommunication, de laisser conduire des choeurs (danses avec chants) dans le cimetière ou dans l’église.

« Défense aux mêmes de porter de grands couteaux pointus, des épées ou des lances.

« Les concubines des prêtres seront amenées le dimanche dans l'église, et là tondues devant le peuple.

* Défense aux laïques de faire faire leur testament par un laïque, et de tester hors la présence d’un prêtre, à moins d’urgence, telle étant la coutume en Normandie, maxime cùm in Normanniâ talis consuetudo existât.

« Les Juifs, en outre d’un habit différent de celui- des Chrétiens, devront avoir un signe particulier sur la poitrine, qui les rende reconnaissables. (Il consistait en une petite roue).

(Voyez Concilia Rholomagensis Provinciœ, p. 134).

(Se rapporte à la page 6G).

« Anno domini 1465, die martis 23 julii *, Domini concluserunt pro loco sepulturæ corporis nobilis et potentis viri domini Pétri de Brezé, militis, dum viveret, senescalli Normanniæ, domini temporalis de Maulevrier, baronis de Becco- Crespini et quod contcmplatione domini nostri Régis et ipsius domini senoscalli et suorum nobilium parentum, corpus ipsius domini senescalli inhumabitur in capellâ Beatæ Mariæ Virginis retrô cliorum in parte sinistra. »

« Eodem anno 1465, die veneris 26 julii, fuit inhumatum in capellâ Beatæ Mariæ in parte sinistra de releveia horâ quintâ corpus nobilis et potentis viri domini Pétri de Brézé, militis, dum viveret, magni senescalli Normanniæ, capitanei Rothomag, baronis de Becco-Crespini et domini temporalis de Maulevrier, quod quidem corpus fuerat asportatum a Castro de Montlehery ultra Parisius per Sequanam, et devento (sic) corpore supra caya, Domini de eapitulo perrexerunt cum cruce quæsitum corpus; ubi adfuit maxiina quantitas populi utriusque sexûs. »

(Se rapporte à la page 78).

D’après un ancien usage, consacré par les archevêques de Rouen, son corps, avant d être inhumé dans la Cathédrale, fut porté à l’église de Saint-Ouen, où il resta exposé un jour entier. Le doyen de la Cathédrale, en remettant le corps à l’abbé de Saint-Ouen, prononçait : « Ecce, voici; » l’abbé répondait : « Est hic? Est-il là? » Alors le doyen remettait à 1 abbé l’anneau de l’archevêque. En même temps il plaçait sa main dans le cercueil et ajoutait : « Vous nous l’avez donné vivant, le voici mort; » faisant allusion à ce que, d après un autre usage, les archevêques de Rouen étaient sacrés dans l’église de Saint-Ouen. Le lendemain, le clergé de la Cathédrale venait chercher le corps qui lui était rendu. »

1 Le mot die ne se trouve pas dans les registres capitulaires et les quantièmes sont en chiffres romains. F. B.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

(Se rapporte à la page 80).

Voici la traduction de cette pièce, que j’ai découverte dans nos archives; elle est rédigée en

latin :

« Constitués Richard Duhay et Léonard Feschal, peintres, ont reconnu et confessé avoir reçu et eu de vénérable homme maître Pierre Roussel, trésorier de révérendissime monsieur l'archevêque de Rouen, absent, la somme de trente livres tournois, pour la peinture et dorure et le parfait paiement du premier marché montant à la somme de cent quatre-vingts livres tournois ; et ce, pour la sépulture de feu révérendissime de bonne mémoire monsieur le légat, en son vivant archevêque de Rouen, laquelle sépulture a été élevée et établie dans l’église de Rouen. Sur quoi, ils ont promis, comme chacun d’eux promet, tenir quitte ledit révérendissime sieur, de ladite somme de trente livres tournois restant dudit premier marché, et n’avoir plus rien à répéter à l’avenir. Donné l’an de Notre Seigneur mil cinq cent vingt et un, le huitième jour du mois de juin, en présence de maître Jean de Beaunay et Louis Moynet, témoins des précédents. »

Visa. — Approuvé pour la teneur et la dorure in glosa et de aurata. Suit la signature.

(Se rapporte. à la page 82).

