‹ TonadillasChapitre 24 sur 25 · MADAME DE BUSS1ÈRES · texte numérisé non relu

MADAME DE BUSS1ÈRES

J'ai fait comme vous , je n'ai pas achevé cette lettre ; j'ai couru à ma nièce, qui , pâle et tremblante , attendait son arrêt ; elle voulait tomber à mes genoux , je l'ai prise dans mes bras, je l'ai rassurée. Elle m'a tout raconté, et je connais maintenant tous les détails de votre liaison et de votre voyage.

EDMOND , COnfllS.

Quoi! madame...

madame de BussiÈRKS, sévèrement.

Je ne vous dirai pas tout ce que je pense de votre conduite. On peut pardonner à la jeunesse de Mathilde, à son inexpérience; mais

à vous, monsieur, chercher à séduire à

enlever une riche héritière... une jeune personne de seize ans ! vous n'avez pas songé qu'il y avait là une réunion de circonstances dont , même à notre défaut , la justice pouvait s'emparer.

edmond , pâlissant.

Quoi ! vous croyez?

MADAME DE BUSS1ÈRF.S.

Loin de nous une pareille idée ; ce serait à jamais vous perdre d'honneur, et nous tenons à votre réputation autant qu'à celle de notre famille. Daignezdoncm'écouler avec attention. (Lentement et avec gravité. ) Mon frère a quitté hier Paris , persuadé que sa fille partait avec moi.

EDMOND

Oui , madame.

madame de BUSSiÈRES , de même.

Ma nièce a quitté ce matin l'hôtel de son père , seule , dans une voiture de place , et en

disant qu'elle allait me rejoindre pour partir avec moi.

EDMOND

Oui , madame.

madame de BUSS1ÈRES , appuyant sur chaque mot.

Eh bien ! mettez-vous dans l'idée et persuadez vous bien que c'est réellement avec moi qu'elle est partie ce matin, et qu'elle a fait la route de Paris à Sens.

EDMOND

Que voulez-vous dire?

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