CHAPITRE V
Les Ordres Religieux
Renonciation des Religieux. — Vendanges de Saint- Michel et de Quincy. — Translation des reliques de St-Thierry. — Serment des Prêtres. — Rétractation du chapelain de l'Hôpital. — Fuite des Révérends Pères Minimes. — L'ermite du Mont-Sara.
— Départ des Religieuses Ursulines. — Les Sœurs de l'Hôpital. — Acquisition du couvent des Minimes.
— Vente de St-Michel.
(Octobre 1790 — Août 1792.)
Au moment de la Révolution, les Ordres Religieux étaient nombreux dans le Tonnerrois. Sans parler des Abbayes des environs, il y avait à Tonnerre même : l'Abbaye de Saint-Michel; le Couvent des Minimes, dans le faubourg Saint-Nicolas; l'Hospice du Saint- Esprit, en Bourberault et le Couvent des Ursulines, dont les vastes bâtiments et leurs dépendances cou-
vraient l'espace occupé aujourd'hui par le Collège, la Mairie, la Halle aux grains et la Sous-Préfecture. *
Le 21 Octobre 1790, les religieux bénédictins de St-Michel : Jean-Baptiste Guenot et Joseph Lacroix, se présentèrent à l'Hôtel-de-Ville et déclarèrent que voulant profiter de la liberté qui leur était donnée par l'Assemblée Nationale de sortir de leur Ordre et de vivre dans le sein de leurs familles, ils renonçaient à la vie monastique.
Le 26 octobre, Ch.-Louis-Joseph Herpin, Pierre- Edme-Barnabé Droin et Etienne Tronchet, religieux de l'Abbaye de Quincy, firent la même déclaration ; Pierre de Bon, prieur de St-Michel,'et Camille Ferouillat, religieux bénédictin, auteur du méridien de l'Hôpital, prononcèrent leur renonciation au mois de janvier 1791. 2
Plusieurs religieux Tonnerrois, appartenant à des couvents étrangers, revinrent à Tonnerre et obtinrent de l'administration le droit d'y résider; entre autres : J.-B. Campenon, prieur de Bourras (Nièvre) ; Augustin Gogois, prieur de la Chartreuse de Basseville; Paintendre, bénédictin ; Mmes d'Anstrude et de Channes, chanoinesses du chapitre de Lignieux.
La Municipalité prit en mains l'administration des biens des abbayes, en attendant qu'ils fussent vendus, et servit elle-même aux religieux la pension à laquelle ils avaient droit. Elle fit faire en 1790 les vendanges de