Ce testament est conservé en original dans les archives du département. J’en extrais le passage relatif au vœu exprimé par Georges d’Amboise :

« Voulions nostre corps estre inhumé en nostre église de Rouen en la chapelle Nostre Dame au lieu et soubz la tombe et sépulture de marbre noir de feu de bonne mémoire monseigneur le légat d’Amboise que Dieu absolve nostre oncle et predecesseur archevesque de ladite avec telles obsèques et funérailles que sera advisé estre honestes et raisonnables par nos exécuteurs cy apres nommez et pour ce que nostre portreture de priant qui est de présent près celle dudict feu légat nest que en habit d’ archevesque nous voulions que au lieu dicelle en soyt mise une aultre de marbre ou de albastre portant habit de cardinal. »

(Se rapporte à la page 96).

On lit au registre de la fabrique (de la paroisse Saint-Maclou), année 1541 :

« Le ixe jour d’aoust marche a este faict, avecque le d. Gougon pour faire et asseoir deux coulonnes de marbre dont les chapitaulx et la basse seront de marbre blanc et la verge et pie destalle de marbre noir de ïournay et doibt avoir led. Gougon pour les d. deux coulonnes et fondements soixante dix escus soleil. Sur quoy lui a este baille comptant un pleige de monsr de la Riviere sur le d. marche le nombre de trente cinq escus soi vaillantz soixante dix huyt livres quinze solz pour ce . lxxviii 1. xv s.

« Donne aud. Gougon pour son vin . v. s. »

Je trouve encore deux autres articles relatifs à ce célèbre artiste. On sait si peu de chose sur les travaux de Jean Goujon, qu’on nous saura gré sans doute de donner ici ces détails :

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

« 1541. Donne a maistre Jehan Gougon pour sa peine davoir faict deux pourtraictz pour faire une custode pour porter le corps de Nostre Seigneur pour ce paie. . . xxvi s. vin d »

Meme date : « Paie à maistre Jehan Gougon la somme de trente solz ts pour avoir faict le deviz de paindre les orgues pour ce . xxx s. »

A l’époque où Jean Goujon travaillait pour Saint Maclou, le sculpteur Nicolas Quesnel, dont nous avons parlé plus haut (p. 117), y exerçait son talent sous les yeux et pour ainsi dire sous la direction de J. Goujon, ce qui rend plus probable encore la coopération de cet artiste rouennais dans le travail du tombeau de Louis de Brézé.

Nous ferons remarquer que, dans les différentes pièces que nous avons parcourues, le nom de Jean Goujon est écrit indifféremment par un; ou par un g , mais beaucoup plus souvent de cette dernière manière. Une seule fois il est écrit Gouyon.

(Se rapporte à la page 98).

La même chose avait eu lieu lors des obsèques du cardinal d’Amboise I : on avait placé l’effigie de ce prélat sur son catafalque. Voici ce que je lis dans un manuscrit du temps :

« ... Et estoit led. deff* faict au plus près du vif en habit de archevesque ses mains joinctes, a gans violetz garnis de aneaux, les cendolles au piedz. Aux deulz costees deulz aureilletz sur lesquels estoient son chappeau de cardinal et une crosse. Et a ses piedz estoit debout sa croix. Et estoit led. feu légat tout plat couché sur ung grand drap dor de quatre lez de large et quatre aulnes de long a une croix de damas blanc aux armes dud. sr bordé de veloux noir et bien richement accoustré t. »

L’usage de porter l’effigie du mort aux obsèques remonte à une époque assez reculée. Quelquefois on faisait choix d’un homme vivant, qu’on recouvrait des habillements et de l’armure du défunt, pour le représenter. C’est ainsi qu’on trouve, dans les comptes de la maison de Polignac, cités par D. Vaissette, dans son Histoire de Languedoc, qu’on donna, en 1300, cinq sous à un nommé Biaise, pour avoir fait le chevalier mort aux funérailles d’un Jean de Polignac.

XI bis.

(Se rapporte à îa’page llô).

Le 18 décembre 1869 eut lieu une communication de M. l’abbé Cochet, son président, à la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure, sur l’inscription tumulaire projetée des Groulart.

