‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 4 sur 128 · Registre H. 21 juin et jours suivants · texte numérisé non relu

Registre H. 21 juin et jours suivants

l6 TONNERRE

L'Assemblée se contente de donner pleins pouvoirs aux Officiers municipaux pour faire toutes les démarches et frais nécessaires afin de procurer des vivres à la Ville et, à cet effet, d'envoyer quelqu'un à Paris solliciter l'assistance du Gouvernement.

Cependant, la Ville était toujours dans les angoisses de la disette et le Peuple, qui ne voyait que les tristes résultats que ses représentants obtenaient, murmurait. Il les accusait d'incapacité, de mauvais vouloir. Puis — la faim est mauvaise conseillère — il en venait à dire qu'ils faisaient cause commune avec les accapareurs. Accusation abominable dont l'influence fatale se fera sentir longtemps après, mais qu'excuse le désespoir de ces pauvres gens. *

La haine entrait dans tous les cœurs ; il en résultait une agitation extrême.

Un fait était venu encore achever de discréditer la Municipalité et devait précipiter les événements.

Le 22 juillet, l'Assemblée Municipale, autant pour suivre l'exemple de la capitale et des grandes villes du Royaume, que pour résister aux brigands imaginaires, avait arrêté la création d'une milice bourgeoise.

A cet effet, elle avait formé un comité permanent composé, dit la délibération, d'un certain nombre de citoyens que leur âge, leur profession, ou leur état de santé excluaient du service actif de la milice.

Ce comité avait pour mission d'organiser la milice,

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