Registre L. — Délibérations des 4, 7 et 14 Septembre
Les émigrés Toanerrois étaient seulement au nombre de onze. C'étaient : la demoiselle Déon, absente du royaume depuis environ quinze ans ; le fils de Leprince ; M. de Channes ; Robert, prieur de l'Hôpital ; la dame Bombelle, veuve Le Tellier ; M. de Chamon et ses trois fils; M. de Marcenay, parent du curé de St-Pierre et M. Guyard, fils. Le père de ce dernier, ancien militaire, déclara devant le Conseil qu'il était profondément affligé de la conduite de son fils et qu'il était p*èt à fournir, conformément à la loi du 12 Septembre, l'habillement et la solde de deux volontaires de la République. i
La Convention s'ouvrit le 20 Septembre et le 21 elle décréta l'abolition de la Royauté. La proclamation de la République eut lieu à Tonnerre le 28 Septembre, et le même jour, le Conseil envoya, dans une adresse à l'Assemblée, l'adhésion des Tonnerrois au nouvel ordre de choses.
Le Conseil Général se déclara en permanence et fixa ^es réunions tous les jours à cinq heures du soir. Il nomma Percheron et Cottan officiers publics pour
1 . Registre J. — Séance du 2 Mai. — Registre L. — Séances fies 31 Août, 7 Septembre, 13 et 15 Octobre 1792.
Le chevalier d'Éon avait demandé à la Législative la permission «le reprendre son « habit d'uniforme et son rang dans l'armée, parce que son humeur guerrière se révoltait contre sa cornette et ses jupes. » Il demandait à être incorporé dans l'armée de Dumouriez. L'Assemblée, qui paitageait l'opinion, accréditée à cette époque, que le chevalier était une femme, passa à l'ordre du jour. (Moniteur de 1792, n° 165, séance du 11 Juin}. D'Éon resta en Angleterre, où il mourut le 21 Mai 1810.
constater les» naissances, mariages, décès et prononcer
- les divorces ; le Procureur fut chargé de faire dana les presbytères l'inventaire des registres de paroisse et d'établir, d'après le chàrtrier de la Commune, l'état -dés propriétés appartenant à la Ville et dont elle avait été dépouillée par les seigneurs. On commença à dater tous les actes publics de l'An premier de la République. 1
On enleva dans les Eglises et dans les cimetières
- toutes les aîmoiries, 1 les inscriptions et titres funèbres qui rappelaient les signes de la Royauté et de la* Féodalité. Les grilles fleurdelysées furent transformées en piques ; le plomb servit à faire des balles et le bronze, de la monnaie de cuivre. Tous les objets d'or et d'argent, dont un décret du 9 Septembre ordonnait l'envoi à la Monnaie de Paris, furent transportés au District. On brûla les drapeaux des anciennes corporations, suspendus aux voûtes de Notre-Dame et on enleva^ de l'église de l'Hôpital le mausolée en cuivre qui recouvrait les restes de la ci-devant Reine de Sicile. Ses cendres furent respectées et l'on ferma son tombeau d'une dalle en pierre au niveau du sol. 2
On brûla également, avec joie, les fameux -drapeaux rouges qui avaient servi, en 1789, à la proclamation de la Loi Martiale.