Après avoir rappelé la découverte de ces tombeaux et leurs pérégrinations successives, le procès-verbal ajoute :

« Aujourd’hui que les tombeaux sont en place, il ne manque plus que des inscriptions. Un projet, rédigé par M. l’abbé Cochet, et mentionnant les noms de l’inventeur des tombeaux, M. Floquet, et de M. le marquis de Belbeuf, qui est venu en aide au département pour une somme importante dans l’œuvre de la translation, n’a pas été admis. On propose un contre-

1 Ce passage est extrait du deuxième feuillet de La Pompe funerale de la piort de Monsieur le légat [ aide a Lyon, publiée par M. Frère pour la Société des Bibliophiles normands, sauf quelques légères différences de lecture.— F. B.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

projet où les noms des historiens du Parlement et des Grands Pannetiers de Normandie cessent de figurer et où la Ligue est qualifiée crûment de pravâ seditione. Or, tout en rendant parfaite justice au candidat à la couronne de France, quand ce candidat s’appelle Henri de Bourbon et surtout en se souvenant qu’il est devenu plus tard Henri IV, M. l’abbé Cochet verrait sacrifier avec regret, pour ne pas dire plus, les simples égards dûs à la vérité historique, dans la personne du duc de Mayenne. Il exprime donc le désir que les mots pravâ seditionc disparaissent de la future inscription et soient rerr placés par les noms des deux hommes qui ont le plus contribué à la découverte et à la translation des sarcophages.

j La Commission entière s’associe au désir de son président.

« Aucune inscription, fait observer avec raison M. l’abbé Colas, ne devrait être apposée, dans un édifice ou sur un monument départemental, sans examen et adhésion préalables de la Commission. Est-ce que ce principe pourrait jamais être appliqué mieux que dans l’espèce?

« Après en avoir délibéré, la Commission prend, à l’unanimité, les résolutions suivantes :

« 1° La Commission des Antiquités du département de la Seine-Inférieure émet le vœu que, en toutes circonstances, nulle inscription commémorative ne soit placée sur un monument public. sans avoir été préalablement soumise à M. le Sénateur-Préfet, qui prendra l’avis de la Commission.

« 2° Dans l’espèce, et vu, d’une part, l’intervention constante de la Commission, à titre tantôt individuel, tantôt collectif, en tout ce qui concerne les tombeaux des Groulard, depuis leur découverte, et, d’autre part, l’action de droit et de fait du département sur le transfert et l’installation desdits tombeaux, la Commission émet le vœu que M. le Sénateur-Préfet veuille bien exercer sur le contre-projet d’inscription son droit de révision; qu’il supprime les mots pravâ seditione et qu’il rétablisse, sinon les trois noms raturés, au moins celui de M. Floquet.

« La Commission est d’avis, en outre, eu égard à l’urgence, qu’extrait de son procès-verbal, en date de ce jour, concernant la question d’inscription aux tombeaux des Groulard, soit fait et transmis à M. le Sénateur-Préfet le plus tôt possible. »

Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure, t. I, 1867 à 1869, pages 409 410.

Dans le procès-verbal de la séance du 27 janvier 1870, on lit ce qui suit :

« M. l’abbé Cochet donne ensuite lecture à la Commission des deux formules d’inscriptions à placer sur les tombeaux de Claude Groulard et de Barbe Guiffard, sa femme, formules rédigées par M. l’abbé Robert et par lui, et en ce moment soumises à l’approbation de Mgl' l’Archevêque.

« Voici le projet d’inscription pour les tombeaux de Claude Groulard et de Barbe Guiffard, qui, en 1865, fut proposé par M. l’abbé Cochet à S. E. JV1&1' le Cardinal et qui fut approuvé par

lui.

Hæc sepulcra et icônes

Claudii Groulart, in inclyto Normanniæ senatu principis (f 1607) et Barbaræ Guiffard, uxoris ejus (f 1599 j primum in capella Cœlestinorum hujus urbis posita,

Deinde, anno 1785, in ecclesiâ Sancti Albini-le-Cauf canonicè translata sunt.

Tempore perturbationis Gallicæ tàm penitùs abscondita ut, in anno 1841, tantum, a Dno Floquet détecta fuerint.

Rotomagum de novo adducta In palatio curiæ regiæ, 24 annos, permanserunt.

