‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 66 sur 128 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Affaire du 15 Septembre

l *Etisette^-~Le Maximum*--* Les Accapare urs y,—* i^tilagôrÂUi GhAtffau,de.Taulay. -~ Les .Bouchers* — - La Sécheresse. — - Prier es\. Publiques* .— «. Tow^ tuprevemijçî. r*- Lai séances- dni ConseiL = Qénétal. -^*-< Troubles. à Ja Justice, da Paix... — . Vote déil&ï Constitution, dç. 179&: — Callard : et Cakasson .ai: Paris; -~*Lettre de^ la^Commune tde Paris* -** La. iq Aoiii.L — Rixes auiPâtis;—* Troubk& dansAa>\ Salle des séances du ConseiL,-* Affaire Jpcquùs.\, Daxiomjr-* L'Hôpital i la. tribtme. d&fa. Convention. -~ Saisie dés papiers >dui CiUb dt THôpitali r-* La\ loi sur- les .; Suspects +• -* Rix& devant) la. porter dut* Gooseili,— Manifëstationcded 'Hôpital* ~~ Joumhi dut iS Septembre, — L'Hôpital^* les* Volontaires ai r autel :de Ja Patrie» — Batailla jemBQurJberault.ir™ Qtt:a38a36ia&lest Patriotes J :

Pendant que les habitants d& Tonnerre., étaient, mai sur le point de s'entre-décliirer, on mourait de iiin. Le pain notait pas cher, l'établissement dfrMaxi-

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mum avait empêché le prix de monter, mais les grains ne circulaient plus, les paysans n'amenaient aucune marchandise sur le marché. Les boulangers, faute de farine, ne purent, plusieurs fois, garnir leurs boutiques. Tonnerre était à peine approvisionné au jour le jour.

Les cultivateurs se flattaient que la loi du 3 Mai serait bientôt rapportée et qu'ils pourraient de nouveau vendre à discrétion. Ils cachaient leurs grains ; il fallut faire des réquisitions et employer la force armée pour les obligera ouvrir leurs greniers.

Le 14 Juin, en prévision de la foire du 25, la Municipalité avait fait acheter une assez forte quantité de blé aux Sennevoys. Ces grains furent arrêtés à Tanlay par la Municipalité de cette commune qui refusa de les rendre ; il fallut envoyer la Garde Nationale avec deux canons pour l'y forcer. *

Pendant cette excursion, on pilla le château de Tanlay, sous prétexte d'enlever les armoiries. Deux des principaux aifteurs de ce délit, Geliez et Chanot, charpentiers, furent déférés devant les tribunaux par le Procureur-Syndic. Ils faisaient partie du club de l'Hôpital. Le Comité de Salut public arrêta la procédure.

On prit toutes les mesures nécessaires pour prévenir les accaparements, on ordonna des perquisitions chez tous les particuliers, mais partout, on se heurta contre l'égoïsme des propriétaires.

1. Registre K. — Séances du Bureau Municipal des 14 et 21 Juin 1793.

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D'autre part, toutes les ressources étaient épuisées, on manquait d'argent. Le Département envoya quatre mille livres. On délégua des commissaires, Chevalier et Ménétrier, à Sergines et jusque dans la Brie, à Provins. Ils rentrèrent le 5 Juillet, sans rien rapporter et la misère devint extrême. Des femmes se présentaient journellement à l'Hôtel-deVille, demandant du pain à grands cris ; on arrêtait aux portes de la Ville toutes les voitures, on s'emparait de tous les grains qu'on pouvait saisir. Le 20 Juillet, le Procureur de la Commune fit de la situation de la Ville un rapport alarmant, il craignait des troubles. 1

On avait rendu les 4000 livres à l'administration en l'informant du peu de succès des démarches de la Municipalité. Le District délégua deux de ses membres, Forestier et Jacquillat-Despréaux, à Paris, auprès du Ministre de l'Intérieur ; ils purent heureusement envoyer bientôt à Tonnerre une assez forte provision de blé, provenant du surplus de l'approvisionnement du Département de Seine-et-Marne.

