LE CHARLATAN
Lozet n’hébergeait plus les marins. Leur silence
Quand il les offensait doublait sa violence.
Il leur dit de partir. Tous deux avec regret
Demandèrent ailleurs un asile discret.
Hamel, un patriote, un cœur plein de ressources, Les accueillit. (C’est là qu’on vit pendant les courses,
Quand se fut abattu son cheval insoumis,
Arriver le marin porté par ses amis.
Il souriait à tous dans sa reconnaissance ;
Il avait recouvré toute sa connaissance
Et se ressouvenait de plusieurs incidents.
Mais il sentait toujours comme des feux ardents
Qui lui brûlaient un bras, qui lui rongeaient la gorge, Et ses tempes battaient comme un marteau de forge.
Or, Tonkourou le chef passait. Ce charlatan Se vantait de guérir par le ciel ou satan.
I] était rebouteur. Il tuait ses émules
Par un dédaia factice ou d’étranges formules. Le docteur était loin, il fut donc appelé.
Sous un air grave et sombre ayant dissimulé
Sa profonde ignorance ou son inaptitude,
I1 panse la blessure. Il garde l’attitude
Qui convient au savant dont les traits sont blémis. Il examine un bras qui lui semble démis.
Mais voilà que soudain il recule et chancelle ;
À travers ses cils noirs son œil fauve étincelle ; Comme un frêle roseau tremble sa large main,
Et sa bouche se crispe en un rire inhumain ;
L’eau perle sur son front; on croirait qu’il est ivre.
ik
sl l
Fos Rrmlrar Roererperr
Le
ms at
Le malade s'étonne et pourtant il se livre. Qu’importe donc aussi d’où vient la guérison ? Tonkourou, le fixant de son œil de tison,
Lisait sur ses bras nus d’étranges caractères, Des signes curieux qui semblaient. des mystères.
v TONKOUROU
Mais il voit qu’on l’observe ; il prend un air posé. On le redoùtait. N ul, certes ! n’aurait osé Lui demander alors la cause de son trouble.
Au même instant son soin pour le blessé redouble :
Il lui remet le bras par un jeu du hasard Que l'ignorance émue appellera de l’art.
à de
MS de