‹ Topographie de Jérusalem au temps de JésusChrist. Thèse, etc. With a planChapitre 18 sur 29 · DES EAUX ET DES SOUTERRAINS · texte numérisé non relu

DES EAUX ET DES SOUTERRAINS

i. APPROVISIONNEMENT D'EAU.

Dans toute notre étude sur Jérusalem , nous ne trouverons aucune question aussi difficile, aussi souvent étudiée, aussi diversement résolue, que celles qui se rattachent à l'approvisionnement d'eau. m

Tous les documents anciens et modernes s'accordent à nous apprendre que le pays environnant est aride et sans eaux. Les voyageurs sont unanimes à ce sujet. — Guillaume de Tyr n'exagère pas, quand il affirme que Jérusalem est dans un site qui manque absolument de ruisseaux, de bois, de sources et de pâturages (p. 746), et que si dans les environs on trouve quelques fontaines, elles sont rares et peu abondantes (p. 740). Le Tasse a dit également (III, LVI) :

.... La terra intorno è nuda d'crba E di fontane stérile e di rivi ....

Aussi voyons-nous dans l'histoire des différents sièges de Jérusalem les assiégeants décimés par la soif. Les armées de Pompée (voy. Brœm), d'Antiochus-le-Pieux (Jos. Arch., XIII, 8, 2), de Titus (Dion Cassius, LXIV, 4) et les Croisés (Gesta

Dei. p. 280, Guill. Tyr, VIII, 7 etc.) en furent accablés. Josèphe (B. J. V, 8, 4), il est vrai , dit que pendant le siège de Titus les eaux abondèrent autour de la ville; mais ce fait, rapporté par lui dans un discours où il veut engager ses concitoyens à se rendre, peut être exagéré. Il faut remarquer qu'une exception de ce genre, fût-elle prouvée, serait facile à expliquer et ne détruirait pas la règle ; il ne faut point oublier qu'il qualifie cette abondance de prodige (fVî) , qu'il y voit un châtiment de Dieu et qu'il rappelle que le même événement facilita à Nabuchodonosor la prise de la ville. — Dion Cassius d'ailleurs dit formellement (1. c.) le contraire. Les Romains, d'après lui , souffrirent surtout du manque d'eau et en faisaient venir de loin ; ils la buvaient même corrompue. — Il est donc avéré que les alentours de Jérusalem sont d'une aridité extrême. —

Cependant on sait que, malgré la quantité énorme d'eau qu'exigeaient le service du temple et les ablutions du peuple , la ville n'en manqua jamais. Ce second fait est également attesté, par une foule d'autorités. Je ne citerai que Strabon. Il en parle en deux endroits. 'itgov«xvfjLot y>h M fûv itfv&fo», Utoç Si *av.

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Aurye» xe*2 «k^«v. — Aussi voyons-nous que les habitants de Jérusalem assiégée ne périssaient que par la famine , jamais par la soif (2 Rois, XXV, 3; Jér., LU, 6; Lam., II, 20;

IV, 4, 10; V, 9, 10; etc. — Jos. B. J., V, 10; 2 et 3;

V, 13, 6; VI, 3, 3-5; etc). A tous ces passages et à une foule d'autres qu'il serait possible d'y joindre, on ne pourrait, que je sache , en opposer qu'un seul où le manque d'eau soit en quelque manière signalé; c'est Lam. V, 4. — H y a plus; Guillaume de Tyr raconte qu'après la prise de la ville par Go-

defroi de Bouillon , l'armée qui avait été décimée par la chaleur et la soif, y trouva une immense quantité d'eau (ingentes copiœ).

Ce n'est pas à la nature, il est facile de le comprendre, que Jérusalem dut cette richesse extraordinaire. L'art y avait lutté dès la plus haute antiquité contre l'aridité du sol et l'inclémence du ciel. Même avant sa conquête par David, la ville des Jébusiens contenait des travaux considérables destinés à lui fournir de l'eau (Conf. 1 Chr. XI, 6 ; 2 Sam. V, 8). David s'écrie au moment de l'attaque : «Quiconque battra le premier »les Jébusiens et se rendra maître du canal, sera chef.» Joab, pour avoir accompli cet exploit, reçut un commandement élevé.

Les deux faits qu'il s'agit de concilier étant établis , voici la question : Comment l'eau , si rare aux environs , n'a-elle jamais manqué dans Jérusalem?

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