Ibiû. — 28 Brumaire
PENDANT LA RÉVOLUTION 2o5
^^— MJJ | , ■__ I - ' - ■ I ■
Il arriva le 4 Floréal (23 Avril). Le soir même, il Hvoya au Conseil Général une lettre dans laquelle, près avoir constaté « que les divisions et les troubles, ui n'ont cessé d'agiter la commune de Tonnerre, ont causés par les passions de quelques individus plus ccupés à satisfaire leur haine et leur vengeance que de amour de la Patrie (sic) ; et que jamais la tranquillité ublique ne pourra s'établir dans la commune tant que es individus y resteront en liberté », il ordonnait de lettre en état d'arrestation la femme de Cherest ; Fouiat-Cottan et Champeil, membres du Comité de sureillance ; Cabasson, receveur du District et Jean iuenin, concierge de la maison d'arrêt. Il fit saisir et nfermer sous scellés leurs papiers, et le lendemain, il t& fit partir, ainsi que Lombard, pour Auxerre, où, 'après ses ordres, ils furent aussitôt incarcérés. 4
Mais il fit d'autre part emprisonner Roze-Feuilleois, agent national du District, sur le compte duquel 11 mettait le refus des réquisitions.
Il présida, le 5 Floréal, une Assemblée de la Comlune où il donna lecture du rapport de Saint-Just du o Germinal c sur les trahisons ourdies contre la Réublique ». Puis il déclara que désormais la Ville serait ivisée en deux sections, du Nord et du Midi, assinant à chacune d'elles, pour lieux de réunion, les glises de Notre-Dame et de Saint-Pierre. C'était la
i. Pièces justificatives, liasse 4. — Arrêté de Maure du 4 Flo- 3*1. — Procès-verbaux des appositions de scellés. — Registre N* - Séances du Conseil Général des 4 et 5 Floiéal an H.
dissolution de la Commune. En effet, soit que ces réunions aient perdu toute importance, soit que les habitants, ainsi partagés, ne se soient plus réunis, en dehors des convocations extraordinaires, la séance du 5 Floréal est la dernière de ces Assemblées curieuses dont le procès-verbal, qui termine le registre, nous soit parvenu. *
Maure cassa la Municipalité et le Conseil Général.! Il les reconstitua par arrêté du 8 Floréal (27 Avril) sans faire procéder à de nouvelles élections. Il nomma : Macé Afa*Ve;Benoist, Charles Bazile, Besse dit Quercy, Berthelot, Desplanches, Gogois, Hardy-Bernard et Michel, Officiers Municipaux. Les Notables furent : Billault, Barry, Chenot père, Dragon, Dumey, Delinotte, Fourché, Flogny, Goux, Gaillardet, Guyard, Langet, Mathieu, Marquis, Mérat, Racouillat, Rousseau et Truffot. Royer, marchand de fers, fut désigné comme Agent National, et Millot fut réintégré dans ses fonctions de Président du Tribunal.
Edme Lemaire, qui avait été nommé Procureur à la place de Lagrange, fut invité à quitter la Ville, comme étranger.
4. Registre des Assemblées de la Commune. — Assemblée du 5 Floréal. Maure, excellent homme au fond et très républicain, prenait son rôle très au sérieux. Il était descendu chez le général Barbuat de Boisgérard, qui commandait la Garde Nationale à ce moment ; il aimait à sortir à cheval, à parcourir les rues revêtu du splendide costume des représentants en mission. Dans la séance des Jacobins du 6 Pluviôse 1794, interrogé sur son vote dans l'affaire Marat : « Il me nommait son tils, dit-il, et je suis encore digne de l'être. » (Moniteur de Van II).
Maure passa quelques jours à Tonnerre pendant lesquels il s'occupa des affaires de la Ville. Il fit remettre quelques prisonniers en liberté et parmi eux, Jacquillat-Despréaux. 4 Il fit enlever ce qui restait d'ornements religieux, de statues et de signes du fanatisme d^us les églises, ordonna qu'on disposât d'une façon décente Notre-Dame, transformée en Temple de la *^ison ; il la fit orner des attributs de la Liberté.
L'instruction primaire avait été très négligée pendant Ce ^ dernières années ; les instituteurs faisaient la classe c **ez eux et sans aucun contrôle. Maure fit disposer Pour y installer les écoles, la maison Louvois, la cure ^^ Saint-Pierre et l'ancien Collège. Il fit distribuer des ^cours aux pères et mères des soldats sous les drapeaux; il fit payer les ouvriers de la Ville dont les satires étaient en retard, et engagea le Conseil à mettre désormais plus d'exactitude et dans la répartition des Recours accordés par la loi aux parents des volontaires, et dans le paiement des ouvriers, qu'il ne fallait jamais faire attendre. *
Sur son ordre, on dressa la liste des indigents, dont le nombre s'éleva à soixante-quinze familles, possédant presque toutes de nombreux enfants. Maure organisa un Comité des subsistances, composé de trente membres, répartis aux grains, aux farines, au son, aux moulins, aux boulangeries, aux balances, etc., et fit
i . Pièces justificatives. — Extrait d'un arrêté de Maure. 2. Registre N. — Séance du 11 Floréal.
confectionner sous ses yeux, un pain uniforme, q appela Pain de VEgalité. Seuls, les vieillards e malades eurent droit à un pain plus blanc et plusk Il fut défendu aux particuliers de cuire ; tous les fc même celui de l'Hôpital, furent mis sous scellés Municipalité, au lieu de distribuer des grains, disti le pain de l'Egalité contre des cartes délivrées Mairie. 1
Ces mesures ne devaient pas sauver la Ville c famine. La situation devenait, en effet, terriblemen quiétante. Les réquisitions ne donnaient absolument rien et le i er Prairial (20 Mai), il ne restait dans les niers que dix jours de subsistances. Le 12, il n* avait plus que pour quatre jours. On avait rédu ration de pain à une livre par habitant ; les enfants dessous de six ans n'en recevaient que trois quart livre. Et quel pain ! On employait à sa fabrication ce qu'on trouvait, et on fit remoudre du vieux soi mauvaise qualité. Les malades, dont le nombre mentait dans une proportion effrayante, ne pouv; le manger, et on avait dû renoncer à faire pour eu: pain blanc, faute de farine convenable. Plusieurs de malheureux, et des vieillards qui ne pouvaient vei la Mairie, restèrent huit jours sans pain. 2
Maure était àAvallon. On envoya des commisssî auprès de lui pour l'informer de la triste situation <