Tandem, cunctis plaudentibus,

APPENDICES EL PIÈCES JUSTIFICATIVES

In hoc sacello Sancti Stephani ecclesiæ majoris,

Anno domini 1865, collocata sunt,

Annuente Eminentissimo Cardinale de Bonnechose Rotomagensi Archiepiscopo procurante Bone Le Roy, Senatore,

Sequanæ-Inferioris præfecto, favente Dn0 Mne Godart de Belbeuf, Senatore, illustrium defunctorum pronepote.

« Cette inscription fut approuvée, la môme année, par M. le Sénateur- Préfet de la Seine - Inférieure.

« L’affaire dormit quatre ans, et voici le texte.proposé, en 1869, par M. l’abbé Robert à S. E. Msi- le Cardinal qui, à ce que m’assure M. Barthélemy, le lui avait demandé.

Sepulchrum et effigies clarissimi viri Claudii Groulart, quondam in Rotom- curiâ senatûs principis, qui, justi et æqui vindex ’acerrimus,

Multas urbes à malâ factione revocavit.

Obiit Kal. Decembris A°. Dû MDCVII,

Cujus animæ propitietur Deus.

Sepulchrum et effigies Barbaræ Guiffart uxoris Claudii Groulart, quæ obiit,

A0. Dû MDXCIX. Requïescat in pace.

Hæo sepulchra primum in ecclesia Sancti Clementis-,

Monasterii Cœlestinorum, deindè in ecclesia parochiæ vulgô dictæ S. Aubin le Cauf posita, postremô in hoc sacello collocata sunt Anno reparatæ salutis MDCCCLXV.

« La Commission n’ayant point d’avis à donner à cet égard, aucun vote n’est émis. »

Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine -Inférieure, t. II, 1870-1872, p. 4 et 5.

Enfin le procès-verbal de la séance du 23 février 1871 contient une lettre de M. Floquet où il est question encore de ces inscriptions.

« M. le Président rappelle à la Commission les phases diverses qu’a traversées la question de l’inscription du tombeau de Groulart, et regrette qu’elle n’ait pas encore été résolue. A ce sujet il fait part d’une lettre qu’il a reçue du savant et vénérable M. Floquet. Elle est ainsi conçue :

« Formentin, par Bonnebosq (Calvados), 21 novembre 1870.

« Monsieur et honoré Confrère,

« Le Bulletin reçu par moi, hier dimanche 20, et lu avec empressement, m’a intéressé plus encore que je ne me l’étais promis. Parmi les documents, très curieux, qu’il contient, je n’avais garde de ne point remarquer particulièrement ce qui se rapporte à l’illustre premier Président du Parlement de Normandie. 11 signait invariablement ainsi :

« Claude GROULART. »

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

« Remarque de peu d’importance, sans doute, mais que, pour la plus entière exactitude, il serait néanmoins bon, peut-être, de signaler à l’attention des personnes qui rédigeront définitivement, et à celles qui auront charge de graver les inscriptions destinées à figurer sur le tombeau, du très éminent magistrat.

« Un nom, bien obscur assurément, surtout si on le compare à celui du vénérable et docte président, sera-t-il inscrit sur sa sépulture 1 ? Fidèle à n’exprimer et même à n’oser former aucun vœu à cet égard, je me fais seulement un devoir très doux de témoigner mon affectueuse gratitude au bienveillant auteur de la proposition qui en a été faite, par l’éminent rédacteur de la Notice du Bulletin, relative à ce sujet. J’ai été extrêmement sensible à ce nouveau et touchant témoignage de son indulgente bonté.

« À vous, cher et honoré confrère, en toute gratitude et en tout respect.

« A Floquet. »

Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure, t. II, 1870-1872, p. 129.

L’affaire des inscriptions n’a pas été terminée. Le mieux ne serait il pas de rétablir simplement les inscriptions du temps, données par M. Deville? — F. B.

