‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 87 sur 128 · CHAPITRE XIII Les Eglises et les Prisons · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII Les Eglises et les Prisons

Les Fêtes de 1794- — Les Armées de la République.

— Le Patriotisme des Tonnerrois. — Les sentiments Religieux de la population. — Les Eglises.

— Saint-Pierre et V Hôpital. — Notre-Dame temple de la Raison. — Enlèvement des croix. — Le temple de l'Être Suprême. — Les Fêtes décadaires.

— Bals au Pâtis. — Plantation de la Demi-Lune.

— Emeute de femmes en i^g5. — Les prisons de Tonnerre. — Le feu aux Ursulines. — La maison Chamon et la cure Notre-Dame. — Situation des prisonniers. — Vexations. — Le 9 Thermidor. — Bal des Victimes. — Sort de quelques prisonniers.

— M. et Mme Bizet. — Mme More de Quingery. — Brion. — Roze-Feuillebois. — Leprince.

(Septembre 1793 — Brumaire an III — Octobre 1795).

La détresse du peuple Tonnerrois n'arrêtait pas son enthousiasme pour la Révolution triomphante, et les victoires de la République furent célébrées avec de

grandes démonstrations de joie pendant le cours de cette année 1794.

La prise de Toulon donna lieu, le 20 Nivôse (9 Janvier), à une fête éclatante. Tous les habitants, hommes et femmes, se tenant par la main et précédés de musiciens, menèrent une immense farandole à travers les rues pavoisées et illuminées. Devant l'autel de la Patrie, on brûla des sacs remplis de titres féodaux, aux cris de Vive la République ! Vive la Convention ! *

On fêta le 3i Mai, le 14 Juillet, le 10 Août. La victoire de Fleurus, le 8 Messidor, mit le comble à l'exaltation populaire. Des feux de joie furent allumés dans les rues, au milieu des salves d'artillerie, et des orateurs, dans les carrefours, célébrèrent « les succès éclatants des différentes victoires que les armées de la République ont remportées sur les satellites des despotes coalisés et notamment sur les féroces Anglais ». 2 On célébra aussi la prise d'Ostende et celle de Cambrai. Le 20 Vendémiaire (11 Octobre) nouvelle fête en l'honneur de la translation des cendres de J.-J. Rousseau au Panthéon. On porta solennellement les œuvres et le buste du philosophe de Genève à Notre-Dame, où ils furent placés sur deux colonnes « propres à cet usage. » 3

Les volontaires de la première réquisition de 1793 avaient fait place à de nouveaux bataillons, que la po-

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