‹ Tonnerre pendant la Révolution, 1789-1799Chapitre 93 sur 128 · Ibid. — Délibération du 9 Messidor an H · texte numérisé non relu

Ibid. — Délibération du 9 Messidor an H

3. Reg. 8, passim et notamment séance du 5 Frimaire, rapport du citoyen Marquis sur les fêtes décadaires.

pour l'exercice du culte ; les femmes surtout se plaignaient vivement et se fâchèrent à la fin.

En 1795, le 10 Germinal (3i Mars), des citoyennes s'ameutèrent et envahirent la maison du gardien de Notre-Dame. Elles lui arrachèrent les clefs, s'enfermèrent dans le Temple pour y dire des prières, et sonnèrent Y Angélus. Il fut impossible de les faire sortir, ni de leur faire rendre les clefs. Le 20, ces scènes se renouvelèrent. Mais cette fois, un serrurier ouvrit les portes et la gendarmerie arrêta les insurgées. Deux d'entre-elles, qui opposèrent le plus de résistance, les citoyennes Davion et Dongois, furent dénoncées à l'officier de police et comparurent devant la Justice de Paix pour rébellion à l'autorité. * Elles furent condamnées à de légères amendes.

Le culte ne fut rétabli qu'en Prairial de la même année. Tous les prêtres sortirent de prison. Ils firent la déclaration exigée par la loi, prêtèrent serment, et les offices reprirent chaque décadi. Saint-Pierre seule se rouvrit, Notre-Dame fut conservée pour les fêtes et les réunions électorales. Plus tard, on y installa une école de tambours.

Au mois d'Octobre 1793, il y avait dans l'ancien couvent des Ursulines, puis dans la maison Chamon (Hôtel d'Uzès) et la cure Notre-Dame, converties en maisons d'arrêt, quatre-vingts prisonniers. Une dizaine

1. Registre P. — 11 et 20 Germinal. — Reg. & — 12 Germinal. — Registre des actes et procès-verbaux de police.

de suspects étaient en réclusion dans leurs domiciles et quinze Tonnerrois étaient à Paris, à la Conciergerie Parmi les quatre-vingts prisonniers, il y avait une tren taine d'étrangers, la plupart de Noyers, et les autres ayant rempli des fonctions publiques à Tonnerre. Tous sauf ceux de Noyers, avaient été arrêtés à la suite d Féchauffourée du i5 Septembre. Il s'y trouvait quatorz femmes et sept prêtres. 4

Le jour du départ des volontaires, dont f algarade le i5 Septembre, avait été cause de ces arrestations, 1 feu prit aux Ursulines. Les malheureux prisonnier^ s'imaginant qu'on voulait les brûler vifs, se mirent è* pousser des cris épouvantables. On éteignit rapide —

ment ce commencement d'incendie et on les rassura

Cherest qui, à ce moment, en Octobre 1793, venai d'être investi des pouvoirs de Garnier, trouvant qu^ dans ce vaste couvent ils avaient trop de facilité pou*~

1. Registre K. — Liste des détenus en état ou non de payer leurs gardes. — Pièces justificatives. — Information du Juge de Paix et interrogatoire des détenus (déjà cité). Voici les noms des principaux détenus. Hôtel d'Uzès : Beaudoin de Guémadeuc, Delàporte et sa femme, Hornot, N. Saintot, Jacquesson-Vauvignol, Horiut, Bouquin, Noël, Lesecq, Bizet et sa femme, C.-M. Desnoyers, Bailly et sa femme, Bazile, Baudot, Desnoyers-Beauchamp, Latour, Régnier-Javey, de Tréfontaine, More de Quingery el sa femme, Rabiez, Carreau, Campenon prêtre, Jacquillat-Vaulavré, Trucby huissier, Léonard notaire, Bourdignon, les deux Daret, Frémont serrurier, Jacquillat-Despréaux, Regnard. A la Gendarmerie : Brion, vitrier, Paintendre, Jacquillat, greffier, Millet. — Cure Notre-Dame : Gouré et sa femme, Percheron, etc. — Rivière, Gachet, Campenon, médecin, Germain Roze, Gabriel Daret, étaient détenus dans leurs domiciles.

communiquer entre eux et même avec la rue, les fit transférer dans la cure Notre-Dame. *

Les premiers mois de leur détention furent rigoureux. Ils furent soumjs à une surveillance de tous les instants, à des perquisitions et à des interrogatoires qui se renouvelaient chaque jour. On prit contre eux des mesures vexatoires, et dans son Assemblée du 20 Brumaire (10 Novembre), la Commune exigea que leurs lettres fussent ouvertes par la Municipalité. 2

Ils étaient sous la surveillance de gardes nationaux ayant des fils sous les drapeaux. Rien qu'à la maison Chamon, il y avait un poste de dix hommes. Les prisouniers devaient payer eux-mêmes les frais de garde ; ils s'y refusèrent longtemps, et le Conseil Général autorisa le commandant de la Garde Nationale à poursuivre ceux qui ne se soumettaient pas à cette exigence. Cette mise en demeure ne produisit aucun effet, et les hommes de garde se plaignirent de perdre leur temps sans être rémunérés. Plusieurs détenus, du restç, n'étaient pas en état de supporter cette charge, et le Conseil désigna douze d'entre eux, parmi les plus riches, qui seraient tenus, solidairement, de payer les sommes dues. 3

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