(Se rapporte à la page 141).,

Voici les mesures prises par le chapitre au sujet de la sépulture de Bedford' r « 18 Février 1436. — Item, (domini) ordinaverunt quod lathomi qui debent situare et edificare in ecclesia ista, intra pillaria chori, tumbam seu sepulturam, inclite memorie, Johannis ducis Bedfordie, regentis regnum Francie, hoc faciant, vocatis tamen secum magistris procuratore et lathomis fabrice, qui habeant servare ne lathomia ecclesie per hoc dampnificetur sed in sua integritate conservetur, et eciam quod per eosdem advisetur quo loco feretrum antiquum existens in loco quo dicta sepultura debet situari ponetur et situabitur. »

« De la sépulture de monsieur le régent ils ordonnèrent que les maçons qui doivent placer et édifier dans cette église entre les piliers du chœur la tombe ou la sépulture d’illustrissime mémoire Jean duc de Betford régent du royaume de France le fassent de sorte que la maçonnerie de l’église n’en éprouve aucun dommage, que les mêmes avisent en quel lieu on portera et placera l'antique châsse existant à l’endroit où ladite sépulture doit être située. »

Nous avons rétabli et complété le texte latin d’après celui que M. de Beaurepaire adonné dans les Fondations pieuses du duc de Bedford à Bouen , p. 34. De là vient que la traduction de M. Deville est incomplète. — F. B.

(Se rapporte à la page 148).

Toussaint Duplessis, qui écrivait en 1740, dit que, lors dés travaux, pour l’exhaussement du sanctuaire, « on avait épargné le tombeau de Charles V; qu’on s’était contenté d’enlever sa statue, qui fut déposée, dit-il, dans la chapelle de la Vierge. » Description de la Haute-Normandie, t. II. p. 28. On l’y voyait encore en 1752, si l’on en croit Ducarel, Antiquités anglo normandes, p. 26-27, traduction de M. Léchaudé d’Anisy. Tombeau et statue ont fini par disparaître.

On trouve le dessin de la statue de Charles V dans les Monuments de la Monarchie française

1 Celui de M. Floquet lui-même. Voir plus haut, p. 293. — F. B.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

de Montfaucon, t. III, p. 65, pl. XII, fig. 3. Mais le dessinateur ne paraît pas avoir été plus scrupuleux pour l’image de ce prince, qu’il ne l’a été pour celles de Richard-Cœur-de-Lion et de Henri-leJeune. Il n’a pas même figuré le cœur qui était placé dans la main du roi. C’est d après le manuscrit d’Oxford (portefeuille de Gaignières) que nous avons restitué la figure, dont nous avons donné le dessin (Pi. XVIII).

(Se rapporte à la page 248).

« Voici en quels termestouchants le pieux roi (Charles V) demande les suffrages de l’église de Rouen et fonde au milieu d’elle comme un foyer permanent de prières:

« Ardenti mentis desiderio affectamus ut in ecclesià Rothomagensi ad quam singularem et specialem devotionem gerimus et habemus, -cum ipsa, velut lucerna super montem posita, tanquam major et metropolis ac primitiva precipuaque totius ducatûs nostri Normannie clarius elucescat, due misse submissa voce Misse regis Karoli nuncupande quamdiù vitam in humanis egerimus, unam videlicet de Sancto Spiritu, reliqua de dicta Virgine gloriosa immediatè et absque ullo intervallo post illam de Sancto Spiritu finitam incipienda; nobis vero sublatis è medio Pro Def unclis in Choro dicte ecclesie super altare, Regium etiam altare nuncupandum, juxta majus ipsius ecclesie altare, à sinistrâ parte constructum et erectum, statim finilis et completis in eâdem ecclesià matutinis, de cetero singulis diehus accensis et continué ardentibus in dictis missis duobus cereis , quolibet duarum librarum cere., et in levatione corporis XPI in eis faciendâ duabus torchiis, quâlibet sex librarum ponderis, celebrentur. » Lettres de fondation du roi Charles V ; aux archiv. départ, de la Seine-Inf., fonds du chapitre, liasse n° 40 bis. — Découverte, reconnaissance et déposition du cœur du roi Charles V dans la Cathédrale de Rouen en mai et juin 1862, par M. l'abbé Cochet. — Le texte de cette fondation est mis comme note de la page 8.

En 1847, M. Ch. Grouet avait appelé l’attention du public sur cette sépulture, en résumant assez complètement les principaux faits qui s’y rattachaient, sous le titre de : Tombeau de Charles V, dit le Sage, dans la Cathédrale . de Rouen. Voir la Revue de Rouen, 1847, pages 146- 151. — F. R.

