‹ Topographie de Jérusalem au temps de JésusChrist. Thèse, etc. With a planChapitre 19 sur 29 · DES NOMS HÉBREUX · texte numérisé non relu

DES NOMS HÉBREUX

Commençons par nous entendre sur les mots. Il y a beaucoup de confusion dans la manière dont les topographes et surtout les voyageurs désignent les différentes eaux de Jérusalem et des environs. J'ai tâché de déterminer autant que possible le sens des noms que leur donnent les auteurs sacrés.

pjf que l'on traduit souvent par fontaine, signifie plutôt source. Dans les environs immédiats de la ville , nous ne trouvons que deux fois ce nom : ^JP p# et D'dTVI W- Nous trouvons en outre trois fois, dans le récit de la restauration par Néhémie, sans épithète. C'est lorsqu'il parle delà porte de la fontaine ou de la source, sans dire quelle est la source

dont elle a pris son nom (Néh. II, 14; III, 15; XII, 37).

D*D mflD source d'eau, (2 Chr. XXXII, 30) a été traduit tout-à-fait à faux dans plusieurs versions par canal.

rQ-Q signifie étang ou piscine, c'est-à-dire un bassin artificiel, qui sert de réservoir aux eaux d'un ou de plusieurs courants. Voici les noms ou désignations d'étangs situés dans la ville ou autour, que donne l'Ancien-Testament :

TVfbjm 'D, l'étang supérieur (Es. VII, 3).

nJïnnnrVO, l'étang inférieur (Es. XXII, 9).

TjbDH 'O, l'étang du Roi (Néh. II , 14).

rUBftl O, l'étang vieux (Es. XXII, 11).

nbttfVO, l'étang de Schelach (Néh. III, 15).

mifcTn O. l'étang refait (Néh. III, 16).

C'est ce mot qui dans le Nouveau -Testament est traduit parxoXyM&'fy*. Saint-Jean mentionne sous ce nom deux étangs ou piscines dans Jérusalem , « *?o0xnx* (JeanV, 2) , • *. Six**a* (Jean IX, 7). — Josèphe indique quatre autres xoXvM^uç : t

tuv o$tuv fo{xct\ovn(v>i (B. J., V, 3, 2); « rov 2rfov$Uv x., i 'Apvy.

*. (B. J., V, 1 1 , 4j , et celle de Salomon (B, J. , V, 4 , 2). Il est question de piscines faites par les Rois (2 Rois XX, 20; et Eccl. II , 6)

Je n'ai trouvé qu'une fois (Es, XXII, 11) rTîpO réservoir, qui me semble synonyme du précédent.

. Le mot î"6yn , canal , aqueduc , et quelquefois fossé (comme dans 1 Rois XVIII, 32), est employé souvent pour désigner plusieurs conduits d'eau construits à l'intérieur ou à l'extérieur des murs.

Il est à noter qu'il n'est question d'aucun puits (~)îO) ni dans le voisinage, ni dans l'enceinte de Jérusalem.

N'oublions pas de rappeler le mot -VQ , citerne , qui revient si

souvent dans la Bible , et auquel se rattachent tant d'images. (Voy. par exemple Jér. II, 13; Prov. V, 15; Ps. VII, 16; Eccl. XII, 6, 8 et en particulier Es. XXXVI, 16). Ce dernier passage prouve que les citernes ou réservoirs d'eau pluviale étaient extrêmement nombreux. C'est ce que confirment les témoignages d'une foule d'historiens, de voyageurs et de savants.

Avant d'examiner une à une chaque espèce de pièces d'eau , et d'en chercher les traces dans la ville actuelle , il est nécessaire de remarquer qu'il règne une grande incertitude dans l'emploi de ces noms , quand même l'endroit auquel ils s'appliquent est clairement indiqué. Il est souvent aussi très difficile de savoir si telle ou telle fontaine, tel ou tel réservoir, * est rempli par une source, voisine ou lointaine, ou si l'eau y arrive par des canaux souterrains. On a pris pour des puits ce qui n'était que des ouvertures dans la voûte d'un aqueduc. Il ne faut pas mettre une grande différence entre les mois 112 et rD""Q; il est probable que ces bassins ou étangs étaient destinés en grande partie à conserver l'eau qui, après les pluies, tombait en quantités considérables le long des versants des vallées. Enfin, il faut remarquer que les débris qui exhaussent le sol et en dénaturent l'aspect, doivent avoir intercepté les conduits ou changé leur direction et déplacé les ouvertures d'où jaillissent les sources.

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