‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 54 sur 128 · Reg. M. — Séance du 30 Mars · texte numérisé non relu

Reg. M. — Séance du 30 Mars

quelle assistèrent le Conseil Général, la Société populaire, la Garde nationale et toutes les autorités constituées. On planta, devant la maison des ci-devant Ursulines, un arbre de la Fraternité, on tira le canon, on jura sur l'autel de la Patrie de vivre libre ou de mourir, on applaudit tous les discours qui furent prononcés, et le soir, un banquet rassembla dans l'église de l'Hôpital tous les frères ennemis.

Le Procureur de la Commune remercia, en termes emphatiques, les délégués d'Auxerre : « Vertueux Delà- « porte, dit-il, être bienfaisant, tu as paru et à ta pré- < sence toutes les haines ont cessé ; tu as parlé, et à ta « voix la discorde, la vengeance et le ressentiment ont « disparu; tous les cœurs ont été unis, tous les Tonc nerrois n'ont plus formé qu'une seule famille ; ils « sont devenus un peuple de frères. C'est sous tes « auspices, ange de paix et de concorde, que l'arbre de « la Fraternité a été planté... Tant qu'il y aura des t Tonnerrois, les noms de Balme et de Delaporte ne t seront prononcés qu'avec la vénération et la recon- « naissance que l'on doit aux vertus... » Le citoyen Heuvrard, de Tonnerre, et membre aussi du Département, chanta en vers ce jour mémorable; on décida que tous les ans on célébrerait le I er Avril une fête semblable qui porterait le nom de Fête de la Réunions

1. Reg. M. — Séances des 30 Mars, 1 et 2 Avril 4793. Voici les

vers du citoyen Heuvrard :

La paix, grands Dieux ! La paix 1 ciel quelle nouvelle 1 Le calme ici renaît au gré de nos désirs ;

Cette réconciliation fraternelle ne devait pas avoir de lendemain ; le seul résultat qu'elle eut, fut de faire accorder à Cherest- Verne son certificat de civisme et de faire retirer les armes à Leprince, de Channes, Gouré et Gérard. *

Les commissaires Auxerrois restèrent quelques jours à Tonnerre. Ils firent distribuer des piques et des fusils, achevèrent l'enrôlement des volontaires et poussèrent activement à leur équipement.

Les volontaires Tonnerrois, qui déjà en Juillet 1792 avaient mérité par leur belle conduite les félicitations du Département, venaient encore de s'illustrer dans deux importants faits d'armes.

A la bataille de Neerwinden, le 18 Mars, le 3 e bataillon de l'Yonne s'était conduit avec une bravoure qui lui avait valu l'honneur d'être mis à l'ordre du jour de l'armée. Il avait eu 12 hommes de tués, parmi lesquels se trouvait Louis-Denis Gouré, lieutenant de la 5 e compagnie, emporté par un boulet de canon.

Le 4 Avril suivant, le 3 e bataillon chercha à s'opposer à la fuite de Dumouriez. Lancé à sa poursuite, il

Nous devons ce bienfait à l'intrépide zèle Du sage Delaporte, auteur de nos plaisirs.

Il écrase à ses pieds la discorde cruelle, Dont le souffle empesté troublait notre repos. De son cœur généreux, la bonté fraternelle, Est le baume sacré qu'il applique à nos maux. Que Tonnerre à jamais, célèbre sa mémoire, Que son nom soit gravé sur un marbre éternel, Qu'il vive ce héros, si digne de sa gloire, C'est un Dieu bienfaisant sous l'aspect d'nn mortel 1

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