Quand le Maximum fut étendu à toutes les marchandises de première nécessité, on eut d'autres difficultés avec les bouchers qui trouvaient la taxe insuffisante. Il fallut les contraindre à tuer et à garnir de viande leurs étaux. 2

1. Registre N. — Séances des 30 Juin, S, 13, 17, 28 Juillet, 27 Août et 3 Septembre 1793. — Reg. K. — Séances" des 13, 20, 26 Juillet, 9 Août.

2. Le Maximum fut étendu plus tard (Septembre 1793} aux jour-

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Au mois d'Août, on souffrit encore de la sécheresse - On n'avait pu, faute d'argent, réparer convenablement les moulins. On manqua d'eau et ils ne tournèrent plu» du tout. Les habitants demandèrent des prières publiques et le 25 Août, on promena en Ville les reliquesdes Saints. 1

Tout cela n'empêchait ni l'élan patriotique, ni l'en-*thousiasme révolutionnaire. Les nombreux mémoire» du temps, les procès-verbaux très complets des assemblées du Conseil Général de la Commune, nous ont conservé de Tonnerre à cette époque une physionomie bien curieuse et bien vivante.

Malgré la souffrance populaire, jamais la vie cohi — munale ne fut plus intense. La. grande réquisition d^- 1793 avait amené à Tonnerre près de douze cents :V0-> — lontaires que l'on avait casernes dans l'immense bâti-=^ ment des Ursulines. a

nées de travail. Nous trouvons, à la date du 29 Octobre, une délibération du Conseil fixant ainsi qu'il suit le prix des journées, qui est intéressante pour connaître la valeur du travail à •. cette^ époque : Vignerons 22 sous, leurs femmes 14 (en hiver) ; tonnelier^ r 30 s. ; tailleurs de pierres, charpentiers, couvreurs et maçons 50 s.^ du ■!•* Avril au i w Octobre; 35 s., du 1 er Octobre au i ,r Avril ^ lessiveuses 9 s.; ouvriers 10 à 18 s. ; cheval de louage 4& s..; un^*~" voiture à un cheval 4 livres, à 2 chevaux 8 livres, etc. La viande*' était taxée 10 s. la livre. Œeg. N.)

i. Registre N. — 17 Juillet, 23 Août et !•* Septembre- 1793* 2. Dans le District de Tonnerre, la grande levée de- 1793 ra«opérée par M. Fourier, le célèbre mathématicien d'Auxerre. (Rèff- K. — Séance du Bureau Municipal du 2 Juillet. — Beff. N: — 3 Septembre*)

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— I - Il .1 ■! ■■■■■■!■ ■

Dès le matin, le rappel bat dans les rues, la Ville est sillonnée de gardes nationaux allant prendre leurs postes, de volontaires se rendant à l'exercice. Les bulletins de la Convention, les nouvelles des armées surexcitent la fièvre patriotique. On les commente avec passion dans les clubs, dans des rassemblements sur les places, au coin des rues. A chaque instant, le son des cloches, le roulement des tambours convoquent les citoyens pour des élections, pour des enrôlements, pour la lecture des décrets de l'Assemblée. On va aux Sociétés populaires dont les réunions se prolongent une partie de la nuit, on assiste aux séances du District ou du Conseil Général, tandis que sur le marché ou dans la cour des Ursulines,lesfemmes se battent autour de quelques sacs de blé qu'on leur mesure avec parcimonie. De temps en temps, un club sort de l'Hôpital ou des Ursulines, traverse les rues sur deux files, portant des bustes, des bannières, des branches de chêne. Les femmes se joignent au cortège, on se rend à l'autel de la Patrie et là, on exécute des danses civiques en chantant la Marseil- "hise ou l'hymne à la Liberté de Gossec.