.(Se rapporte à la page 160).

Dans l’édition de 1837, M. Deville, sur ce passage (page 191), avait mis une longue note en français et en latin sur le tombeau du cardinal d’Estouteville. Nous la donnons ici en entier, surtout à cause du texte latin, qui nous paraît avoir assez d’importance pour la construction de ce tombeau à jamais disparu.

« Les fondements de ce mausolée furent jetés dès l’année 1480, d’après le désir qu’en avait manifesté le cardinal-d’Estouteville , même bien antérieurement, puisqu’en 1474, le chapitre était consulté sur un simulacre, cornpositum de carlates R qu’on avait fait placer à l’endroit

1 Ce doit être plutôt cantates, mis, par le fait d’une mauvaise prononciation, pour chanlales, terme de couvreur, détourné ici quelque peu de sa signification ordinaire. — F. B.

APPENDICES ET PIÈCES JUSTIFICATIVES

désigné, pour juger la forme et les dimensions du futur mausolée. Voici le procès-verbal de la première opération que je viens de mentionner! :

11 avril 1480. — « Cum juxta olim concessa et nuper iterum accordata in facto erectionis sépulture reverendissimi domini cardinalis arcliiepiscopi Rothom. moderni, hac in ecclesia, loco videlicet qui vulgô laTumbe saint Mauril appellatur, erigende, die hesterna post meridiem, operarii propterea assumpti ad evulsionem lapidum tumbe hujusinodi atque pavimenti neccessarii processuri venissent, et evulsis lapidibus, fodientes in terram, unum sepulcrum lapideum clausum et coopertum invenissent, quod cum postmodum vocatis et assistentibus pluribus de dominis appertum extitisset, repertis in eodem nonnullis ossibus bumanis cum parte unius crucis lignee et aliquibus frustis unius casule que corpus unius arcliiepiscopi ibi sepultum fuisse designarent, quamobrem recluso sepulcro hujusmodi, opus ceptum ita dimissum nec ulterius processum fuisset donec alias per capitulum rebus cognitis ordinaretur, materia igitur in medium posita et super ilia matura deliberatione habita, quoniam in appertura sepulcri hujusmodi aut in eo nichil videtur inventum aut visum esse quo passif aut debeat facta concessio retractari. a majori parte fuit conclusum opus inchoatum juxta eandem concessionem perfici et compleri. Sed quia locus ille et tumba antiqua desuper erecta vulgo la Tumbe S. Moril vocabatur, quod eciam pie creditur, ne fama et memoria ejus depereat, cum ipse vivens licet canonicus (canonizatus?) non existât, vite sanctissime fuerit, atque, huic ecclesie, ut invenitur, bona maxima contulerit, fiat aliquod signum aut epitaphium vel sepultura quo ejus memoria et inhumatio perpetuo conservari valeat, et nichilominus per primum nuncium scribatur ad dominum archiepiscopum ea que in appertura loci et sepulcri predictorum fuerunt reperta. » Arch. de la S.-Inf. — F. du Chapitre, reg. cap. à la date indiquée. — Voir le Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure, tome II, 1870 à 1872, p. 421-422. — F. B.

(Se rapporte à la page 181).-

II y a bien, dans l’inscription tumulaire de Nicole Gibouin : « m.ccc.et.xx. v mois davril, » et non « xxv mois d’avril, » comme on lit dans les Procès- Verbaux de la Commission de la Seine- Inférieure, t. II, de 1849 à 1866, p. 318.

Toutefois, si M. Deville a mieux lu, sa conclusion laisse à désirer. « La date de la mort de Nichole Gibouin, dit-il, décédé le jeudi 15 avril avant le dimanche des Rameaux, doit être reportée au 5 avril 1321. »

1320 (vieux style) est bien 1321 (nouveau style). Mais, en cette dernière année, Pâques tombant le 19 avril, on n’arriverait jamais à prouver que « le 5 avril » correspond au « jeudi devant Pasques fleuries. » En effet, Pâques étant le 19, on a le 12 pour le jour des Rameaux, et le 9 pour le jeudi précédent.

