‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 72 sur 128 · Pièces justificatives. — Mémoires du temps · texte numérisé non relu

Pièces justificatives. — Mémoires du temps

nviron trois cents personnes et le cortège se déploya ur deux files, entre lesquelles les sept bustes étaient •lacés sur autant de brancards, décorés de feuillage, -es hommes tenaient à la main des rameaux de chêne ; n tête, le charpentier Geliez portait la bannière sur lauelle étaient écrites les dernières paroles de Lepelleer. Des femmes, des enfants s'étaient joints au cortège t on descendit, en chantant, la rue de l'Hôpital.

La Société arriva ainsi au Pâtis et trouva l'autel de l Patrie entouré de volontaires. Ceux-ci refusèrent 'abord de faire de la place et Geliez en écarta quelquesns avec sa bannière. On murmura et peu s'en fallut u'une collision ne se produisît à ce moment. Tout se orna à quelques cris, mais la Société, en présence de attitude menaçante des volontaires abrégea la céréîonie et se remit en marche à travers le Pâtis. Au îoment de son départ, on cria: « à bas la Plaine ! à bas îs aristocrates !» et on lui jeta des pierres. Une femme it atteinte.

Le cortège devait revenir par le faubourg Bourbeault. Il trouva la rue barrée à son extrémité par des harrettes. On les écarta et la Société continua son hemin.

. C'était une imprudence de passer par là : le faubourg était acquis en grande partie aux idées les plus évolutionnaires, on se plaisait à l'appeler le Faubourg le la Révolution, et Cherest y avait ses plus chauds ^artisans; ses habitants lui faisaient souvent comme

une escorte prétorienne.* Sur tout le parcours, oa) cria: t à bas la Plaine!" à bas la Vendée! Vive la Montagne ! » Les gens échangèrent des menaces. On entendit un individu dire à sa femme : « Passe-moi ma. pique et i mon mousquet! » Arrivé près du ru de la Fosse- Dionne, on se heurta, sur le petit pont, à une nouvelle, barricade.. Derrière, se tenait un groupe nombreux de volontaires; qui, par les ruelles des Moulins, avaient devancé lau Société. On écarta de nouveau les charrettes»

Que se passa-t-il alors? Qui frappa le premier? C'est ce que l'enquête ne put établir. Toujours est-il qu'il. se produisit une bagarre épouvantable et qu'une véritable, bataille s'engagea. Heureusement tout le monde était sans armes, mais les branches de chêne, les cannes, les bâtons et les pierres en servirent. Les plus beauxcoups furent portés par Geliez avec le manche de la bannière. On tira les couteaux. Un volontaire en reçut un coup dans le ventre, qui ne lui fit qu'une blessure légère ; un second eut les doigts coupés ; d'autres furent renversés, foulés aux pieds, traînés par les cheveux. Un gendarme, nommé Durand, du parti de l'Hôpital, fut littéralement assommé et laissé pour mort;

Le combat dura longtemps. Les volontaires, mis en déroute, coururent aux Ursulines appeler leurs ca-

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