Les séances du Conseil Général surtout sont très 'suivies. On avait installé des tribunes qui sont pleines chaque soir. Le public prend part aux délibérations, interpelle les Officiers municipaux, manifeste ses sentiments par des cris ou des applaudissements. Des dialogues s'engagent entre le Conseil et les Tribunes. Les séances sont fréquemment interrompues par des. délégations du Comité de surveillance ou de l'une des 80-

ciétés populaires. On admet les délégués auxhonneu. ""t*

de la séance, on discute avec eux les propositions s -

D'autres fois, ce sont des gardes nationaux qui ont a^^ t " rêté des espions ou de prétendus accapareurs et viec^ û " nent demander l'avis du Conseil.

Tout cela ne va pas sans querelles, sans rixes qu^^^ &' quefois. Au milieu de ce bruit d'armes, de cette sr~ -^ u " rexcitation continuelle, les esprits s'enveniment. LIM^L* Ville est divisée en deux camps bien tranchés : on e ^^&& de Y Hôpital ou des Religieuses, Girondin ou Mont ^^ - ita " gnard, et de part et d'autre, on apporte à défendre s» -^^es opinions la même passion, la même haine irréconciliabl M ^ e -

Les partis s'attaquent dans des placards injurieU~ ^ux et se chansonnent réciproquement. Deux Tonnerro *r^°i s ne peuvent se rencontrer sans s'invectiver, prêts à ^ en venir aux mains. 1 Le 3 Août, des troubles éclatent dan*: -* ns la salle même de la Justice de Paix ; la querelle se cor»: ^ Dn ' tinue dans la rue et des citoyens se provoquent combats singuliers. 2

La situation était terriblement tendue ; l'orage él dans l'air, et la moindre étincelle pouvait mettre le fe^^^ u aux quatre coins de la Ville.

Les Jacobins Tonnerrois n'avaient pas vu av^^ c plaisir la formation d'un second club ; ce fut, entre les^ s deux Sociétés populaires, une lutte acharnée. Le moin»- ~

1. Voir notamment Reg. X. — Séance du 21 Juillet, rapport (M** Procureur sur l'état des esprits à Tonnerre.

2. Pièces justificatives. — Affaire du 3 Août, interrogatoire des témoins.

en

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dre rassemblement devant les portes de l'Hôpital était l'objet d'informations de la part de l'officier de police; Ll venait dans la salle même des séances du club dresser des procès-verbaux, prendre copie de ses délibérations. On fit insérer dans le Bulletin de la Convention des articles où les membres de l'Hôpital étaient accusés de Fédéralisme. La Société envoya, pour se disculper, un mémoire à la Convention. 1 On ne tarda pas à diriger contre elle des attaques plus sérieuses.

Le 14 Juillet eut lieu une Assemblée primaire pour l'acceptation de la Constitution de 1793; Cherest fut nommé Président de l'Assemblée et Lauxerrois, Secrétaire. 2 Ce fut l'occasion de réjouissances publiques et on illumina la Ville. On nomma deux commissaires, Collard 3 et Cabasson fils, membres du Comité de surveillance, pour porter à la Convention l'adhésion de la Commune de Tonnerre à la Constitution. Il furent chargés par la Société des Religieuses de dénoncer THôpital aux Comités révolutionnaires de l'Assemllée. Ils s'acquittèrent de cette mission et le 1 3 Août ils écrivaient de Paris à la Société des Ursulines :

c Nous avons vu le citoyen Garnier, le citoyen Charîier, ami du citoyen Collard, le citoyen Collot

1. Pièces justificatives. — Plusieurs procès-verbaux concernant la Société de THôpital. — Lettre de la Société des Sans-Culottes aux Officiers municipaux. — Adresse de la Société de l'Hôpital à la Convention Nationale. — Bulletin du 23 Juillet.

2. Iàid. — Procès- verbal de l'Assemblée primaire du H Juillet

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