Ces mots de l’inscription : « v mois d’avril » sont naturellement interprétés par « le 5 dn mois d’avril. » Mais pour que le jeudi d’avant les Rameaux tombe à cette date, il faut que Pâques soit le 15 avril, ce qui n’eut lieu qu’en 1313 et en 1324. L’inscription devrait alors donner le millésime de 1312 ou de 1323 (vieux style), et non de 13-20, comme on lit fort distinctement.

1 Au lieu du texte donné par M. Deville, nous prendrons celui de M. de- Beaurepaire, plus exact et plus complet, cité dans des Notes extraites de l’ancien Chapitre , qu'il croyait, avec raison, « pouvoir servir à compléter l'ouvrage de M. A. Deville sur les Tombeaux de la Cathédrale. » — F. B.

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Nous pensons que l’absence d’une seule lettre est la cause des difficultés de l’interprétation. Au lieu de : « v mois davril, » en intercalant un a, nous lirions : « av mois davril. » Il parait superflu, en effet, de mettre le quantième du mois, quand ce quantième est déjà indiqué par ces mots: « Le jeudi devant Pasques fleuries. »

Les contemporains, avec la connaissance qu’ils avaient de la date des fêtes mobiles, trouvaient facilement que le 9 avril 1320 (ancien style) était la date de la mort de Nichole Gibouin.

Ce ne serait pas la première fois qu’en refaisant une inscription on en aurait, par le changement de quelques lettres, altéré ainsi le sens. — F. B.

(Se rapporte à la page 18-5).

Ce n’est pas à lui qu’on aurait pu adresser les éloges et les regrets de la longue épitaphe, portant le nom de Hugues (Hugues I), rapportée par l’historiographe de la Cathédrale de Rouen, Dom Pommeraye i. Citons-en quelques vers :

Hic in non pulchro pulcher jacet Hugo sepulcro,

Qui carus clero claruit in populo.. .

Tu, dùm vixisti, decus ecclesiæ micuisti....

Non Rex, non Primas, mundi non ulla potestas, Ut tu, tôt lacrymis inferias meruit.

Ac respergo tuum floribus his tumulum.

On apprend par cette épitaphe que Hugues I était d’un sang noble, qu’il avait été élevé à Cambrai, et qu’il fut enseveli à Rouen :

. Claro quem sanguine pagus

Camaracus docuit, Rotomagus sepelit1 2 3.

Nul autre souvenir, nulle autre trace de cette sépulture.

(Se rapporte à la page 23i).

« Ce qui recommande Capel à notre souvenir, ce sont les fondations qu’il fit en faveur de l’église de Rouen, fondations qu’il prit soin de rappeler dans l’inscription suivante, écrite de sa propre main, et destinée à être gravée sur une plaque pour être mise près de sa sépulture.

« Cy devant gist vénérable et discrète personne maistre Guillaume Cappel presbtre en son vivant par aulcun temps jusques à sa resignaciona chanoine de ceste Eglise de Rouen et con-

1 Histoire de l’Eglise cathédrale de Rouen, pages 71-72.

2 Nous citons plus loin l’épitaphe en entier, avec quelques remarques. Voir Appendice XX, page -3 3 1 . F. B.

5 Le 8 mai 1509, il demande au chapitre la permission de pouvoir sortir de Rouen. On la lui accorde par considération de son grand âge (83 ans), de sa faiblesse et des services rendus à l’Eglise. Pendant le carême de 1512, on lui permit de faire usage d’œufs et de viande, si c’était l'avis du médecin, et de choisir son confesseur pour lui et pour sa famille. Note de M. Ch. de Beaurepaire.

