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lendemain, de Noyers, près de trois cents quintaux de blé réquisitionnés par l'Agent National, et bientôt après, trois mille de Rozet, en Brie, mis en réquisiton par Barry et Cottin, agents du Conseil. La Ville échappa à la famine, et grâce au secours envoyé par le Comité de subsistances de Paris, on put élever la ration de pain à une livre et quart et même deux livres à la fin de Messidor, pendant les moissons.
Pour payer tous ûes grains, on dût faire encore appel à la bourse des citoyens aisés, et pour recevoir les quatre mille quintaux de blé de Chartres, emprunter jusqu'aux sacs et aux voitures. Les finances de la Ville étaient dans un état déplorable.
Il n'y avait pas, à cette époque, de budget régulièrement établi : on vivait en quelque sorte au jour le jour, au hasard des ressources, et les officiers municipaux, peu instruits, apportaient dans ces questions une incapacité remarquable. La façon arbitraire dont les impositions étaient réparties en rendait la perception très difficile, et donnait lieu, chaque année, à des réclamations sans nombre, dont on trouve l'écho dans les délibérations du Conseil départemental. Au mois d'Août 1794, les citoyens Desprès, Jobert et Léonard, chargés de la vérification des comptes de la Commune pendant les années 1790, 1791, 1792 et 1793, constatent que les formes prescrites par les lois relatives à là comptabilité n'ont pas été observées, et que les paiements ont été faits par des citoyens qui n'avaient pas le caractère compétent ; la plupart des mandats sont sans signatures
et sans date. * Le désordre était extrême. Avec cela, on était criblé de dettes et la dépréciation des assignats rendait encore les ressources presque illusoires.
On devait à l'Etat plus de soixante mille livres sur les acquisitions seulement des moulins d'Enfer et de la Ville, de l'enclos et des bâtiments des Minimes. La "Ville n'avait rien versé sur ces adjudications, mais d'un autre côté, l'Etat n'avait encore remboursé ni le seizième, ni les offices municipaux, ni même la valeur des terrains pris par le Canal.
Une loi du 24 Août 1793 remettait entre les mains de la Nation toutes les acquisitions, faites parles communes, des biens nationaux, à l'exception des biens communaux dont le partage avait été décrété et des objets destinés aux établissements publics. L'Etat, par cette loi, prenait à sa charge toutes les dettes des communes qui devenaient alors dettes nationales, et toutes les créances dues par la République aux communes étaient éteintes. C'est-à-dire que tout l'actif des communes, pour le compte desquelles la République se
1. Iàid.j 11 Fructidor. — Les budgets de la période révolutionnaire ne furent définitivement arrêtés qu'eu Tan X, par le Sous- Préfet de Tonnerre, M. Ralhier. Les comptes, rendus par les officiers municipaux de 1790 à 1791, et qui sont encore à la Mairie de Tonnerre, portent en marge, presque à chaque article des dépenses, de la main du commissaire vérificateur, la mention que le mandat n'a pas été représenté, ou qu'on ne sait ni par qui, ni a quelle époque il a été payé. Ajoutons, du reste, que les formes de la comptabilité communale n'ont été réellement ordonnées, d'une façon uniforme et précise, que par la loi du 18 Juillet 1837.
chargeait d'acquitter les dettes, appartenait à la Nation jusqu'à concurrence desdites dettes.
Sur le Conseil de Maure, la Municipalité fit établir l'état de l'actif et du passif de la Commune, et l'administration fut invitée à faire procédera l'adjudication de la vente ou de l'amodiation, au profit de l'Etat, des moulins et des Minimes. Cette opération mit un peu d'ordre et d'unité dans les finances de la Ville. 1