Ibid
2. Pièces justificatives. — Mémoire aux représentants du Reuple, composant le Comité de sûreté g&téraJe.
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proclamation engageant les citoyens à ne pas se laisser intimider. *
Dans l'intervalle, des troubles, provoqués par cette pétition, éclatèrent à la Société populaire.
Le Jeudi 2 Mai, un membre demanda les têtes de Regnard et de Mouchot; un autre déclara qu'il se chargeait de les leur couper. Regnard et Mouchot, épouvantés, coururent se plaindre à la Municipalité qui délégua auprès de la Société, Percheron et Delaune pour prendre connaissance des registres de l'Assemblée et informer sur cette affaire.
La Société admit les deux délégués à sa séance, leur donna des places d'honneur, mais nia les propos.
Pendant ce temps-là, la nouvelle s'était répandue en Ville qu'il y avait du bruit au club; une foule d'hommes et de femmes s'y portèrent, trouvèrent les portes fermées, les enfoncèrent et firent irruption dans la salle. Les cris : aux armes! retentirent; les membres de la Société se jetèrent au-devant des assaillants, et des coups de poing furent échangés, tandis que les moins braves se sauvaient par les fenêtres.
Cherest se rendit aussitôt à l'Hôtel-de-Ville, revêtu de ses insignes de Procureur-Syndic. Il accusa la Municipalité d'être l'auteur de ce tumulte, et demanda si, oui ou non, elle répondait de la tranquillité de la Commune. Le Conseil protesta de sa bonne foi ; il promit
1. Pièces justificatives. — Réquisitoire du Procureur-Syodic aux membres du Comité de surveillance.
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que les faits seraient dénoncés à l'officier de police et que les auteurs des troubles seraient poursuivis. La garde fut doublée et deux membres du Conseil restèrent en permanence jusqu'au lendemain. *
Dans la nuit même, Cherest partit pour Auxerre, accompagné de membres de la Société populaire. Dès le matin, il était au Conseil Général du Département, faisait un récit exagéré des faits de la veille, présentait la Ville comme étant menacée d'une guerre civile et demandait que le Département voulût bien prendre des mesures pour faire exécuter l'arrêté des représentants du Peuple et protéger l'Assemblée Communale qui devait se tenir le 5 Mai.
De son côté, la Municipalité de Tonnerre, apprenant le départ de Cherest, déléguait Bizet et Daret auprès de l'Administration départementale. Ils arrivèrent trop tard : le Conseil Général avait décidé que « deux commissaires pris dans son sein, accompagnés de cent cinquante gardes nationaux Auxerrois, seraient chargés d'aller mettre à la raison la Ville de Tonnerre, dont la Municipalité toute entière avait été suspendue pour incivisme ; ils devaient présider aux nouvelles élections et examiner les dénonciations de la Société populaire de cette Ville contre les fonctionnaires prévaricateurs. » 2
1. Registre M. — Séances des 1 er et 2 Mai 1793. — Pièces justificatives, — Mémoire cité plus haut.
± Registre M. — Séance du 3 Mai. — Registre K, — Séance du Bureau Municipal du 4 Mai. — Mo lard. — Rapport sur la publication des procès-verbaux du Conseil Général de l'Yonne, page 33.