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seille.v du Roy notre sire lequel, sans jactance, a fait et procuré en son temps plusieurs belles fondacions et dotacions dignes de mémoire, et entre aultres choses y a fondé que le salut de Avecujus conceptio, etc., y soit tous les ans chanté en cueur incontinent aprez complie au chant de Eterne rerum Conditor par les huit jours de Noël entiers, commencé chascun vers à genoux, par deux des enfans de l’église au parmy du cueur; et lors après parle seigneur chanoine faisant le service y sera dit après pro versiculo en son siège post partum etc, et pro or émus, Deus qui nos conceptionis etc, et en partant de là sera dit parles assistens le salut Ave Maria, ad intencionem fundatoris, se il leur plest, et pour ce sera lors donné chascun jour aux singulliers chanoines à ce présents et continuez, à chascun chinq deniers, et aux chappellains des quatre principaulx collèges d’icelle église à chascun ung denier; et pour la continuation de ceste fondation icelluy Cappel a donné à la fabrique de la dicte église sa maison des Trois Mores assize devant ou prez du portail aux libratiers de lad. église de Rouen, ainsi que elle se comporte et aux charges en quoi elle est subgete jouxte les lettres sur ce faictes le xxvie jour de février mil cccc. mixx et quinze.

« Item y a fait mettre et asseoir de neuf les ymages de Monsr S. Michiel d’ung costé et de la Magdelene d’autre à l’entrée de la chapelle Nostre Dame derrière le cueur de l’église avec un chandelier à- xnj branches pour y servir etc., lesquelles trois parties la fabrique est tenue de entretenir deuement à ses despens à perpétuité tant delumynaire que toutes aultres choses aux cinq festes Nostre Dame principalles, aux deux festes de Mons. S. Michel et à la feste de la Magdalene chascun an appertuité, aux despens de la fabrique dlcelle-église, pour laquelle chose ainsy faire icelluy Gappel a baillé et délivré à icelle fabrique une belle maison qu’il avoit en la paroisse S. Nigaise de Roen à, l’y mage Notre Dame et en la rue d’Orberue*. » M. Ch. de Beaurepaire, Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine- Inférieure, année 1875, t. III, pages 351-359. — F. B.

(Se rapporte à la page 246).

« On sait toutes les difficultés auxquelles donna lieu l’inhumation de Jean Masselin, doyen du Chapitre, principalement connu comme auteur du Journal des États généraux de 1484. Il avait obtenu pour sa sépulture une place dans le chœur même de l’église ; mais le chapitre se refusa à ce qu’aucune inscription fût mise sur la tombe, dans un endroit aussi saint et aussi vénéré. Le 4 juillet 1555, Robert Masselin, procureur du Roi, petit neveu du doyen, neveu d’un autre chanoine du même nom, décédé depuis peu, demanda la permission de faire placer autour de la tombe de ce dernier (près de YEcce Homo ) l’inscription suivante qui rappelait le nom et le lieu de sépulture du personnage auquel sa famille devait sa notoriété :

« Johanni Masselino, patruo charissimo, viro integerrimo, in fani penetralibus proxime majus candelabrum sepulto, æneam hanc laminam decreverat, ejusque cineri aptabat Johannes Masselinus ex fratre nepos piissimusin hoc collegio cooptatus. Tandem et ipse octogenarius quinqua-

1 Cette fondation remontait au 11 octobre 1503. I! est question, en effet, dans le contrat, « de deux vinages, l'une de S. Mio.iel et l’autre de la Magdaleine, posez et assis bien honnestement agreez, ainsi qu’ils sont de présent, establis en deux piliers à l’encontre de la chapelle N. D. d’icelle église avec un benesquier de cuivre assis sous ledit ymage de S. Michel et aussi un grand chandelier de cuivre pendu et estably en l’entrée de lad. chapelle près la sépulture de défunt Me Jehan Le Cornu, archidiacre du Vexin françois, » dont Cappel avait été l’ami et l’exécuteur testamentaire. Note de M. Ch. de Beaurepaire.

La sépulture de Jehan Le Cornu a été inconnue de M. Deville. — F. B.

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gintaque annos post mortem patrui nature satisfecit, illiusque sepulcro laminam hanc ad ejus patruique magni sempiternam memoriam, collegii permissu, Robertus Masselinus neposmœstissimus instaui’avit. »

« Le Chapitre approuva cette inscription. Il s’était contenté de retrancher une ligne qui indiquait la qualité de procureur du Roi de Robert Masselin. » M. Ch. de Beaurepaire, Bulletin de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure , t. II, 1870-1872, p. 423. — F. B.

Nous consignons ici quelques-unes des pièces ou remarques que nous regardons « comme se rattachant intimement au sujet », ainsi que l’annonçait un passage de notre Avertissement (page iv), soit comme additions, soit comme corrections.

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