‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 51 sur 128 · Reg. M. ~ Délibérations des 9 Janvier et il Mars · texte numérisé non relu

Reg. M. ~ Délibérations des 9 Janvier et il Mars

t.Meg. àf. — Séance du 3 Mars 1793.

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PENDANT LA RÉVOLUTION \Ol

tion produisit en peu de temps plus de 5oo livres. On", commanda 600 paires de souliers et 3oo chapeaux. On mit en réquisition les marchands drapiers pour fournir le drap nécessaire à la confection de culottes,, de cols* de guêtres, de gilets, de sacs en toile. Les taillear&.et. les couturières furent employés à ces vêtements, tout autre ouvrage cessant, et les citoyennes furent invitées à se joindre à eux pour activer le travail* Une partie de l'ancien couvent des Ursulines fut transformée en. atelier de couture; *

Le patriotisme de la population fut admirable* Les Tonnerrois, si divisés sur d'autres points* se trouvèrent unis pour la défense de la République. Les glissions se turent, en présence des dangers du Pays* et tout le monde voulut concourir ^u salut de la Patrie. Il n'y eut pas de si pauvre famille qui n'apportât, sinon' son obole, du moins sa paire de chaussures ou de: guêtres, son heure de travail..

La mort du Roi n'avait causé aucune émotion à Tonnerre, mais l'assassinat de Lepelletier de St-Far~ geau fut Tobjet d'un deuil public. Le Conseil délégwa deux représentants à Auxerre afin d'assister aanonirde la Commune à la célébration de la mémoire du conventionnel, et le 10 Février, eut lieu en son honneur une

1. Ibid. — 24 Février, 17 et 24 Mars, — Reg. K do* Bareau municipal, 11 el 17 Mars. V. aussi, même Registre* séance du; 24 Mai, la liste des dons patriotiques destinés au 3* bataillon de l'Yonne. Les dons en- nature, souliers, cliemisesy etc.» sont très nombreux.

cérémonie funèbre dans l'église de l'Hôpital. La Société populaire y assistait avec une bannière sur laquelle étaient inscrites les dernières paroles de Lepelletier. 1 Sa présence provoqua des troubles. On cria : à bas les clubs ! Un de ses orateurs fut violemment interrompu par la compagnie des grenadiers de la Garde Nationale qui, pendant tout le temps qu'il parla, frappa les dalles avec les crosses des fusils. La Société populaire dénonça les faits à l'officier de police et demanda plus tard des poursuites contre deux des principaux agitateurs, Mollerat, ci-devant receveur des aides et Mouchot, sellier. 2

La guerre continuait. L'insuccès de la pétition du 4 Décembre n'avait pas découragé Cherest, et le 29 Décembre, un nouveau mémoire contre le Conseil général de la Commune avait été envoyé au Département. Il n'eut pas un résultat plus heureux ; Cherest changea ses attaques et prit comme prétexte les subsistances. 3

Malgré les soins de la Municipalité, la Ville n'était toujours pas approvisionnée au jour le jour. Le Procureur-Syndic, dans un réquisitoire du 10 Janvier, accusa le Conseil de négligence et d'incurie : trente

i. « Je meurs content, je meurs pour la Liberté de mon Pays ».

2. Registre M. — Séance du 2 Février. — Pièces justificatives. — Dénonciation contre les sieurs Mollerat et Mouchot par des membres de la Société populaire, du 21 mars 1793.

3. Pièces justificatives. — Pétition aux citoyens administrateurs du District du 29 Décembre 1793. — Lettre du Procureur Général Syndic aux administrateurs du District.

femmes, disait-il, s'étaient plaintes à lui de manquer de pain et lui avaient demandé si on voulait les faire mourir de faim. d Les membres du District défendaient le Conseil et faisaient l'éloge des mesures prises par lui pour l'approvisionnement des marchés ; Cherest dénonça le District, qui n'avait pas fait saisir les biens du mineur Le Tellier, émigré, et vendre en temps et heure la manufacture de porcelaine d'Ancy-le -Franc, que le tuteur Fournerat prétendait avoir cédée à des particuliers non émigrés. 2

Les dénonciations se succédèrent. On accusa certains fonctionnaires d'être en correspondance avec les émigrés ; on prétendit que l'administration protégeait des rassemblements de suspects qui se tenaient dans le local de la Franc-Maçonnerie, et chez un sieur Laporte, horloger ; on taxa le Conseil de négligence pour ivoir refusé la fabrication de mille piques que lui demandait la Société populaire, d'incivisme pour avoir celle les certificats de résidence et les passeports u n cachet portant des fleurs de lys ; on lui reprocha u **tout d'avoir rendu des fusils aux suspects, notamle nt à de Channes, à Gouré, à Leprince et au garde a *"ticulier Gérard, dont le Département avait ordonné 1 désarmement. 3

*• Meg. M. — Séance du 11 Janvier 1793.

-- -Pièces justificatives. — Mémoire du Directoire du District ■ u ! * Janvier 1793.

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