‹ Tonkourou [microforme]Chapitre 64 sur 72 · A RE NOR DES · texte numérisé non relu

A RE NOR DES

C’est moi, Jean, qui le dis, sans faire le vantard, Tu l’auras !

L’indien apparut dans la porte.

I] dit, se découvrant :

—L’homme des bois apporte

le ;

femme ; ;

voir ?

stienne !

borte

À l’heureux marié mille vœux de bonheur.

Qu'il soit de sa famille et la joie et l’honneur! Longue saison de paix à la jeune épousée !

Plusieurs riaient.

—Je suis un objet de risée, Reprit-il froidemènt, et vous avez raison, Car j'ai fait bien du mal à cette humble maison.

—S’agit-il de cela ? dit vivement un hôte.

Si vous n’étiez resté si longtemps sur la côte, Vaillant chef, à rêver de vos bons manitous, Pendant que nous allions à l’église, nous tous, Vous sauriez maintenant que Ruzard et Louise Sont libres comme hier; que l’union promise Est toujours à venir; et que la noce, hélas!

S’est presque terminée au tintement desglas.

—Mon frère dit-il vrai ? Comment, pas d'hyménée ?

—Rien de ce qu’a promis cette belle jouznée.

—Mais pourquoi ?

Mais pourquoi? vociféra Ruzard,

Ne le saurais-tu pas, Tonkourou, par hasard ?

Sois tranquille, vieux chef, tu l’apprendras bien vite. Quand on s’est révolté, par prudence, on évite

De paraître au milieu des fidèles sujets.

L’échafaud pourrait bien déranger tes projets.

Le sauvage, surpris de ce cruel langage, Recule vers le seuil en disant :

—Je t’engage À retenir ta langue, à me menacer moins!

Tu sais, l’un contre l’autre, on est de forts témoins.

Ruzard lui répliqna :

—Tes méfaits sont notoires !

Et qui donc te croirait, vieux fabricant d’histoires ?

Lozet riait sous cape ; il n’était pas fâché De voir le chef huron un peu vif écorché.

Tonkourou s’emporta :

— Parlons sans équivoques.

Je n’ai rien dit, rien fait, et toi, tu me provoques ; Je lèverai ton masque, et d’une preste main!

Veux-tu que je t’accuse ? Et veux-tu que demain Nous montions tous les deux sur un gibet infâme ? Moi, pour la liberté chère à toute grande âme,

Et toi, pour un forfait dont j’ai pris seul le poids ?

tés Ruzard grinçait les dents. Tous les yeux à la fois Vers lui s'étaient tournés à ces dures paroles.

—T'es accusations sont menteuses et folles, Hurla:t il à la fin. Ta langue me noircit!

Le marin n’est pas mort : on sait ton faux récit.

Or, nul ne croira plus à tes nombreux mensonges !

Tonkourou paraissait abasourdi.

oins. —Tu songes, Continua Ruzard, au moyen d'échapper :

Te voilà pris au piége où tu veux m’attrapper.

es!

es ? —Le marin n’est pas mort ? Qu’en dites-vous, vous autres ? Moi je l’ai vu tomber sanglant parmi les nôtres... —ÆEt nous, firent plusieurs, nous l’avons vu tantôt. ues. —Lui? lui? Vous l’avez-vu ? Vous vous trompez plutôt | S; —Nous l’avons vu: c’est lui qui fait manquer la noce. n he ? ; f —Il est venu, grinça Ruzard, d’un ton féroce, ? Mais qu’il se cache bien, le maudit hobereau !

Sin0n, il finira par la nain du bourreau !

nd tapas PP En

—Léon vit, dites-vous ? mais ce n’est pas possible! S’écria Pindien dans un trouble indicible,

Oh! ne me trompez pas, ce serait inhumain|

Léon vit! Est-ce un rêve? Ah! dites quel chemin, Pour le trouver, mes pieds rapides doivent suivre !.. Je vais mourir content! Je suis comme un homme ivre Qui ne sait ce qu’il fait... Ma peine va finir.

Après m'avoir maudit, Jean, tu vas me bénir!

Jean n’était pas d'humevr d’en ouïr davantage.

—Tout cela, gronde-t:il, e’est du pur radotage, ‘herche-ie ton Léon, et puis laisse-nous ! Mai Cherche-ie ton Léon, et puis laisse-nous ! Mais

Sous mon toit, Toukourou, ne amène jamais.

Ét l’indien reprit :

—J’y vole! oh! oui, j'y volet Le motif du hurou, iozet, n’est pas frivole, Après l'avoir détruit je refais ton bonheur... Lozet, bémis le ciel qui sauve ton honneur | L’hymen n’a pas eu lieu; Louise «st encor libre... Ruzard, retire-toi ! Que toujours ina voix vibre, Infâme fiancé, duns ton cœur sans remords,

Pour t’annoncer ta fin, comme le glas des morts,

ible !

ni, re L...

ime ivre

Le jour où tu vondrais souiller cette demeure ! Je sors; je reviendrai, si ce n’est que je meure,

Je reviendrai, vous dis-je, avec l’enfant perdu !

Et, sans rien écouter, le sauvage, éperdu,

Franchit le seuil et court au hasard de la route.

Plus d’un comprit alors la vérité sans doute.

Jean le regardait fuir et ne disait plus rien. Il comprenait aussi, cela se voyait bien ;

Il s’enivrait d’espoir et ne pouvait pas feindre.

Ruzard devina tout. Aucun ne pourrait peindre

L’angoisse et la fureur qu’il ressentit alors.

Sur les pas du sauvage il s’élança dehors.

Dé Vos us.

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